ACTE ni, SCÈNE VII
C'est moi-même qui parle, et qui parle à Damis..* Voilà doDC ee que fait mon neveu dans Paris?
Qu’a produit un séjour de si longue durée?
Que veut dire ce nom : Monsieur de l’ Empiré* ? Sied-il, dans ton état, d’aller ainsi vêtu?
Dans quelle compagnie, en quelle école es-tu?
DAMIS
Dans la vôtre, mon oncle. Un peu de patience, Imitez-moi. Voyez si je romps le silence Sur mille questions qu’en vous trouvant ici Peut-être suis-je en droit d’oser vous faire aussi. Mais c’est que notre rôle est notre unique affaire, Et que de nos débats le public n’a que faire.
m. baliveau, levant sa canne.
Coquin l tu te prévaux du contre-temps maudit. «• damis, V interrompant .
Monsieur, ce geste-là vous devient interdit :
Nous sommes, vous et moi, membres de comédie. Notre corps n’admet point la méthode hardie De s’arroger ainsi la pleine autorité ,
Et l’on ne connaît point chez nous de primauté.
m. baliveau, à part.
C’est à moi de plier, après mon incartade.
damis, gaiement.
Répétons donc en paix. Voyons, mon camarade i
Je suis un fils.,.
{M. Bativeau rit #)
M. baliveau, à part.
J ai ri ; me voilà désarmé.
DAMIS
Et vous, un père...
m. baliveau, V interrompant.
Eh 1 oui> bourreau,' tu mas nommés Je n’ai que trop, pour toi, des entrailles de père;
Et ce fut le seul bien que te laissa mon frère.
Quel usage en fais-tu ? qu’ont servi tous mes soins?
DAMIS
A me mettre en état de les implorer moins.
Mon oncle, vous avez cultivé mon enfance.
Je ne mets point de borne à ma reconnaissance ;
Et c est pour le prouver que je veux désormais Commencer par tâcher d’en mettre à vos bienfait®,
Me suffire à moi-même en volant à la gloire,
Et chercher la fortune au Temple de Mémoire.
M. BALIVEAU
Où ïa vas-tu chercher ? Ce Temple prétendu (Pour parler ton jargon) n’est qu’un pays perdu,
Où la Nécessité, de travaux consumée,
Au sein du sot orgueil, se repaît de fumée.
Eh ! malheureux, crois-moi, fuis ce terroir ingrat g Prends un parti solide, et fais choix d’un état Qu ainsi que le talent le bon sens autorise*
fs