Howitt, Kam. and Kurn., p- 232, note
2. A. MM, p. 35, cf. p. 24. Probablement l'indication donnée p.43, n. ?, à propos du caractère « magique » des noms des clans totémiques chez les Wiraiïjuri, doit être interprétée comme un fait de ce genre.
3. Nous ne tenons naturellement aucun compte de documents aussi peu localisés :et aussi imprécis qué ceux de Bonwick, Australian Aborigines, J. A. I., II, p. 208, 209 : discussion in Proceedings of the Royal
Colonial Institute, p. 48.
4. D'ordinaire les textes donnent pourtant quelques indications précises, mais au hasard, voir :‘Jajowerrong de Victoria, J. Parker, an Brough Smyth, Aborigines of Victoria, 11, p, 155; tribu de la Rivière Pennefather (Queensland), Roth, Superstition, Magie, etc., p. 30.
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quand l’auteur dit expressément, comme M. Howitt à propos des Kulin de la rivière Wimmera, que, seuls les jeunes gens qui ont vu l'ombre de leur mère, assise sur son tombeau, peuvent devenir magiciens ‘. L'information qui touche la tribu de Springsure? est encore insuffsante : l’esprit prend possession du corps du magicien qui a pu monter au pays des morts. Un auteur se borne à nous dépeindre les jeûnes nécessaires au futur grand magicien de la tribu de la rivière Yoocum, et la solitude où il se retire pour que l'esprit de son prédécesseur le visite et lui donne les puissances surnaturelles *. Sur les Woivorung, M. Howitt, semble-t-il‘, à quelque dix ans de distance, nous a donné deux renseignements contradictoires; suivant l’un, le magicien, wer-raap*, serait instruit dans les arts magiques par les âmes de ses prédécesseurs morts ; l'autre nous montre les wiraraps instruits par les âmes qui les emmènent par un trou (dans le ciel) vers Bungil, dieu dont ils reçoivent leurs pouvoirs magiques. Mais peutêtre le second document ne fait-il que compléter le premier. Car nous verrons ailleurs d’autres faits du même genre; il est possible, et même probable, que le thème de la révélation par les esprits des morts se conionde sou-
4. Howitt, On some Australian Beliefs J. A. I., XILL, p. 188 et 195. Ajoutons que ce magicien est capable de monter au ciel; il nous semble donc que le fait est peut-être incomplètement observé, et que ce doit être cette ombre qui doit emmener le magicien au ciel (c'est ce qui se passe pour les gommera des Murring de la côte, et les magiciens de la rivière Avoca. Howitt, cbid., p. 497.)
2. F.-W. Biddulph, Mylhs of lhe Springsure Aborigines (Queensland), Australian Anthropological Journal, If, p. 225 ; le fait est probablement très mal observé et nous doutons que ce soient bien des morts et non pas des ancêtres mythiques. »
3. J.-W. Small, in Science of Man, Australian Anthr. Journ., X, p. 46.
4. Par la faute du compilateur Brough Smyth, nous ne sommes en effet pas vraiment sûr que les textes de Aborigines of Vict., I, p. 462 et 463, soient bien de M. Howitt et touchent bien la tribu des Woivorung. -
3. Ne pas faire attention aux passages où il est parlé de Wer-raap, comme si c'était un esprit individuel.
Mauss-HUBERT. - 10
vent, en un seul et même mythe complexe, avec le thème .
de la révélation par les esprits purs. Il ressort, maintenant, même des informations sommaires précédentes, que les phénomènes sont moins simples qu'il ne parait d’abord !
Les renseignements ne sont pas partout aussi insuffsants. D'abord un certain nombre nous décrivent soigneusement au moins le gros des événements. Ce sont en particulier ceux qui nous viennent, par Grey et ses imitateurs, et concernent les tribus de l’Australie occidentale, actuellement disparues pour la plupart. Un texte australien même nous dit : «les boyl-ya se tiennent aux tombeaux en grand nombre * ». Il semble que l'esprit du mort doit agir là d’une façon mystérieuse pour conférer une sorte de nou-
velle vie au magicien; car Grey* cite le fait que Threlkeld :
avait signalé à propos de cette action dans la tribu de Port- Macquarie *. Les Teyl, Wergo, cristaux et autres substances magiques * doivent probablement être introduits à ce moment-là dans le corps du magicien endormi. Même un auteur, plus sujet à caution, mais qui a peut-être mieux vu que Grey, un certain Chauncy, dit que l'esprit renouvelle complètement les organes internes du dormeur f. Ce dernier texte fait apparaître dans les croyances
1. Nous ne pouvons nous servir, faute de localisation suflisante, de l'information de M. Palmer, Noles on some Australian Tribes JAMIE XIII, p. 299.
2. Grey, Two Expedilions, elc., IT, p. 339 (texte p. 340, note), cf. p. 335.
+. Voir plus loin, p. 11.
De Sur ces substances, voir Grey, Vocabulary, p. 16, 117, 127, Two Expedilions, p. 340, 847.
6. Seulement il semble s'agir de la tribu de Port-Jackson, in Brough Smyth, Aborigines of Victoria, II. 271. D'autre part ce texte nous semble trop se rapprocher dans les termes mêmes de celui de Collins sur la tribu de Sydney, que nous citons plus bas. Le titre de koradjee donné au magicien est à lui seul suspect, car c’est un mot du dialecte de Sydney. Les Mémoires hisloriques, de Rudesindo Salvado, ne contiennent rien au sujet de ce fait dans ces tribus, et Fraser, W. Austr. Yeark Book. 1897-1898, ne nous parle de cos séjours sur les (ombeaux qu'à propos
dont nous traitons, le thème de la mort et de la renaissance du magicien. Mais, faute d'autre preuve, nous sommes obligés de passer sur ce fait important. Heureusement, il nous ést attesté, d’une façon fort nette-et tout à fait authentique, par le premier et l’un des meilleurs observateurs européens, par le colonel Collins, en ce qui concerne la tribu de Sydney, la première avec laquelle les Européens éntrèrent en contact !. Dans cette tribu, tout individu qui voulait devenir carrah-dy n'avait qu’à dormir sur un tombeau, et si, dans la nuit, l'esprit venait, l’égorgeait, l'ouvrait, prenait ses viscères et les replaçait?, il devenait carrah-dy. Un fait de même genre nous est décrit, avec un peu plus de précision, par l’un des seuls philologues qui, ayant vécu en Australie, aient observé directement les indigènes : Threlkeld nous dit, à propos de la tribu de Port-Macquarie *, qu'un os mystique (nurrokun) était inséré, par l’esprit du mort, dans la cuisse du futur magicien ; cet os lancé à distance servait aux envoûtements'.
D'ailleurs, les morts ne forment pas dans la mythologie des diverses sociétés australiennes une classe bien distincte d’esprits, — pas plus d’ailleurs que les esprits de la nature; car l'une et l’autre classe nous apparaissent, dans les
* des rites permettant de deviner le meurtrier, c’est-à-dire l'enchanteur ennemi.
4, D. Collins, An Account of the English Colony in New South Wales, etc., ro éd., Lond. Caddell, 4798 ; 2e éd., ibid., 1804, nous citons d’après la seconde édition, p. 595, 596.
2. Collins ne dit pas si l'esprit introduit, à ce moment, quoi que ce soit, dans le corps du magicien, et d'autre part il est invraisemblable que cette opération mythique ait été conçue comme étant sans but. Ii est probable que l'esprit donne à ce moment un os magique au magicien, os que le magicien extrayait de lui-même, par exemple, au cours des cérémonies d'initiation tribale. Collins, ibid., p. 565.
3. Voir œuvres rééditées par J. Fraser, in Threlkeld, An Australian Language, as spoken by the Awabakal, ete. Sydney, 1892.
4. Threlked, À Grammar, ete., p. 48, cf. p. 53, et Lexicon, p. 213. Il est fort possible qu'il y ait eu, concurremment à cette initiation, chez les Awabakal, une autre initiation par le mauvais esprit, Koin. cf. p. #7 des anecdotes qui peuvent s’y rapporter.
mythologies les mieux connues, comme se confondant dans la notion générique d’ancêtres mythiques, personnels, des individus des différents clans totémiques *. De telle . sorte que, suivant l'interprétation, les préjugés hâtifs des auteurs, une tribu nous apparaîtra comme croyant ses magiciens initiés ou par les morts ou par les esprits de la nature, sans que les croyances des indigènes soient vraiment difiérentes. Ainsi, en particulier, dans les tribus du nord de la Nouvelle-Galle du Sud, décrites par M. Cameron?, les Bookoomurri initiateurs des magiciens sont plus que des âmes des morts. Déjà au surplus la révélation par ces esprits était fort compliquée. Si du moins il s’agit bien de la tribu des Ta-ta-Thi dans les documents que nous citons * ; en tout cas, pour certains magiciens, ceux-ci montaient au ciel « par une fenêtre (?) » (voir les Bookoomurri ?), et y réussissaient, parce qu'ils avaient mangé un morceau de la peau d'un cadavre de vieille femme, dont l'esprit (goomatch) les lévitait . Nous bésitons à dire que la révélation, dans la tribu de la baie de la Rencontre ;, les
4. Tels sont par exemple les Iruntarinia (Ârunta) qui initient le magicien ; ils sont à la fois des ancêtres de l’Alcheringa (temps mythiques), des âmes de morts, des fées, des dieux et des diables. C’est le cas encore des Mura-Mura (Dieri), puisque, comme nous en avions fait l'hypothèse -dans une de nos leçons de 1902, cette notion de dieu créateur se réduit en somme à celle des ancêtres totémiques toujours vivauts, réincarnés et initiateurs. Voir Howitt, Legends of {he Dieri and Kindred Tribes of central Australia, J. A. I., 1904, N. S., XXXIV, p. 400 et suiv.
2. Tribus des Ta-Ta-Thi, Wathi-Wathi, etc. Noées on Some Tribes of New South Wales, J. A. I., 1885, t. XLV, P. 368, cf. p. 362, 369 et 370 : Traditions and Folklore of the Aborigenes of New South Wales. Science of Man, Australasian Anthropological Journal, VI, p. 46.
3. Dans un seul article d’ethnographie, M. Cameron a en effet mêlé des renseignements sur des tribus diverses.
4. Howitt, On Some Australian Beliefs, J. A. I., XIII, p. 197: cf. Cameron, Notes on some Tribes of New South Wales, J. A. I. XIV, p. 359 et 360.
Le gumatch, esprit, qui n’est autre que la peau du ventre de la vieille
femme mvurte, emporte le magicien au ciel, troue la vote ; par derrière
monde.
la voûte solide, le magicien apprend toutes choses et retourne au
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Nous pouvons rapprocher, mais seulement par approxi-. mation, de ces révélations provoquées, les deux cas (Queensland) où nous savons que le pouvoir magique vient bien des esprits, mais de morts dont le cadavre a été, au moins en partie, consommé*. Le seul fait de révélation provoquée par des rites d’anthropophagie est celui de la tribu d’Adélaïde, maintenant disparue. Là, entre autres rites d'initiation magique, le magicien avait l'obligation.de manger une fois de la chair d’enfant en bas-âge et une autre fois de la chair de vieillard *. Mais on ne nous a.
4. Rev. H. Livingstone, À short Grammar and Vocabulary of the : Dialect spoken by the Minyug peoples. Append à Fraser, Threlkeld, Grammar, etc., p. 24, où il est dit que, à l’aide d'une corde- ‘qu ’il tire de son estomac, le magicien monte au ciel consulter les wagai (esprits, doubles), même ceux des vivants.
2. Voir plus bas, p. 31 et suiv. Il serait loisible &e compter, parmi les tribus qui croient à une révélation par les morts, les tribus (Kolor, etc) qu’a observées Dawson, Aborigines of South Australia, v. p. 50, où ilest dit que le sorcier lui- même est très peu différent des diables, ogres, âmes de morts; cf. p. 55 et 56, des cas d’ascension par les magiciens dans la lune; p. 55, un sorcier qui ramène un esprit du ciel, ete.
3. Nous faisons rentrer dans cette catégorie les faits qu'ont constatés, au Queensland occidental, autrefois J. D. Lang, Queensland, etc., 4841, p- 358, 362; et plus récemment Lumholtz, Au pays des Cannibales, p. 259, parce que, bien qu’il s’agisse d'obtenir des pouvoirs magiques. assez déterminés, il ne s’agit nullement d’en acquérir de définitifs, comme ceux qui caractérisent le magicien. Pour un fait du même genre, chez les Wiraijuri, Howitt, À. M. M. p. 30.
4. John Eyre, Journals of Two Expeditions into Central Australia, ete., 1854, IL p. 365; cf. p. 255.
pas dit précisément si c'était l’esprit du mort qui donnait ses vertus au néophyte anthropophage!.
2° La révélation pur les esprits. — Nous dirions presque la révélation par les dieux, car enfin ces esprits sont bien des - personnes mythiques, relativement sacrées et placées hors de l’atteinte du commun des mortels. Mais ces êtres sont sans consistance, sans personnalité forte, confondus avec les choses les plus hétéroclites, « diables » ou bull roarers, âmes des morts, ancètres totémiques, esprits locaux des sources et des bois, esprits de la nature °.
D'après les plus simples de nos renseignements, le magicien obtient ses pouvoirs en montant au ciel et dans une rencontre qu’il y fait avec un esprit dépositaire de ces pouvoirs. C'est même dans ces termes brefs que M. Howitt nous a donné ses premiers renseignements * et qu'il les a maintenus en ce qui concerne les Wolgal, Nsarego, Theddora, Kulin, Jupagalk (N de Victoria et S. de la N.-G. du Sud) *. À propos des magiciens Theddora*, nous savons de plus que ceux-ci montaient au ciel à l’aide d’une sorte de « fil d'araignée qu’ils sécrétaient de leur bouche® ».
1. J. Eyre, ibid., p. 367, mentionne des individus montés au ciel par une corde ; et, p. 362, une révélation de chants et de rites par un esprit (des esprits ?).
2. Sur la nature des dieux australiens, voir Tylor, On the Limits o, the Savage Conception of God, J. A. I., XXIK, p. 480 ct suiv. ; A. Lang, The Making of Religion, 1899, p. 268 et suiv.: Magic and Religion, 1901, p. 36 et suiv. La vérité nous semble assez éloignée des deux théories soutenues (Voy. GC. R., in Année sociologique. VI, p. 173). Au surplus, une bonne mythologie australienne est encore à füire.