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SCÈNE PREMIÈRE

DAMIS, seul.

Ic ne me connais plus aux transports qui m'agitent $

En tous lieux, sans dessein, mes pas se précipitent.

Le noir pressentiment, le repentir, l’effroi,

Les présages fâcheux volent autour de moi.

Je ne suis plus le même, enfin, depuis deux heure».

Ma pièce, auparavant, me semblait des meilleures; Maintenant je n’y vois que d’horribles défauts.

Du faible, du clinquant, de l’obscur et du faui ;

De là, plus d’une image annonçant l’infamie !

La critique éveillée, une loge endormie;

Le reste de fatigue et d’ennui harassé,

Le souffleur étourdi, l’acteur embarrassé,

Le théâtre distrait, le parterre en balance.

Tantôt bruyant, tantôt dans un profond silence !...

Mille autres visions, qui toutes dans mon cœur Font naître également le trouble et la terreur !...

( Regardant à sa montre.)

Voici l’heure fatale où l’arrêt se prononce !

Je sèche ; je me meurs !... Quel métier!... J’y renonce Quelque flatteur que soit l’honneur que je poursuis, Est-ce un équivalent à l’angoisse où je suis ?

£1 n^est force, courage, ardeur qui n’y succombe ;

Car, enfin, c’en est fait.... je péris si je tombe l Où me cacher ? eù fuir ? et par où désarmer

L'honnête oncle qui vient pour me faire enfermer ?

Quelle égide opposer aux traits de la satire?

Comment paraître aux yeux de celle à qui j’aspire f * De quel front, à quel titre oserais-je m’ offrir,

Moi, misérable auteur qu’on viendrait de flétrir ?...

(Il se promène à grands pas comme un homme extrêmement. agité,)

Mais mon incertitude est mon plus grand supplice,

Je supporterai tout, pourvu qu’elle finisse t . Chaque instant qui s’écoule, empoisonnant son cours, Abrège au moins d’un an le nombre de mes jours I

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