‹ MeissonierChapitre 3 sur 3 · PLANCHE VI. — LES JOUEURS DE BOULES · texte numérisé non relu

PLANCHE VI. — LES JOUEURS DE BOULES

(Collection Casa-Riera.)

Cette curieuse composition représente des soldats espagnols jouant aux boules le long de l'enceinte de la ville. Ce tableau, qui n'est guère plus grand que la reproduction ci-contre, est un petit chefd'œuvre de naturel, et les personnages s'y meuvent dans un paysage très exact qu'illumine le chaud soleil d'Espagne.

par une bouteille de derrière les fagots. " Et qui pourra oublier combien dans la Confidence (ce tableau qui, des salons de M. Chauchard, est passé au Louvre), la figure de l'écouteur est tendue et attentive dans le repos, la détente que révèle la pose du corps accoudé sur la table et appuyé au mur, et combien celle de Tami — plus jeune et plus beau — qui lit sa lettre, est naïve, émue et même un peu simple avec son nez qui dépasse légèrement la longueur moyenne et son front qui n'est pas tout à fait assez haut...

Dans la Partie de cartes, un militaire et un civil sont aux prises, l'un en face de l'autre. Le soldat a l'air entêté, et il perd. Apparemment, il n'est pas de force, car l'homme entre deux âges qu'il a devant lui, avec sa petite tête mince et chafouine surmontée d'un tricorne, son corps fluet dans sa vaste houppelande, son mollet maigre sous le bas blanc, appartient

à la race des faibles qui mangent les forts.

Dans le Graveur à Veau-forte comme dans l'Homme à la fenêtre — deux de ses plus célèbres tableaux (le premier fut, du vivant de Meissonier, vendu 272000 francs), — l'intérêt du personnage principal — et unique — se rehausse, s'embellit singulièrement d'un délicat effet de lumière auréolant, au milieu delà pièce, la figure laborieuse et la figure ré vante...

Voyez, dans une Chanson, Tœil noyé du mousquetaire guitariste et Taira la fois benêt et poétique de Pascuale adonné à la même occupation, et le froncement de sourcils du cavalier qui se fouille, dans V Aumône, et toute l'évocation d'époque, pompeuse ou idyllique, qui fait de la Visite au château — un luxe de carrosses et de seigneurs — et de V Auberge — trois cavaliers arrêtés un instant, qui boivent autour de la servante — des " décors de théâtre réels "...

On resterait longtemps à analyser les

nuances de la gamme d'expression des acteurs et figurants de la Partie de piquet^ qui, répartis tous les neuf de chaque côté de la table d'auberge, suivent gouailleurs, critiques ou passionnés, les péripéties de la lutte. Et, dans le Portrait du Sergent^ quelle magnifique collection des modes divers de l'attention : celle du dessinateur qui dévisage le modèle planté devant lui sur le pavé, dans son plus bel uniforme et sa plus belle pose, celle du modèle préoccupé à ne rien déranger à son attitude ultra-martiale, l'œil farouche, vide et figé ; celles des spectateurs, les uns rapprochés et captivés, un autre qui s'amuse à regarder le dessin en passant, quelque sarcasme aux lèvres, un autre qui sans doute a regardé tout à l'heure et qui, maintenant, la pipe aux dents, pense à autre chose, assis sur un banc, le dos au mur et les jambes allongées...

La Rixe, avec le frénétique mouvement qui

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jette l'un contre l'autre ces deux spadassins, a peut-être plus d'ampleur et moins de réalisme que les œuvres précédentes. C'est le tableau romantique de Meissonier, qui professait à son égard une grande admiration et estimait que c'était une de ses quatre meilleures toiles. On rapporte que le maître dit un jour à un ami :

— J'ai revu ma Rixe chez Secrétan. J'ai regardé cela comme si je ne connaissais pas la toile. Eh bien, c'est vraiment beau !

Il faut mentionner encore parmi les tableaux

de genre, la Lecture chez Diderot^ les Amateursy

le Flûtiste... avant de passer aux tableaux

miUtaires.

Ils font superbe figure dans la production si

abondante du peintre : 1807, le tableau de

l'apothéose impériale, l'armée défilant dans un

galop plein d'acclamations devant l'empereur qui

salue... 1814y le déclin, la retraite de Russie...

1815y les cuirassiers de Waterloo avant la

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charge. Ce tableau, qui faisait partie de la collection du duc d'Aumale, fut acheté 250000 francs, puis revendu deux fois, la première, 185000 fr., la seconde, 400000 francs.

On peut dire que le peintre " gagna " quelques-uns de ses tableaux militaires. Meissonier, qui gravit tous les échelons des honneurs officiels (chevalier de la Légion d'honneur à trente ans, officier à quarante et un ans, commandeur à cinquante-deux ans, il eut la grande médaille d'or à l'Exposition universelle de 1855, ^t entra à l'Académie des Beaux-Arts en 1861), n'en mena pas moins touj ours une vie singulièrement active et laborieuse. Non seulement il peignit un nombre prodigieux de tableaux (en 1886, on en catalogua quatre cents), mais il prit part à la campagne d'Itahe en 1859 ^t à la guerre franco-allemande!

En 1859, il se fit attacher à l'État-major de l'armée française, rêvant, a-t-il avoué lui-même, d'être ** le Van der Meulen " de la campagne...

Il en rapporta, du moins, une de ses meilleures toiles : Napoléon III à Solférinoy qui ne fut enlevée du musée du Luxembourg que pour aller au musée du Louvre.

Il a raconté lui-même avec une aimable bonne humeur les machiavéliques intrigues auxquelles il se livra pour obtenir que TEmpereur consentît à poser... Car peindre un personnage, surtout le principal, sans quil posât, c'était pour lui une hérésie dont il n'envisageait même pas Tidée... Écoutons-le : " Napoléon III " poserait-il pour Solférino? c'était là ce qui me " préoccupait le plus. Vous savez mon amour " de l'exactitude. J'étais retourné à Solférino " pour refaire, d'après nature, le paysage du " champ de bataille. Vous comprenez de quelle " importance il était pour moi que l'Empereur " posât, ne fût-ce que cinq minutes. Je m'y pris, "je crois, assez adroitement. Je me mis d'abord " à ébaucher le tableau, puis j'invitai un

PLANCHE VIL — LES AMATEURS DE TABLEAUX. (Musée du Louvre.)

Ce tableau, qu'il ne faut pas confondre avec les Amateurs de tableaux du Musée Condé à Chantilly, est cependant une réplique de l'autre. Quelques détails insignifiants les différencient, mais l'un et l'autre se ressemblent par l'harmonie de l'ensemble et la vérité des attitudes.

** officier de mes amis à venir me donner son ** avis, d'ailleurs tout militaire. Cet otficier avait ** été à Solférino, je le savais. Je m'arrangeai " de façon à lui faire raconter la part qu'il avait ** prise au combat, et, de fil en aiguille, j'en vins ** à lui proposer de le représenter parmi mes ** personnages. Il accepta avec joie. Le portrait ** fait et réussi, il en parla à d'autres officiers, ** ses camarades, qui vinrent le voir et s'offrirent " à leur tour à me servir de modèles. L'un d'eux ** connaissait le maréchal Magnan, qui m'amena ** Fleury, lequel me conduisit Lebœuf.

" Ce dernier m'engagea à montrer mon ** travail à l'Empereur, et me fit inviter, à cet "eff'et, à aller à Fontainebleau. Napoléon III '^ me reçut avec affabilité et, après avoir examiné *^ longuement la toile sur laquelle il ne manquait '* plus qu'un seul personnage, il me demanda " quel était, à mon idée, ce personnage. — Mais *^ vous, sire. — Vous ferez donc mon portrait?

"fit-il. Comment cela? — De souvenir, et en " m'aidant de documents populaires. — Tout " cela ne vaudra pas une séance, reprit TEmpe- " reur. N*est-ce pas votre avis, monsieur Meis- ** sonier ? — Sans doute, sire, mais... — Eh bien, " rien n'est plus simple, montons à cheval tous " les deux, et nous allons faire un tour de prome- " nade, nous causerons, et vous m'étudierez à " votre aise.

" Ravi de l'occasion qui s'offrait, j'eus bien " vite bâti le plan le plus méphistophélique. Mon " vieil ami Jadin a précisément son ateher à " Fontainebleau. Je m'arrangeai de façon à " diriger la promenade du côté de cet ateher, et " quand nous fûmes à la porte, je proposai " hardiment à l'Empereur de rendre visite au bon " Jadin. Il accepta en riant, et nous voilà tom- " bant tous les deux chez Jadin, qui ne nous " attendait ni l'un ni l'autre et qui fumait sa pipe " en vareuse. L'Empereur, que cette aventure

" amusait extrêmement, ne voulut pas que Jadin " se dérangeât. Il roula une cigarette, et s^étant " assis à califourchon sur une chaise, il s^aban- " donna à la causerie. Moi, j'avais empoigné le " premier crayon venu, et je dessinais. La séance " improvisée dura une bonne demi-heure. Elle ** m'a servi à exécuter non seulement le SoZ/érmo, " mais encore un autre petit panneau. "

Bel exemple de persévérance artistique et de diplomatie — facilitée beaucoup, il faut le reconnaître, par la complaisance de l'impérial intéressé.

Onze ans plus tard — Tannée terrible, — le peintre, malgré ses cinquante-six ans, aborda la vie des camps. Sur les objurgations de ses amis, il quitta l'armée près de Sedan la veille de la bataille de Borny et se mit en route, seul, à cheval. Son retour à Paris fut une véritable odyssée. Sur la route de Verdun, il était àchaque instant pris pour un espion, et arrêté. A Étain,

on Temprisonna, et il ne dut la liberté qu'à Tuniverselle renommée de son nom. Il lui fallut trois jours pour arriver à Poissy, où était sa maison de campagne, et là, il organisa une garde nationale. Mais à la nouvelle de l'investissement de Paris, Meissonier courut s'enfermer dans la capitale.

Le lendemain du 4 septembre, il sollicita du ministre de la Guerre, Léon Gambetta, une préfecture dans les départements envahis ou menacés. Son patriotisme n'eut que demi-satisfaction : il fut nommé colonel dans l'état-major de la garde nationale. " La population parisienne, dit un témoin, lorsqu'elle voyait passer de-ci, de-là, sur les boulevards, ce petit homme rougeaud, à longue barbe grise, les cuisses moulées par une culotte de peau de daim, l'acclama souvent, le prenant pour le colonel général des sapeurs. "

Le peintre méditait de consacrer à la défense

de Paris un tableau aux dimensions colossales. Le projet resta à Tétat d'une esquisse de grande et tragique allure.

Devons-nous le regretter ? Meissonier n'était pas un peintre d'allégories, et nulle part plus que dans ses tableaux militaires — scènes et types — ne s'imposent ses puissantes et délicates qualités d'observation pénétrante. Chacun de ces soldats — reître, mousquetaire, garde française, grenadier de la garde — en grand uniforme ou en petite tenue ou même en négligé d'intérieur de caserne, a sa physionomie, son allure, son tempérament ; tous vivent, et feront vivre le consciencieux et brillant artiste qui s'appliqua à les animer, et sut y réussir.

N'est-ce pas à cause de cet expressif relief des figures et des gestes qu'on a pu comparer Meissonier à Marbot en disant que *' Meissonier était digne de peindre les récits de Marbot,

et Marbot digne de fournir des récits à Meissonier " ?

Et il serait même équitable, en passant, de défendre Tartiste — qui, après une vogue peutêtre un peu trop enthousiaste, subit une légère défaveur très injuste, — contre deux critiques qui lui ont été souvent faites. On lui a trop contesté le don de la couleur et le don de la grâce.

Certes, ce n'est pas un coloriste dans le grand sens rayonnant qu'on voit à ce mot accolé au nom d'un Titien ou d'un Paul Véronèse ; mais on a dit avec beaucoup de justesse — et de justice — qu'il a eu ** la couleur de son genre d'observation ". A la netteté réaliste et palpable de sa vision, une couleur sobrement exacte devait s'adapter, et les orgies éblouissantes et magnifiques des poètes lyriques de la palette eussent été déplacées dans n'importe laquelle de ses œuvres, comme un personnage

PLANCHE VIII. — NAPOLEON III A SOLFERINO. (Legs Tommy Thierry. Musée du Louvre.)

Traité par tout autre que Meissonier, le groupe que forme l'étatmajor de l'Empereur serait forcément banal, mais 1 artiste a réussi, par une habileté qui n'a d'analogue que chez les grands Flamands, à faire de ces figurines minuscules de véritables portraits des som mités militaires de l'époque.

de Shakespeare au milieu d'une scène terre à terre de notre théâtre d'observation moderne. Les coloristes font, avec les teintes, des rêves qui transposent, en un registre éclatant et intense, l'harmonie tranquille des couleurs réelles, ils font autre chose que ce que tout le monde voit : plus, si on veut, mais autre chose. L'impeccable véracité d'un Meissonier s'acharne à rester dans cette modeste harmonie que les autres dépassent d'un coup d'aile parfois fou... On peut préférer qu'il eût été totalement différent, mais, étant donnée la sagesse raisonnée du sujet choisi et du dessin arrêté, sa couleur ne pouvait pas être différente.

Quant au manque de charme et de grâce, c'est là un reproche qu'il a, en général, peu cherché à éviter, car il n'a guère peint de femmes, mais qu'il ne mérite nullement lorsqu'il en a représenté sur la toile. Nous n'en voulons pour preuve que ses adorables études de Mme Saba-

tier et le portrait qu'il fit d'elle. L'attrait étrange de cette belle figure intelligente et captivante, la souplesse délicate et souveraine des poses, tout cela déborde en un rayonnement dominateur à la fois et énigmatique dont un grand artiste seul pouvait illuminer le papier et la toile.

Il faut donc se garder de tout jugement trop absolu et définitivement péremptoire sur un talent si riche en ressources; mais, incontestablement, Meissonier aimait mieux peindre les mousquetaires ou les grenadiers, sans parler des chevaux.

Le peintre avait du reste un faible pour ceux-ci. Il en eut de fort beaux, et il s'en servait non seulement comme modèles, mais comme monture. Il a parlé à diverses reprises du plaisir incomparable qu'on éprouve à diriger " ces admirables machines ", qu'il a qualifiées lui-même " des plus bêtes des animaux intel-

ligents "... Mais cela n'ôte rien aux formes. " Quel plaisir de faire fonctionner cette mécanique ! confiait-il à un de ses plus éminents amis. Songez que le moindre mouvement de celui qui la monte, la moindre action de la main ou des jambes, le moindre déplacement du corps ont leur effet immédiat sur ses mouvements, et qu'un vrai cavalier joue de sa bête comme un musicien de son instrument. Pour le peintre, c'est une gamme de lumières et de couleurs. Cet œil calme et excité, les frissons de cette robe et les ondes qui la parcourent, la variété de ces lignes et la beauté infinie de leurs combinaisons, il y a là de quoi étudier toute la vie. "

Et voilà qu'on retrouve à nouveau, comme dans tout ce qu'il a dit et pensé, ce souci du détail, cette admiration méticuleuse du réel, et ce culte du travail, qui est le secret de tout ce qu'il a fait...

D'ailleurs, à aucun moment de sa carrière si prestigieuse — qui devait se couronner par une apothéose lorsqu'il fut nommé par les peintres du monde entier président de l'Exposition universelle des Beaux- Arts en 1889, — à aucun moment de sa carrière, il ne sacrifia à ce souci sacré de l'exactitude et du document qui fut sa magnifique honnêteté.

De cette vertu artistique les exemples abondent. Nous en avons cité en commençant ; nous en citerons pour finir : un de ses amis va voir Meissonier à Poissy : " La concierge me dit, rapporte l'ami, ^* Monsieur est à ses ateliers de " la cour ". Je pénétrai dans cet atelier, assez vaste, encombré d'esquisses de tout genre, avec des études de chevaux modelés à la cire posées sur des tablettes. J'attendais, lorsque cherchant d'où filtrait un filet de vive lumière, par l'hiatus d'une porte, j'aperçus dans une petite cour attenant au chalet, Meissonier, en

plein soleil, sur un chevalet simulant un cheval ; bottes fortes, culottes de Casimir blanc, uniforme de grenadier de la garde impériale, décorations sur la poitrine, et, par-dessus, la " redingote grise ". Il était à cheval sur une selle que lui avait prêtée le fils du prince Jérôme. Il tenait à la main une plaquette sur laquelle était collée une feuille de papier blanc et se copiait avec attention en se regardant dans une glace. On était en plein été. Il faisait une chaleur atroce. ** Mon modèle ne peut pas me "poser un Napoléon, me dit-il. Moi, j'ai tout à ** fait ses cuisses. "

Est-il besoin de dire maintenant que nul peintre ne se documenta plus religieusement, pour les costumes et les accessoires. De l'héroïque époque impériale, que son talent adora par-dessus toutes, il cherchait et recueillait toutes les reliques : non content de posséder un cheval blanc très semblable à celui de

Napoléon V% il montrait avec orgueil, dans ses collections et dans ses tableaux, un harnachement complet ayant servi à l'Empereur, et une des plus grandes colères qu'il éprouva de sa vie fut provoquée par le refus respectueux mais ferme du Directeur des Beaux-Arts, de lui prêter la Redingote Grise.

Sa "bibliothèque de travail", comme il l'appelait, était d'une richesse incomparable. Elle se composait de culottes, de chapeaux, de casques, de bottes, de souliers, d'escarpins, de boucles, de cannes, de bijoux... Il aurait pu, en y fouillant, habiller de pied en cap des générations de bourgeois, de seigneurs et d'ouvriers, de n'importe quelle époque française, sans compter les corps d'armée et les états-majors ! Il faisait de véritables rafles de défroques au marché du Temple qui, jusqu'au milieu du XIX' siècle, fut la foire aux vieux habits usés par nos arrière-grands-pères et leurs ancêtres.

Et nous savons — toujours sa belle passion pour la vérité transparait — qu'il souffrit véritablement de ne pouvoir revêtir ses modèles de linge ancien : à la suite de très consciencieuses recherches poursuivies par lui à la Bibliothèque impériale, il estima avoir fait une trouvaille utile à son art lorsqu'il découvrit dans V Encyclopédie q}x^ le linge, auXVIIP siècle, se taillait de biais et non de droit fily comme aujourd'hui : ne sourions pas ! c'était le secret de plus de souplesse dans les plis.

Et quand, détail par détail, sa documentation était rassemblée, que d'ébauches, que d'essais, que d'esquisses ! Pour un seul tableau, il reconnaissait qu'il lui fallait des ** mètres cubes " d'études.

Malgré cela, \ , tableau achevé, parachevé, ne lui plaisait pas toujours. Le même ami dont nous citons plus haut le témoignage vécu, nous rapporte que le peintre creva un jour devant lui

un tableau trouvé par tous parfait et qu'un marchand attendait dans le vestibule : " Je ne sais pas peindre, s*écriait Tartiste désespéré. Je ne saurai jamais mon métier!"

Voilà un mouvement et un sacrifice dont peu de peintres seraient capables sincèrement et qui caractérisent, mieux que ne le feraient de plus longues dissertations, Tâme de Meissonier, son talent et sa gloire.

Imprimerie Pierre Lafittk bt Cie, Paris.

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