lb,\ Luchaire, Louis VI, pp
Il y aurait sans doute lieu de rapporter à la même époque une donation antérieure au 3 août 1128 et datée de Janville, dans les environs de Chartres, que le cardinal obtint en faveur de son ancien prieuré de Saint-Martin. Par cet acte, Louis VI, à la prière du légat, de la reine Adélaïde et de Philippe, roi désigné, quittait de toutes coutumes et exactions la terre que Saint- Martin possédait à Pontoise, sauf que le roi se réservait les chevauchées et expéditions sur les habitants de la dite terre, lesquels d'ailleurs ne pourraient plus être convoqués que sur l'ordre exprès du roi ou de son sénéchal. Le cardinal-légat dressa l'acte de cette donation à Janville, en présence de l'archevêque de Reims et d'un certain nombre d'évêques et d'abbés (ï).
Nous savons aussi qu'au cours de sa légation le cardinal d'Albano se rendit au monastère du Saint-Père de Chartres, et qu'il y ratifia le privilège de la libre élection des abbés. Le cardinal assista au chapitre présidé par l'abbé Eudes récemment élu, confirma de vive voix le susdit privilège et promit de le confirmer par écrit, ce qu'il fit dans un acte public revêtu de son sceau. Malheureusement cet acte ne porte point d'autre indication que celle de la légation du cardinal et de la récente élection de l'abbé Eudes (2).
Tandis que Matthieu poursuivait le cours de sa légation en France, il reçut d'Honorius II une lettre datée du 4 mai 1 128, qui le chargeait de régler un différend survenu entre les moines de Luxcuil et ceux de Dijon. Ces derniers avaient usurpé les deux prieurés de Clermont et de Vignori, et Pascal II leur avait ordonné de les restituer. Cette restitution ne s'était pas effectuée. Le pape chargeait donc son légat de soumettre l'affaire à un nouvel examen et de faire rendre les prieurés à Luxeuil, suivant la teneur des lettres de Pascal II, tout en sauvegardant les droits éventuels des moines de Dijon. Du reste, il citait les deux parties à comparaître à Rome pour le 23 février 11 29 (3).
Le légat convoqua les parties à Reims pour le i^'' août (1128). Un grand nombre d'évêques et d'abbés de la province s'y étaient réunis pour régler un certain nombre d'affaires, particulièrement pour mettre fin au différend qui avait surgi entre le comte Guillaume de Flandre et son compétiteur Thierry d'Alsace. Le procès intenté par les moines de Luxeuil à ceux de Dijon fut soumis à
1. Marrier, Hisforia, 162; Tardif, Mon. hislor., n. 405. p 225 ; Luchaire, pp. 193194.
2. Mabillon, Annal., VI, 104; Guérard, Cartul. de St- Père de Chartres, H. pp. 267268. D'aprèî les auteurs du Gallia, Guillaume, prédécesseur d'Eudes, mourut le 22 décembre 1129 {Gallia Christ., VIII, 1225). mais cette date n'est pas certaine.