UN KPISODE DE LA DEUXIEME MISSION FLATTERS
déposition. Sa qualité d'Européen lui enlevant toute chance de salut s'il tombait aux mains des Touaregs et des Cha'anba, il vécut pendant quelques semaines, avec un tirailleur abandonné comme lui dans une grotte, à proximité d'un puits. Mais, bien qu'ils prissent la précaution de ne sortir que la nuit, leurs traces furent découvertes par un Touareg" qui en informa ses compagnons: une embuscade fut dressée et les deux malheureux furent assassinés par ceux qui excitaient à un si haut degré les sympathies de M. Duveyrier, l'un des promoteurs les plus ardents de la mission, telle qu'elle fut organisée. Il serait à désirer que les dépositions des indigènes survivants fussent traduites et publiées avec le soin minutieux que M. Patorni a apporté dans l'interrogatoire des tirailleurs qui ont comparu devant lui: on saisira l'importance de ce travail si on le compare aux documents édités d'une façon sommaire en 1882 par le gouvernement général de l'Algérie*.
Le premier d'entre ces tirailleurs, Ahmed ben Mes'aoud ben Djainna, accompagna la mission jusqu'à ce que, empoisonné le 9 mars, il resta en arrière de la colonne; il fut recueilli par des Cha'anba insoumis et conduit par eux chez Ahitaghel où il servitquelque temps comme esclave et où se trouvai(Mit quatre autres prisonniers. De là il parvint à gagner In Salah (qu'il appelle Tin Salah ). La version recueillie p;ir M. Patorni est ici en désaccord avec celle publiée dans l'ouvrage cité plus haut. D'après la première,
1. Deuxième mission Flallers, historique et rapports, Alger, 188:.', in- (noa mis dans le comiuerce).
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il se serait évadé et au bout de 21 jours, il aurait rencontré une caravane du Touat (p. 36); suivantla seconde, cette caravane l'aurait amené de la résidence d'Ahitag-hel à In Salah, du plein g-ré de ses maîtres. Dans cette ville dont il donne une description intéressante, il se plaça sous la protection de 'Abd el Qâder b. Badjouda et grâce à lui, put regagner El Goléali, par Metlili et Laghouat. Les auteurs des deux dernières relations, 'Ali ben Mesaïet Mes'aoud ben Sa'ïd échappèrent ensemble à la catastrophe de Hassi Asiou et vécurent quelque temps esclaves chez les Touaregs ; cependant leurs dépositions présentent entre elles de notables divergences. Ainsi, d'après le premier, avant d'être recueillis, ils se séparèrent pendant quelques jours et faillirent mourir de privations. Le second ne mentionne pas ces détails : bien plus, dans le texte recueilli par la commission d'enquête, il dit avoir été fait prisonnier à la bataille d'Asiou avec son compagnon, après la mort du colonel : ensuite 'Ali fut amené au Sud, dans l'oasis d'Aïr où l'on débitait les contes les plus extravagants sur les F'rançais. Après quelques aventures romanesques plus ou moins vraies, il fut conduit chez Itarene (Ahitag-hel) el Mesa'oudi. Dans cette entrevue, si elle est lidèlement racontée, le chef du Iloggar chercha à dégager sa responsabilité dans l'attentat commis par une partie des siens; il est vrai qu'à cette époque, les Touaregs vivaient dans la crainte de représailles de la part de la France. A Anerar (Anghar) dans le Touat, 'Ali parvintà exciter la pitié d'un chef nommé Ben Djeloul, qui le cacha el le déroba aux recherches du Touareg Chambir, neveu de son maître llamoud