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grave tentation et sa chute; d'ailleurs il l'avait désigné comme le chef des apôtres : or, un chef doit veiller plus que les autres et les devancer par son exemple.
Le Seigneur vous a souvent excité par sa grâce, par votre conscience, par vos supérieurs, et vous n'êtes pas encore réveillé, et vous vous endormez bientôt de nouveau ; vous ressentez même de la peine quand on vous excite, vous vous fâchez lorsqu'on vous reprend, vous excusez votre faute : les disciples au moins supportaient ivec patience qu'on les corrigeât, et ils ne savaient que répondre (1).
3° Veillez et priez, afin que vous ne succombiez pas à la tentation. Il prévient ses disciples et leur enseigne comment il faut résister à la tentation. Vous préviendrez par votre vigilance la tentation qui approche, vous la vaincrez par la prière lorsqu'elle est actuelle. Ne vous croyez pas hors de danger quand même vous vous sentiriez bien disposé, car l'esprit est prompt et la chair est faible ; elle a donc besoin de se fortifier par l'oraison.
Si vous eussiez observé fidèlement ces règles, vous n'eussiez pas été si souvent blessé, et vous n'eussiez pas succombé sous les attaques du démon. Observez-les au moins à l'avenir. Oui, Seigneur, je le ferai, si vous m'aidez de votre grâce ; c'est ce que je vous demande avec supplication.
IIIe Point. — Et, tombant en agonie, il priait plus longuement (2). L'évangéliste saint Luc fait en cet endroit mention de trois choses : de la désolation de Jésus-Christ, d'une sueur de sang et d'une consolation céleste.
1° Le bon Jésus est :dépourvu de toute consolation, et tout augmente le combat intérieur qu'il éprouve : les ténèbres incommodes de la nuit, la solitude, l'insouciance etlesommeilde ses disciples, le poids immense des crimes de tous les hommes, le glaive de la justice divine qui le
(I) Mare 14. — (2) Luc 22.
AGONIE DE J.-C. DANS LE JARDIN. 2 i 7
menace, la colère de son Père qu'il voit inexorable, le ciel qui semble de fer, les satellites qu'il voit tout prêts. Judas qu'il aperçoit accélérant sa marche. Cependant le Seigneur n'est point abattu ; il insiste, il presse, il supplie ; il ne refuse pas de souffrir pour vous, il cherche à acquérir des forces afin de souffrir avec courage pour vous.
0 incompréhensible miséricorde de Dieu le Père envers vous! il n'a pas épargné son propre Fils pour épargner un esclave ! 0 charité ineffable de Jésus-Christ, qui a racheté un ennemi par tant de douleurs pour en faire son frère et son cohéritier! Que rendrai-je au Seigneur pour tout ce qu'il m'a donné? Je recevrai le calice du salut. Apprenez donc quelle estla colère de Dieu lePère contre les pécheurs, et combien il est nécessaire de satisfaire à la justice divine; craignez et faites pénitence.
2° La sueur fut comme des gouttes de sang qui coulait à terre. Le combat entre la partie raisonnable qui se soumettait à la volonté divine et la partie sensitive qui répugnait à la -passion fut si violent, que le sang, chose inouïe ! coula avec abondance de tout son corps sur la terre avec la sueur. Quel exemple Jésus vous a donné pour vous apprendre à résister à vos passions et à votre inclination rebelle, même jusqu'au sang, s'il le faut, et à supporter courageusement toutes les difficultés et les obstacles au salut ! Quelle douleur il a conçue de vos péchés et de l'offense faite à Dieu ! Ce ne fut pas assez pour lui de les pleurer avec des larmes : pour les effacer, il mêla sa sueur avec son sang.
Jésus, mon Seigneur, votre contrition est grande corn me la mer{\). Faites couler au moins une goutte de cette mer dans mon âme, afin qu'elle ait de la douleur et qu'elle pleure avec vous.
3° Un ange lui apparut qui le fortifia, a La prière fer- « vente et constante de colui qui s'humilie est si pjuis-
Kl) Thrcn. 2.
tojî; h.