DÉSIR DE LX LOUANGE
vous montrer la vérité'. Il vaut mieux être corrigé par un homme sage que d'être trompé par les flatteries des insensés (1). Celui qui trompe est aussi trompé; ceux: qui l'applaudissent le méprisent, et ceux qui le louent 1^ raillent par derrière ; celui qui est loué par les hommes est bientôt connu. « Comme l'on éprouve l'argent dans « le fourneau et l'or dans le creuset, c'est ainsi qu'est « éprouvé celui qui est loué par la bouche même de ce- « lui qui le loue (2). » Si vous vous mettez à la dernière place afin qu'on vous dise: Montez plus haut, et que vous soyez comblé d'honneurs en présence de ceux qui sont à table avec vous, à votre geste, à votre visage, on connaît l'esprit qui vous anime. Qui souffrira avec patience cet impudent téméraire qui chante avec affectation ses victoires? Ce proverbe est connu de tout le monde : Votre louange dans votre propre bouche sent mauvais. Qu'y a-t-il aussi de plus léger que la faveur du peuple? Celui qui est loué par les uns est blâmé par les autres. La vaine gloire qui est portée sur les ailes de la renommée populaire se change bien vite en opprobre par la permission de Dieu ; car l'humiliation suit de près l'orgueilleux, et celui qui s'élève sera abaissé (3).
La véritable gloire se trouve dans la splendeur de la vertu et des bonnes œuvres, elle poursuit comme l'ombre celui qui la fuit ; car le Seigneur a dit : « J'humilierai « les orgueilleux jusqu'à terre, mais celui qui me glo- « rifiera, je le glorifierai, et ceux qui me méprisent se- « ront méprisés (4). »
IIIe Point. — Le maître du serviteur viendra au jour qu'il ne l'attend pas et à l'heure qu'il n'y pense pas; il le séparera, ?t pour son partage il le mettra avec les hypocrites : c'est là qu'il y aura des pleurs et des grincements de dents l'o). Le crime de la vaine gloire est le même que celui de
(I) Ecci. T. — {% Prov. 27. — (3) ïbitl 25 et Ualth. 23. — fiî Isaïa 45; I Rots 2. — f51 MaUb. 24;