‹ MétromanieChapitre 85 sur 101 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

SI. BALIVEAU

Oh i tout à plat I

DAMIS

Tant pis f .

(il part.)

S’est qu’ils auront joué comme des étourdis i

Bü&ée et ressifflée l

M. BALIVEAU

Hé, le méritait-elle f

M. BALIVEAU

B ne faut pas douter que l’auteur n’en appelle. Le plus impertinent n’a jamais dit ; « j’ai ton! ®

M. FRANCALEÜ.

Celui-ci pourrait bien n’en pas tomber d’accord.

Sans être, pour cela, taxé de suffisance;

Car jamais ie public n eut moins de complaisance* Comment veut-il juger d’une pièce, en effet,

Au tintamarre affieux qu’au parterre on a fait t Ab ! nous avons bien vu des fureurs de cabale.

Mais jamais il n’en fut ai n’en sera d’égale.

La pièce était vendue aux sifflets aguerris De tous les étourneaux des cafés de Paris, fî en est venu fondre un essaim, des nuées !

Cependant, à travers les brocards, les huées,

Le carillon des toux, des nez, des ; « Paix là l paix! • J’ai trouvé...

LA MÉTROMANIE K. baliveau* l'interrompant .

Ma foi I moi, j’ai trouvé tout mauvais!

M. FRANCALEU.

On en peut mieux juger, puisque l’on s’en escrime!... Morbleu I je le maintiens, j’ai trouvé telle rime...

(A Damis , qui l'écoutait avidement et qui ne l'écoute plus,)

Oui, telle rime digne, elle seule, à mon gré,

De relever l’auteur que l’on a dénigré.

M. BALIVEAU

Tout ce que peut de mieux l’auteur, avec sa rime,

Ce sera, s’il m’en croit, de garder l’anonyme,

Et de n’exercer plus un talent suborneur,

Dont les productions lui font si peu d’honneur.

DAMIS

C’est s’il eût réussi qu’il pourrait vous en croire^

Et demeurer oisif au sein de la victoire,

De peur qu’une démarche à de nouveaux lauriers Ne portât quelque atteinte à l’éclat des premiers;

Mais contre ses rivaux et leur noire malice,

Le parti qui lui reste est de rentrer en lice Sans que jamais il songe à la désemparer Qu’il ne les force eux-même à venir l’admirer.

Le noeher dans son art s’instruit pendant l’orage g L u’y devient expert qu’après plus d’un naufrage.

Notre sort est pareil dans le métier des vers.

Et pour y triompher il y faut des revers l

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