‹ Mélanges d'art et de littératureChapitre 4 sur 63 · LETTRE A M. VICTOR HUGO · texte numérisé non relu

LETTRE A M. VICTOR HUGO

Vous devez me permettre , Monsieur, de mettre sous la protection de votre nom mes insignifiants efforts en faveur d'une cause dont vous avez fait depuis longtemps la vôtre. Comment, en eflet, s'occuper de notre art national, de nos monuments historiques, des sublimes débris de notre passé, sans songer tout d'abord à vous, qui, le premier en France, vous êtes constitué le champion de cette cause ? Vous êtes descendu encore enfant dans l'arène pour elle, et depuis quatorze ans, depuis votre ode sur la Bande noire jusqu'aux pages indignées qui ont marqué d'un ineffaçable ridicule le vandalisme officiel et municipal de nos jours2, vous avez lutté pour elle sans fléchir ; vous l'avez prise toute petite, et elle a grandi entre vos mains ; vous l'avez parée de votre talent, et dotée de votre popularité. La voilà qui prend aujourjourd'hui son essor; la voilà qui fait battre une foule de jeunes et nobles cœurs; la voilà qui s'intronise dans toutes les véritables intelligences d'artistes. Si la victoire lui reste un jour, vous ne serez point oublié, Monsieur, votre mé-

« Insérée dans la Revue des Deux Mondes du 1M mars 1833. 2 Voyez , dans la livraison du 1er mars 1832 de la Revue des Deux Mondes , l'article intitulé : Guerre aux démolisseurs.

moire sera toujours bénie par ceux qui ont voué un culte à l'histoire et aux souvenirs de la patrie; et la postérité inscrira parmi vos plus belles gloires celle d'avoir le premier déployé un drapeau qui pût rallier toutes les âmes jalouses de sauver les monuments de l'ancienne France.

Vous ne voulez pas combattre seul, je le sais ; vous ne dédaignez aucun auxiliaire; vous ne demandez pas mieux, dans cette œuvre grande et sainte, que de vous associer les plus obscurs, les plus maladroits travailleurs : vous ne demandez que de l'indignation contre les barbares, de l'amour pour le passé. Je me présente à vous avec ces deux conditions. Des voyages entrepris dans un but tout à fait étranger à l'art m'ont fait découvrir des attentats contre lui dont je frémis encore, et que j'ai hâte de livrer à la publicité. En ce qui touche à l'art, je n'ai la prétention de rien savoir, je n'ai que celle de beaucoup aimer. J'ai pour l'architecture du moyen âge une passion ancienne et profonde : passion malheureuse, car, comme vous le savez mieux que personne, elle est féconde en souffrances et en mécomptes; passion toujours croissante, parce que plus on étudie cet art divin de nos aïeux, plus on y découvre de beautés à admirer, d'injures à déplorer et à venger; passion avant tout religieuse, parce que cet art est à mes yeux catholique avant tout, qu'il est la manifestation la plus imposante de l'Église dont je suis l'enfant, la création la plus brillante de la foi que m'ont léguée mes pères. Je contemple ces vieux monuments du catholicisme avec autant d'amour et de respect que ceux qui dévouèrent leur vie et leurs biens à les fonder : ils ne représentent pas pour moi seulement une idée, une époque, une croyance éteinte; ce sont les symboles de ce qu'il y a de plus vivace dans mon âme, de plus auguste dans mes espérances. Le vandalisme moderne est non-seulement à mes yeux une bru-

talité et une sottise, c'est de plus un sacrilège. Je mets du fanatisme à le combattre, et j'espère que ce fanatisme suppléera auprès de vous à la tiédeur de mon style et à l'absence complète de toute science technique.

Vous conviendrez avec moi que l'époque actuelle exige la réunion de tous les efforts individuels, même les plus chétifs, pour réagir contre le vandalisme, et que, parmi ceux qui s'intéressent encore à l'histoire de l'art, nul n'a le droit d'invoquer sa faiblesse pour se dispenser de prêter à nos monuments agonisants un secours tardif. Sans parler de ce qui se passe en province , de ces arènes de Nîmes transformées en écuries de cavalerie, de ce marché aux veaux construit sur l'emplacement de l'abbaye de Saint-Bertin , de ce cloître de Soissons changé en tir d'artillerie, de la fameuse tour de Laon, dont vous avez dénoncé la destruction à la fois comique et honteuse ; sans parler de tout cela, ne voyons que ce qui se passe sous nos yeux, en plein Paris : c'est-à-dire les ruines de Saint-Germain- T Auxerrois et de la chapelle de Cluny, un théâtre infâme installé sous les voûtes d'une charmante église gothique ?, une autre rasée après avoir servi longtemps d'atelier de dissection2, l'altération des Tuileries, et en face de ces ruines, le type des reconstructions officielles, ce gâchis de marbre et de dorures qu'on nomme le palais de la Chambre des députés. N'en voilà-t-il pas assez pour convaincre les plus incrédules? Le moment presse pour que chacun, à défaut d'autre ressource, vienne flétrir d'une inexorable publicité tous les attentats de ce genre.

Le moment presse encore, parce qu'il est urgent de dérober la France à la réprobation dont doivent la frapper tous les étrangers, quand ils comparent le vandalisme méthodique et

1 Saint-Benoît.

2 Saint- Côme.

réfléchi qui règne en France, avec les efforts de tous les peuples pour dérober au temps les restes des siècles passés et des races éteintes. Partout ailleurs qu'en France, on entoure d'une vénération filiale ces souvenirs d'un autre âge, ces grandes et éclatantes pages de l'histoire de l'humanité , que l'architecture s'est chargée d'écrire, et surtout ces basiliques sublimes où les générations sont venues, l'une après l'autre, prier et reposer devant leur Dieu . Dans tous les pays de l'Europe et jusque sur les confins de la Laponie, on trouve partout ce culte des monuments du passé qui honore les hommes du présent; le désir de conserver dans leur originalité primitive ces monuments a même remplacé presque partout la manie de refaire l'art païen et de rajeunir avec son secours l'art des chrétiens '. La plus heureuse réaction s'est manifestée partout en faveur de la vérité historique et du respect des créations anciennes. La France seule est restée en dehors et en arrière de ce mouvement. En Italie, pays où le paganisme de la renaissance a fait le plus de progrès et jeté les plus profondes racines, on n'en lit pas moins sur la façade de la cathédrale de Naples une inscription où le cardinalarchevêque s'enorgueillit d'avoir fait réparer cette façade sans changer son caractère gothique : Nec Gothica delevit urbis senescentis monumenta artium perennitati. En Angleterre, il y a plus d'un siècle que toutes les églises sont restaurées et construites sur le modèle de celles du moyen âge ; si ces copies, dont plusieurs sont très-remarquables, manquent de la vie que donne l'inspiration originale, elles ont le grand mérite de la convenance et de l'harmonie avec les idées qu'elles

1 Depuis qu'il a écrit ces lignes, l'auteur a eu occasion de se convaincre que le vandalisme était malheureusement encore très-dominant à l'étranger, surtout en Suisse et en Italie. Il fait donc ses réserves sur ce point. Voyez , du reste, V Appendice à ce fragment.

représentent : de l'architecture religieuse, la réaction gothique a passé dans l'architecture civile; les riches propriétaires se font bâtir des châteaux qui reproduisent exactement les types des différents âges de la féodalité, tandis que les particuliers, les corporations, les diocèses, les comtés, s'imposent les plus grands sacrifices pour conserver dans leur intégrité tous les monuments originaux de ces âges, et pour leur rendre leur aspect primitif. Dans la pauvre Irlande, lorsque le paysan catholique peut dérober aux exactions du clergé protestant et aux clameurs de sa famille affamée quelque chétive offrande, pour la consacrer à élever une humble chapelle auprès des églises bâties par ses pères et que les tyrans hérétiques lui ont volées, c'est toujours une chapelle gothique. Jamais le prêtre de ce peuple opprimé n'est infidèle au type inspiré par le catholicisme, et lorsque la vieille foi du peuple est ramenée par la liberté dans ce modeste asile, elle y retrouve les formes gracieuses et consacrées des demeures de sa jeunesse. En Belgique, pays de véritable foi et surtout de véritable liberté, un des premiers soins du gouvernement national a été d'interdire, par une circulaire aux gouverneurs de province, la destruction de tout monument historique quelconque. En Allemagne, le culte du passé dans l'art et l'influence de ce passé sur les constructions modernes ont atteint un degré de popularité inouï, et promettent à cette contrée illustre d'être la patrie de l'art régénéré, la seconde Italie de l'Europe moderne. Ce culte est universel et triomphe de toutes les différences d'opinions, de religions, de mœurs, qui divisent la race germanique. Le roi de Prusse, souverain protestant et intolérant, prélève sur tout le grand-duché du Bas-Rhin un impôt spécial, nommé impôt de la cathédrale, exclusivement consacré à l'entretien et à l'achèvement graduel de la cathédrale catholique de Cologne, métropole de

Fart catholique et de l'architecture gothique. Le prince royal, *son fils, a dépensé des sommes énormes pour réparer les dévastations commises par les Français à Marienbourg, ancien et célèbre chef-lieu de l'ordre teutonique ; il en fait sa résidence favorite. Au Midi, le roi de Bavière, avec sa petite liste civile de cinq millions de francs , ne se contente pas de faire exécuter à vingt-six peintres, dans ses divers châteaux, des fresques qui reproduiront, en les popularisant, toutes les épopées chevaleresques et nationales du moyen âge ; il remplit sa capitale d'églises vraiment chrétiennes, parmi lesquelles on remarquera surtout celle de Saint-Louis, dont l'architecture sera romane, et qui sera peinte à fresque du haut en bas, à l'instar de plusieurs églises d'Italie, et surtout de la triple basilique d'Assise, par le célèbre Cornélius. Ce même souverain a profité de la découverte qu'a faite M. Franck, qui a retrouvé et perfectionné le secret de teindre les vitraux des couleurs les plus tenaces et les plus brillantes, pour doter la vieille cathédrale de Ratisbonne d'un grand nombre de verrières aussi remarquables par la composition que par le coloris, au prix de 20 à 23, 000. francs chacune. Ce prince ne fait du reste que s'associer au merveilleux élan qu'a pris l'art allemand depuis plusieurs années, élan qui date, en architecture, de l'apparition du grand ouvrage de M. Boisserée sur la cathédrale de Cologne, et en peinture, de l'œuvre patriotique qu'ont accomplie ce même M. Boisserée et son frère, en conservant pour l'Allemagne la collection des chefsd'œuvre de l'ancienne école belge et allemande qu'ils avaient sauvée et recueillie pendant les dévastations des guerres de Napoléon. J'espère vous entretenir un jour, plus au long, de la nouvelle école allemande, et surtout de celle de peinture, qui chaque jour jette un nouvel éclat sous la double direction d'Overbeck et de Cornélius. Est- il besoin de vous dire qu'à

cette réaction active vers l'art chrétien et national correspond le soin le plus scrupuleux et le plus tendre de toutes ses beautés, de toutes ses ruines? Les invasions des Suédois et des Français, et, dans quelques contrées, la sécularisation des souverainetés ecclésiastiques ont multiplié ces ruines; mais je ne crois pas qu'il y en ait une seule que l'on puisse imputer à la froide barbarie ou à l'avidité de la population environnante. Un attentat de ce genre serait signalé aussitôt par les organes innombrables de la presse littéraire et scientifique; une réprobation populaire et religieuse s'attacherait au nom des coupables : ils seraient mis au ban de la nationalité allemande.

Il n'y a donc que la France où le vandalisme règne seul et sans frein. Après avoir passé deux siècles et puis trente ans à déshonorer par d'impures et grotesques additions nos vieux monuments, le voilà qui reprend ses allures terroristes et qui se vautre dans la destruction. On dirait qu'il prévoit sa déchéance prochaine, tant il se hâte de renverser tout ce qui tombe sous son ignoble main. On tremble à la seule pensée de ce que chaque jour il mine, balaye ou défigure. Le vieux sol de la patrie, surchargé comme il l'était des créations les plus merveilleuses de l'imagination et de la foi, devient chaque jour plus nu, plus uniforme, plus pelé. On n'épargne rien : la hache dévastatrice atteint également les forêts et les églises, les châteaux et les hôtels de ville; on dirait une terre conquise d'où les envahisseurs barbares veulent effacer jusqu'aux dernières traces des générations qui l'ont habitée. On dirait qu'ils veulent se persuader que le monde est né d'hier, et qu'il doit finir demain, tant ils ont hâte d'anéantir tout ce qui semble dépasser une vie d'homme. On ne sait pas même respecter les ruines qu'on a faites, et tandis qu'on cite en Angleterre des seigneurs qui dépensent, chaque année, un

revenu considérable pour préserver celles qui se trouvent sur leur domaine ; tandis qu'en Allemagne les populations choisissent les décombres des vieux châteaux pour y tenir leurs assemblées libérales, comme pour mettre leur liberté renaisnaissante sous la protection des anciens jours; chez nous, nous ne laissons pas même le temps accomplir son œuvre, nous refusons à la nature son deuil de mère. Car la nature, toujours douce et aimante, l'est surtout envers les ruines que l'homme a faites ; elle semble se plaire à les orner de ses plus belles parures, comme pour les consoler de leur abandon et de leur nudité. Et nous, nous leur arrachons leur linceul de verdure, leur couronne de fleurs; nous violons ces tombeaux des siècles passés. L'ancien seigneur les met à l'encan et les vend au plus offrant : le nouveau bourgeois les achète, et s'il ne daigne pas leur donner une place dans ses constructions nouvelles, il les recrépit et les enjolive sur place. Tous deux se coalisent pour déshonorer ces vieilles pierres.

Les longs souvenirs font les grands peuples. La mémoire du passé ne devient importune que lorsque la conscience du présent est honteuse. Ce sera dans nos annales une bien triste page que ce divorce prononcé contre tout ce que nos pères nous ont laissé pour nous rappeler leurs mœurs, leurs affections, leurs croyances. Rien de plus naturel que ce divorce dans le premier moment de la réaction populaire contre l'ancien ordre social et politique ; mais y persévérer après la victoire, y persévérer avec récidive en face de l'Europe surprise et dédaigneuse; immoler aux préjugés les plus arriérés ce qui fait le charme d'une patrie et la gloire de l'art, c'est un crime national dont il n'y a pas d'exemple dans l'histoire. J'ignore quelle peine la postérité infligera à ce mépris stupide que nous tirons de notre nullité moderne, pour le lancer à la figure des chefs-d'œuvre de nos pères; mais cette peine

sera grave et dure. Nous la mériterons, non-seulement par nos œuvres de destruction, mais encore par les vils usages auxquels nous consacrons ce que nous daignons laisser debout. Le Mont-Saint-Michel, Fontevrault, Saint-Augustinlez-Limoges, Clairvaux, ces gigantesques témoignages du génie et de la patience du moyen âge, n'ont pas eu, il est vrai, le sort de Cluny et de Cîteaux; mais le leur n'est-il pas encore plus honteux, et ne vaudrait-il pas mieux pouvoir errer sur les débris de ces célèbres abbayes que les voir, toutes flétries et mutilées, changées en honteuses prisons, et devenir le repaire du crime et des vices les plus monstrueux, après avoir été l'asile de la douleur et de la science? Croirat-on dans l'avenir que, pour inspirer à des Français quelque intérêt pour les souvenirs d'un culte qu'ils ont professé pendant quatorze siècles, il faille démentir leur origine et leur destination sacrée? Il en est ainsi cependant. On ne parvient à fléchir les divans provinciaux, les savants de l'empire, qu'en invoquant le respect dû au paganisme. Si vous pouvez leur faire croire qu'une église du genre anté-gothique a été consacrée à quelque dieu romain, ils vous promettront leur protection, ouvriront leurs bourses, tailleront même leur plume pour honorer votre découverte d'une dissertation. On n'en finirait pas, si l'on voulait énumérer toutes les églises romanes qui doivent la tolérance qu'on leur accorde à cette ingénieuse croyance. Je ne veux citer que la cathédrale d'Angoulême dont la curieuse façade n'a été conservée que parce qu'il a été gravement établi que le bas-relief du Père éternel qui y figure entre les symboles consacrés des quatre évangélistes , était une représentation de Jupiter. On lit encore sur la frise du portail de cette cathédrale : Temple de la Raison.

Et ne croyez pas que ce soit la religion seule que l'on ré-

pudie ainsi. Ne croyez pas que les souvenirs purement historiques, les souvenirs même de poésie et d'amour échappent aux outrages du vandalisme. Tout est confondu dans la proscription. A Limoges, on a eu la barbarie de détruire le monument devenu célèbre sous le nom du bon mariage. C'était le tombeau de deux jeunes époux du Poitou, partis peu de temps après leurs noces, pour aller en pèlerinage à Saint- Jacques de Compostelle. La jeune femme mourut en route à Limoges; le mari alla accomplir son vœu, puis revint mourir de douleur à Limoges. Lorsqu'on vint pour l'inhumer dans le tombeau qu'il avait élevé à sa femme, celle-ci, selon la tradition populaire, se retira de côté pour lui faire place. C'est ce même tombeau qui a été détruit, et pas une voix ne s'est élevée pour le sauver '.A Avignon, l'église de Sainte-Claire, où Pétrarque vit Laure pour la première fois, le vendredi saint de l'an 1328, l'église qu'il avait bénie dans ce sonnet fameux :

Benedetto sia '1 giorno, e '1 mese, e l'anno E la stagione, e '1 tempo, e Fhora, e '1 punto, E '1 bel paëse, e 'l ïoco, ov' io fui giunto Da due begli occhi, che legato m'hanno, etc.

cette église a péri avec cent autres; elle est transformée aujourd'hui en manufacture de garance. L'église des Cordeliers, où reposait la dépouille de cette belle et chaste Laure, à côté de celle du brave Crillon, a été rasée pour faire place à un atelier de teinture; il n'en reste debout que quelques arceaux : la place même de ses cendres n'est marquée que par une ignoble colonne, élevée par les ordres d'un Anglais, et décorée dune inscription risible.

1 Cet acte de vandalisme n'a heureusement pas été consommé : le précieux monument a été sauvé, et le regrettable abbé Texier, supérieur du petit séminaire du Dorât, l'un de nos plus savants archéologues, lui a consacré une notice pleine d'intérêt en 1840.

Les Goths eux-mêmes, les Ostrogoths n'en faisaient pas tant. L'histoire nous a conservé le mémorable décret de leur roi Théodoric, qui ordonne à ses sujets vainqueurs de respecter scrupuleusement tous les monuments civils et religieux de l'Italie conquise.

Ces faits que je viens de citer me rappellent que je dois vous faire connaître quelques-uns de ceux que j'ai recueillis pendant mes rapides courses dans le Midi. J'en profiterai pour justifier une sorte de classification qu'il m'a semblé naturel d'établir, en cherchant à apprécier le caractère des ravages du vandalisme dans les provinces de France que j'ai parcourues. Je n'entends nullement la garantir pour les autres. J'y joindrai quelques détails spéciaux sur les monuments du moyen âge, à Toulouse et à Bordeaux, que j'ai eu l'occasion de voir plus complètement,

Tout le monde doit reconnaître que le vandalisme moderne se divise en deux espèces bien différentes dans leurs motifs, mais dont les résultats sont également désastreux. On peut les désigner sous le nom de vandalisme destructeur et de vandalisme restaurateur.

Chacun de ces vandalismes est exploité par différentes catégories de vandales, que je range dans l'ordre suivant, en assignant à chacune d'elles le rang que lui mérite son degré d'acharnement contre les vieilleries.

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