‹ Mélanges biographiques et littérairesChapitre 3 sur 27 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

On m'a demandé de réunir ces essais biographiques publiés en divers temps et dans divers recueils littéraires. J'y ai consenti avec un sentiment mêlé de douceur et de tristesse. A l'exception des deux études sur Gibbon et sur Philippe II, tous les essais que contient ce volume sont pour moi des souvenii's personnels, les images de personnes que*j'aî connues et avec qui j*ai vécu, soit dans l'intimité, soit dans de longues et agréables relations sociales. M™® de Rumford, M"* Récamier, la comtesse de Boigne, la princesse de Lieven, , M. de Barante, M. de Daunant ont tenu dans mon âme et dans ma vie des places très-inégales, mais qui restent vides depuis qu'ils ne les occupent plus, et ce n'est jamais sans émotion que j'y Vois reparaître ou que' j'y rappelle moi-même leur

ombre.

Il PIUCFACE.

Quand, à rapproche du terme de la vie, on reporte ses regards en arrière, on compte, avec une surprise l\ la fois reconnaissante et douloureuse, tout ce qu'on a possédé et perdu. Que de trésors précieux et précaires I Que de liens puissants et rompus I Que de relations charmantes dont le temps pûlit le souvenir s'il ne Tefface pasi Pétrarque disait, il y a cinq siècles, dans son tendre et mélancolique langage : .

O nostra vita, ch*é si bolla in vista, Com* perde «gerolmente, in un mattino, Quel clié'n molt* aotii a gran pena s'acquittât

« O flotro fie, qui e»t si belle en perspective, comnie eNe perd aisément, en un Jour, ce qui ne s'acquiert qu*cii beaucoup d'années et à grand' peine ^ t n

Un sentiment analogue inspirait aa^uère M. de Lamartine lorsqu'il s'écriait:

fttnrnité, néant, passé, sfMTibre» abîmes. Que faites-vous des Jours que vous englouU«se27 Parlez: nous rondrez-vous ces extases sublimes Que vous notis ravissez •

Les poètes sont les interprètes du sentiment général et intime de l'humanité : elle n'accepte pas

i. Péirarfinc, sonnoi 221); ('îdit. de Vcîiiisn, 17r»|. 2. Lanrw tinp, Méditalions poéliques, 1. 1, j». iO.

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