ASIE
reçoivent le nom d’Ungalinni. Leurs flancs sont ouverts et,
comme il est de règle [dans ces tribus|, leurs organes internes sont enlevés et remplacés par de nouveaux. Un serpent, appelé Zrman, dont la grande puissance provient surtout du fait qu'il est du pays Worgaia, leur est introduit dans la tête. Enfin, un des Kupitja, qui sont réputés avoir été faits par les serpents de l'Alcheringa, est placé dans le trou qui leur perfore la cloison nasale 1 ». À ce
groupe particulier d'hommes-médecine, on donne le nom
d'Urkutu, c’est-à-dire le nom générique des serpents?.
Il est évident que dans ce cas, sommairement rapporté, \ le mythe et la fantaisie jouent un rôle énorme et que, de
plus, les rites d’ailleurs ressentis comme dans une espèce
de rêve, agissent violemment sur l'esprit à la facon de sug-.
gestions hypnotiques. Ainsi, on nous dit * que la sensation de l’entrée, dans le nez, du kupitja et du pouvoir magique qu'il contient, était « mordante ».
La tribu voisine, au Sud, de la précédente, celle des
Unmatjera, suit un rituel analogue pour l'initiation du magicien. Ce rituel ne se distingue guère d’une pure révélation du type Arunta, sauf en ce que l'esprit magique est rem-
placé par un vieux magicien, et en ce que le maître magi-.
cien n’a pas, pour séjour, une espèce d’Élysée où il emmène l'âme du récipiendaire. Mais le fond de la croyance est le même“. Voici le récit résumé d’un certain Upailurkna : « Un vieux sorcier tue le candidat avec ses pierres atnon-
gara. T1 lui ouvre les flancs, lui enlève tous ses organes
internes, intestins, cœur, foie, poumons, elc., et le laisse sur le. sol, Le lendemain il lui introduit, à l’intérieur du corps, des pierres afnongara, l'incante jusqu’à ce qu'il
2. Ibid. P. 486, paragraphe suivant. On sait que le pouvoir magique lui-même est conçu comme incarné dans un petit serpent habitant le
corps du magicien (p. 481). Les kupitja eux-mêmes sont, quant à nous, |
des symboles des serpents.