‹ MétromanieChapitre 75 sur 101 · ACTE IV, SCÈNE VIS · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VIS

Mot à mot, dans ma bouche, ait mis le même adieu.

Il faut vous en faire un de plus longue durée,

Et dont vous vous teniez un peu moins honorée..,

Adieu, madame, adieu 1 Ne vous flattez jamais Que je vous aie aimée autant que je vous hais ?

{Il fait quelques pal pour s'en aller ^

LISETTE, à part

Donnons-nous, à notre aise, ici la comédie;

Car il va revenir.

[Elle s'assied au devant et à l'un des coins du théâtre , en face du parterre, se cachant le visage avec son éventail, du côté par où Dorante peut ! aborder.)

dorante, revenant, et croyant voir , dans cette attitude , V embarras d une personne confondue.

Monstre de perfidie !

Pouvoir ainsi passer, d’abord, et sans égard,

Des mains de la nature à ce comble de l’art !

M’ avoir peint ce rival comme le moins à craindre i M’avoir persuadé, presqu’au point de le plaindre !

Qu avez-vous prétendu par cette trahison ?

Pourquoi d’un vain espoir y mêlant le poison,

Me venir étaler d’obligeantes alarmes?

Me dire, en paraissant prête à verser des larmes .

• Dorante, ou je fléchis mon père, ou de mes jour»

• A l’asile où j’étais je consacre le cours 1 »

Quels étaient vos desseins? Répondez-moi, cruelle I Ne les dois-je imputer qu’à l’orgueil d’une belle,

Qui, jalouse des droits d’un éclat peu commun,

Veut gagner tous les coeurs et ne pas eu perdre un ?

Ce reproche fût-il le seul que j’eusse à faire?

Mais, hélas i malgré moi, la vérité m’éclaire.

Ce rival, dès longtemps, est le rival aimé.

C’est pour lui que j’ai vu votre front alarmé ;

Et quand vous me disiez que j’en étais la cause.

Quand vous promettiez plus que l’amour même n’ose, C’est que de votre amant vous protégiez les jour».

Et vouliez ralentir la vengeance où je cours.

Oui, j’y volel On ne l’a tantôt que différée;

Et ma rage, à vos yeux, l’aurait déjà tirée;

J’attaquais, devant vous, le traître, en arrivant.

Si je n’eusse voulu jouir auparavant

De la confusion qui vous ferme la bouche f

Que ma plainte à présent vous révolte ou yous touche,

Repentez-vous ou non de m’avoir outragé,

Vous ne me verrez plus que mort ou que vengé!

usette, effrayée .

Dorante f

DORANTE, à part ,

Je m’arrête au cri de l’ infidèle!.

Efte Semble, il est vrai ; mais pour qui tremble-t-ellef

(A Lisette .)

N’imparte; je l’adore* écoutons-la... Parlez...

(Se rapprochant un peu.)

Je veux encor, je veux tout ce que vous vouîe*; Rejetons le passé sur l’inexpérience, ✓

Et redemandez-moi toute ma confiance.

Un regard, un seul mot n’a qu’à vous échapper:

Mon cœur vous aidera lui-même à me tromper.

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