‹ MétromanieChapitre 78 sur 101 · ACTE IV, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VII

LISETTE, à Lucile .

Madame, vous plaît-il que je vous restitue Les fleurettes qu’avant d’embrasser mes genoux, Monsieur me débitait croyant parler à vous ?

N’en déplaise à l’amour, si doux dans ses peintures,

Je vous restituais un beau torrent d’injures l

DORANTE

Eh! quel autre, à ma place, eût pu se contenir f

LISETTE

Je vous devais cela, Monsieur, pour vous punir. lucile, à ùorante.

Eh quoi! Dorante, après mille et mille assurances,

Qui, tout à l’heure encor, passaient vos espérances.

Le reproche et l’injure aigrissaient vos discours,

Et sur le ton plaintif on vous trouve toujours ?

DORANTE

Avant que sur ce ton vous le preniez vous-même,

Vous qui savez, Madame, à quel point je vous aime i Souffrez qu’on vous instruise; après quoi décidez Si mes soupçons jaloux n’étaient pas bien fondés.

Je surprends mon rival...

lucile, V interrompant .

Oui, j’ai tort de me plaindre!

En effet, ma faiblesse autorise à tout craindre ;

Ét l’aveu que j’ai fait, trop naïf et trop prompt,

De votre défiance a mérité l ’affront :

Mais tous trouverez bon qu'en me faisant justice. Cette justice même aussi nous désunisse,

Et rompe entre nous deux un nœud mal assorti.

Dont jamais on ne s’est assez tôt repenti !

DORANTE

Entendons-nous, de grâce I Encore un coup, Madame. Bien loin qu’en tout ceci je mérite aucun blâme. Croyez si j’eusse pu ne me pas alarmer Que je ne serais pas digne de vous aimer.

Devais-je voir en paix?...

lu ci le, V interrompant.

Depuis quand, je vous prie, &’est-Qn digne d'aimer qu’autant qu’on se défie? Ainsi l’amour jamais doit n’être satisfait,

Et le plus soupçonneux est donc le plus parfait ?

Vos vers m’en avaient fait tout une autre peinture L<»f Juste sujet pour moi de crainte et de rupture .*

J’aime trop mon repos pour lé perdre à ce prix,

Et ne jugerai plus des gens par leurs écrits.

DORANTE

Mais ayez la bonté...

L oc île, l'interrompant Ma bonté m’a trahie f

^ous feriez, je le vois, le malheur de ma vie.

Je ne recueillerais de mes soins les plus doux Que l’éclat scandaleux des fureurs d’un jalons Que n’ai-je conservé, prévoyante et soumise

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