Cf. thème identique, plus haut, p. 157, n
4. On remarquera l'importance dos impressions lumineuses et des souvenirs de ces impressions. Il est évident qu'il y a dans tout cela de nombreuses hallucinalions photomorphiques. Mais il y à aussi un thème mythologique fort important qui rattache à la lumière les puissances mystiques, et les puissances magiques en particulier. On retrouvera plus bas. à propos de l'arc-en-ciel. un élément « naturiste » du mème genre,
peut se produire entre l’idée d'une ascension, d’une lévitation, celle d’un transfert au pays des morts, et enfin telle d’une simple apparition des morts dans un rêvé ordinaire. Ils nous mettent en présence d’une image trouble de la révélation, image d’un genre beaucoup plus répandu probablement que la plupart des renseignements écourtés et stéréotypés ne nous le font paraître‘. La révélation, pour les birraark Kurnai?, semble avoir eu un caractère plutôt totémique, quoique les Kurnai n’aient plus de totems de clan. En effet, les « mrarts » sont des esprits animaux, aux corroborees (danses chantées) desquels l'initié assiste *. Là encore, il y a indécision entre l'image totémique et l'image purement anthropomorphique de la révélation. de
Il manque aussi aux faits observés chez les Kurnai un trait mythique important, celui de la mise à mort du magicien et de sa renaissance. Ce trait en a peut-être été toujours absent. Mais la régularité extraordinaire avec laquelle il apparaît dans les tribus qu’il nous reste à étudier est, quant à nous, un indice sûr de sa grande extension. .
Les Arunta sont une des tribus australiennes les mieux
1. Il faut encore remarquer comment le ciel se confond avec un pays probablement à la fois souterrain et marin ; et comment cet enlèvement du novice au pays des morts équivaut probablement à l'ascension du magicien Wiraijuri.
2. Kam. and Kur., p. 254. Brough Smyth, I, p. 473. Ce dernier renseignement contient une donnée qui disparait, chose remarquable, des renseignements plus précis et postérieurs. Le magicien doit être dans la brousse et porter un gumbut (os de kangourou) dans le trou percé dans le nez. Des mrarts l'emmènent alors au ciel (par une échelle, ajoutait l’informateur). ;
3. Austr. Bel., J. À. I., XNII, p. 195. 4. M. M., J. À. I., XNI, p. 4 (cas de Mundanin, qui, enlevé par les kangourous, reçoit d’eux leur révélation, est retrouvé, près du camp, avec un énorme morceau de bois dans le dos: pendant quelque temps, il reste comme endormi, «chantant sur ce qu'il avait vu chez les morts ») : 4. M. M., p. 34 (cas de Bungil Bataluk qui reçoit le nom de Bataluk, iguane, parce qu'il à assisté à un corroborec de ses animaux, et a un lézard familier pour exéculer ses ordres). L'intcrdiction totémique est lrès marquéc dans le cas de Mundanin,
connues, par deux livres successifs de MM. Spencer et Gillen'; l’un d'eux a pu observer cette tribu pendant vingt ans, en qualité de surveillant; tous les deux sont réputés, pleno jure, membres de la tribu et initiés à tous les mystères * Certainement, les descriptions qu'ils nous font de l'initiation du magicien par les esprits sont fondées sur nombre de récits personnels authentiques*. Il existe trois classes de magiciens chez les Arunta, dont une seule est initiée par les autres magiciens “. Des deux classes
-initiées par révélation, l’une l’est par les Iruntarinia, l’autre
l’est par les Oruncha. Ceux-ci sont des esprits locaux plutôt méchants, à caractère plutôt animal, des sortes d'ogres: ils vivent isolés. Ils initient le magicien de la même facon que les autres esprits ‘. Nous nous bornons donc à étudier en détail l'initiation par les Iruntarinia.
Ceux-ci sont des esprits d'une nature singulière et dont la personnalité mythique est des plus mal déterminées. Étrangement confondus avec les âmes des ancêtres, perpétuellement réincarnés en leurs descendants, et, par con-
séquent, confondus avec les doubles des vivants”, ils sont
4. Native Tribes of Central Australia, 1899 (dorénavant N. T.): Nor-
-thern Tribes of Central Australia, 41904 (dorénavant N. 7. C.). Les docu-
ments contenus dans le Report of the Horn Expedilion, sect. Tf, Antluropology, et qui proviennent de M. Gillen, par l'intermédiaire de M. Stirling. sont trop sommaires pour valoir d’être cités.
9, N. T. C., préface. p. XIV.
3. Malheureusement les noms des informateurs ne sont pas lous üvnnés. et la critique de leur témoignage n'est pas faite avec Lous les développements voulus, dans le livre même.