‹ Mélanges d'histoire des religionsChapitre 106 sur 197 · Voir Darmesteter, Haurvetäl et Amretät, p · texte numérisé non relu

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5. Tant dans le dogme (ex. {rénée, Ad. Haer., IV, 4, 8, 5), que dans les rites les plus connus ; ainsi la consécration de l’hostie se fait par une formule où est mentionné l'effet du sacrifice sur lesalut, Voir Magani, V'Anlica Liturgia Romana, H, p. 268, etc. — On pourrait encore rapprocher de ces faits l’haggada talmudique suivant laquelle Îles tribus disparues au désert et qui n’ont pas sacrifié n’auront pas part à la vie éternelle (Gem. à Sanhedrin, X, 4, 5 et 6, in Talm. J.), pas plus que les gens d’une ville devenue interdite pour s'être livrée à l’idolâtrie, ou que Cora l’impie. Ce passage talmudique s'appuie sur le verset, Ps. L.. 5 : « Assemblez-moi mes justes qui onf eonclu avec moi alliance par le sacrifice. »

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ne s’est dégagée de la précédente qu'à la suite d’une élabo-

ration philosophique et, de plus, la conception d’une autre

vie n’a pas pour origine l'institution du sacrifice ‘.

Le nombre, la variété et la complexité des sacrifices | objectifs sont tels que nous ne pouvons en traiter qu’assez sommairement. Sauf pour le sacrifice agraire dont l’étude est dès maintenant assez avancée, nous devrons nous con: tenter d'indications généralés qui montrent comment ces sacrifices se rattachent à notre schème général.

Le trait caractéristique des sacrifices objectifs est que l'effet principal du rite porte, par définition, sur un objet. autre que le sacrifiant. En effet, le sacrifice ne revient pas à son point de départ ; les choses qu'il a pour but de modifier sont en dehors du sacrifiant. L'effet produit sur ce dernier est donc secondaire. Par suite, les rites d’entrée et de sortie, qui ont particulièrement en vue le sacrifiant, deviennent rudimentaires. C’est la phase centrale, la sacrification, qui tend à prendre le plus de place. Il s’agit avant tout de créer de l'esprit ?, soit, qu’on le crée pour l'attribuer à l'être réel ou mythique que le sacrifice concerne, soit que, pour libérer une chose de quelque vertu sacrée

4. Ce Serail ici le lieu d'étudier de côté pour ainsi dire politique du sacrifice : dans un bon nombre de sociétés politico-religieuses (sociétés secrètes mélanésiennes et guinéennes, brahmanisme, etc.), là hiérarchie sociale est souvent déterminée par les qualités acquises au cours de sacrifices par chaque individu. — Il conviendrait aussi de considérer les cas où. c'est le groupe (famille, corporation, société, etc.), qui est sacriliant, et de voir quels sont les effets, produits sur une personne de ce genre par le sacrifice. On verrait aisément que tous ces sacrifices de sacralisalion ou de désacralisation ont sur la société, toutes choses égales d’ailleurs, les mêmes effets que sur l'individu. Mais la question ressort plutôt à la sociologie en général qu'à l'étude précise du sacrifice: D'aillours elle à été fortement étudiée par les anthropologues anglais ; les effets de la communion sacrificielle sur la société sont un de leurs thèmes favoris (voir R. Smith, Rel. of Sem., p. 284 sqq. Sidney Hartland, Leg. Pers., LL, ch. xx, etc.)

2. M. Grant Allen à. dans la deuxième partie de son livre, The Evolulion of the Idea of God (compte rendu, Ann. I, p.193), soutenu des idées Concernant ces sacrifices et les sacrifices du Dieu, qui paraitront peutêtre relativement analogues aux nôtres (voir surtout p. 265, 266, 339,

340 sqq.). Nous espérons Pourtant qu'on s'aperccvra des différences fondamentales. 3 :

qui la rendait inabordable, on transforme cette vertu en esprit pur, soit qu'on poursuive l’un et l’autre but à la fois.

Mais, de plus, la nature Daeticuhese de l’objet intéressé par le sacrifice modifie ce dernier. Dans le sacrifice de construction, par exemple, on se propose de créer un esprit quisoit lé gardien de la maison, ou de l’autel, ou de la ville que l’on construit ou que l'on veut construire, et qui en fasse la force?. Aussi les rites d'attribution se développent-ils. On emmure le crâne dela victime humaine, le

coq, la tête de chouette, etc. D'autre part, suivant la nature

de la construction, selon qu’il s'agit d’un temple, ou d’une ville ou d’une simple maison, l'importance de la victime varie; suivant que lédifice est déjà construit ou à construire, le sacrifice aura pour objet de créer l'esprit ou la divinité gardienne, ou bien il sera une propitiation du

4. C'est un des rites dont l'étude cornparative est le plus avancée. H. Gaidoz, Les rites de la construction, Paris, 1882. R. Winternitz, Einige cor kungen über das Bauopfer bei den Indern,Mitthlq.d. Anthr. Gesell. 5. Wien, 1888, XVII, Intr., p. 37 sqq., et surtout l'exhaustive one de Sartori, Das Bauopfer. Zeitsch} f. Ethn.. 1898 (cf. compte rendu, Année Soc. Il, p.236), essai de classement des formes où seule l'analyse du rite laisse réellement.à désirer. Sur la conservation

des corps ou de parties de corps des victimes dans les constructions,

voir Wilken, {ets over de Schedelvereering bij d. vollen v. d. Ind. Arch., Bijdr. lot de Taal-Land-en Volkenkunde v. Ned. Ind.; 1889, p.31. — Pinza, Conservazione delle teste umane, passim

2. C'est le cas le plus général. Il s'agit réellement de la création d'une espèce «ie dieu auquel on rendra plus tard un culte. Il y a là un cas parallèle à celui du sacrifice agraire. Get esprit sera vague ou précis, se confondra avec là force qui rend solide la construction, ou bien deviendra une softe de dieu personnel, ou sera les deux à la fois. Mais toujours il sera rattaché par certains liens à la victime dont il sort et à la construction dont il est le gardien et le protecteur contre les sorts,

les maladies, les malheurs, inspirant à tous le respect du seuil, aux.

voleurs e& aux habitants. {H. C. Trumbull, The Threshold Covenant, New-York, 1896.) — De même qu'on fixe la victime agraire, en semant ses restes, etc., de même on répand le sang sur les fondations et plus tard on emmure la tête. — ‘Les sacritices de construction ont pu se répéter dans divers rituels ; d’abord en des occasions graves, réparation d'une construction, siège d’une ville, puis devenir périodiques. et se confondre dans bien des cas avec les sacrifices agraires, donner comme eux naissance à des personnalités mythiques (voir Dümmler, Sitfengeschichtliche Parallelen, Philologus, LVI, p. 19 sqq.).

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