‹ Mélanges d'histoire bénédictineChapitre 48 sur 69 · I. Cf. SHCkur. Die Clitniacenser, I, 183 ; II · texte numérisé non relu

I. Cf. SHCkur. Die Clitniacenser, I, 183 ; II

apôtres à Rome. Vers 1090 un second monastère, celui de St-Jacques, fut fondé dans la même ville et devint bientôt le centre et la maison- mère d'un certain nombre d'autres établissements écossais. Vers II 34 l'abbaye essème à Wùrzburg, où elle fonde le monastère de St-Jacques ; en 1 140 à Nuremberg, où elle fonde le monastère de St Gilles ; en 1142 à Constance, où s'élève un nouveau monastère dédié à St-Jacques. Entre 11 54 et ii 58, c'est Vienne qui reçoit une colonie de Ratisbonne pour peupler la nouvelle abbaye de N.-D. ; en 1 168, c'est à Memmingen que s'élève le monastère de St-Nicolas, dépendance de St-Jacques de Ratisbonne ; en 1194, c'est Eichstadt qui reçoit une colonie d'Ecossais dans le monastère de Ste- Croix. En 1232, St-Jacques de Ratisbonne peuple le prieuré de Kelheim. Tels étaient, avec le monastère de St-Jacques d'Erfurt, et, d'après Wattenbach, avec ceux d'Oels en Silésie ('), et peut être d'Heggbach en\Vurtemberg,les monastères écossais d'Allemagne(^j.

Tous ces monastères étaient réunis en congrégation. Une bulle d'Innocent III, de l'an 121 5, leur prescrivait de se réunir tous les trois ans en chapitre général sous la présidence de l'abbé de St-Jacques de Ratisbonne. Malgré certaines réclamations de la part de quelques-unes de ces maisons, les droits de l'abbé de Ratisbonne furent confirmés (3).

En 1418, à la suite du concile de Constance et des réformes qui s'étaient opérées dans l'ordre bénédictin, la congrégation écossaise perdit plusieurs monastères, ceux de Nuremberg ("^j et de Vienne (^) qui furent soustraits aux Scoti et aux Hybernenses et remis à des moines de nationalité allemande.

D'ailleurs, il faut le reconnaître, les monastères écossais d'Allemagne se trouvaient au XV^ siècle dans un état de décadence ;

1. Le monastère d'Oels ne fut fondé qu'en 1380 pour des Bénédictins slaves de l'abbaye d'Emaus à Prague; il fut supprimé en 1505 (Heyne, Dokutn. Ge%ch. des Bithums uiid Hochstifts Breilau, II, 747-751).

2. Vita B. Mariani, ap. Acta SS., t. II, feb. 361-362, 366-372 ; Wattenbach, Die Congrégation der Schottenklosterin Deutschland f 7.eitschrift f. chrisll, Archàol. und h'unstdt Quasi et Otte, 1856, 1,47 sqq. ; Renz, Beitràge zur Gesch. der Schottenabtei St- Jacob und des Priorats

VVeik Si-Peter fO. S. B.) in tiegensburg (Studien und Mittheil. ans dem Bened. Orden, t. XVI (1895), 64-84, 250-259, 418 425, 574-581 ; t. W'Il (1896) 29-40, 229-239, 416-429, 629- 639; XVIII (1897) 79-87, 263-274).

3. L'abbaye de Vienne, notamment, refusa plus d'une fois de reconnaître la juridiction de celle de Ratisbonne (cf. Renz, ap. Studien, XVI, 70). Ainsi l'on voit l'abbé des Écossais de Vienne faire encore partie du chapitre de la province de Salzbourg en 1338 (voir plus haut PP- 57-58).

4. Chronique du monastère de St Gilles de Nuremberg dans Cod. Cheltenham 1286, ff. 26; cf. A'eues Archiv.J. aeltered. Gesch., XXII, 274 276; Oefele, Script, rer. Boicar., 1,342.

5. Hauswirth, Abriss einer Gesch.der Benedictiner-Abtei U. L. F. zu den Schotten in Wien, 1858, pp. 27-31.

I l8 LES CHAPITRES GÉNÉRAUX DE l'oRDRE DE S BENOIT.

leur personnel était fort réduit et, en suivant attentivement les regestes dressés par M. Renz, il est facile de voir que la paix et la stabilité étaient souvent compromises par le mauvais état des finances et le manque de recrues.

Le monastère de St-Jacques de Wurzbourg était entièrement ruiné, faute de communauté. A la mort de l'abbé Philippe, en 1497, il n'y avait pas un moine pour recueillir sa succession. Alexandre VI chargea l'évéque d'y mettre des moines allemands, et, le 26 juillet 1504, le monastère recevait comme abbé un moine de l'abbaye voisine de St-Étienne. Deux ans plus tard, ce fut le célèbre abbé Trithème qui reçut sa succession et qui unit le monastère à la congrégation de Bursfeld. Ce n'est qu'en 1595 que le monastère fut remis aux Écossais de Ratisbonne, qui l'occupèrent jusqu'en

Celui de Constance, qui végétait également depuis la première

moitié du XV^ siècle, ne put se relever ; il fut supprimé en 1530 (2). L'état de St-Nicolas de Memmingen n'était pas plus brillant (^) ; comme le précédent, il disparut dans les troubles causés par l'introduction du protestantisme.

Ce n'est qu'à la suite de la réforme protestante en Ecosse, que la congrégation reçut du renfort. De nombreux bénédictins Écossais cherchèrent un refuge dans les monastères de leur nationalité sur le continent, et, parmi eux, il y avait des hommes de valeur. L'abbé Ninian Winzet(i 577-1 592) essaya même de recouvrer les monastères de Vienne, de Nuremberg et de Constance, mais en vain (4). Un nouvel essai de recouvrer Vienne en 1624, malgré une bulle d'Urbain VIII qui leur accordait cette restitution, échoua comme les autres (5). En 1692, l'abbé Placide Flemning réorganisa la congrégation, d'accord avec les abbés d'Erfurt et de Wurzbourg, les seuls subsistants de l'ancienne congrégation (^), et fonda un séminaire a St-Jacques de Ratisbonne (/). La sécularisation forcée de 1803 mit fin à l'existence des monastères de Wurzbourg et d'Erfurt ; quant à celui de St-Jacques de Ratisbonne, il survécut jusqu'en 1862, où il fut transformé en séminaire épiscopal.

Comme on peut le voir par les actes qui nous ont été conservés,

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