W. H. Roscher, o./., passim
2. Mannbardt, Germanische Mylhen, p. #46 (7 jours = 7 ans); Sébillot, Le Folklore de France, t.1, p. 257, 465. ;
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hindous ne sont pas conçues comme étant de même grandeur!.
Il résulte de ces faits non pas que le temps, pour la magie et la religion, ne soit pas une quantité, ou susceptible d’être considéré comme telle, mais que ce n’est pas une quantité pure, homogène dans toutes ses parties, toujours comparable à elle-même et exactement mesurable. Dans les jugements qui portent sur le temps, il entre autre chose que des considérations de plus, de moins et d'autant; il entre des considérations d'aptitude, d'opportunité, de continuité, de constance, de similitude et les équivalences, dont nous avons parlé, n'étaient pas des égalités. Les unités de temps ne sont pas des unités de mesure mais les unités d'un rythme, où l'alternance des diversités ramène périodiquement au semblable.
Les subdivisions du temps ne sont pas des grandeurs définies uniquement par leur dimension et leur position relative. [l entre dans leur notion d’autres éléments qui expliquent leurs anomalies quantitatives, à savoir la notion de qualités actives, dont la présence les rend, les unes par rapport aux autres, homogènes ou hétérogènes. Si dans la : représentation de chacune des sections du temps entre celle d’une certaine qualité, celle-ci sera naturellement conçue comme également distribuée dans toutes ses parties ; chaque période, si l’on ne considère en elle que cette qualité, sera donc nécessairement homogène par rapport à elle-même. E’homogénéité du temps cessera à la fin de chaque période, la suivante apportant avec elle de nouvelles qualités différencielles. Les parties semblables seront équivalentes et homogènes ou plutôt identiques, parce qu’elles auront la
4. Cf, Thibaut, dans Grundriss der| Indo-Arischen Philologie, t. IX, fasc. 9, p. 28.’
FA
même qualité. Enfin, la valeur relative des durées ne dépendra pas seulement de leur grandeur absolue, mais aussi de la nature et de l'intensité de leurs qualités.
Bref, les propositions ci-dessus énumérées cessent d’être contradicioires, dès qu’on cesse de considérer le temps comme un milieu sans qualités. Aussi bien, n’est-ce pas un pur concept, une sorte de lieu géométrique, distingué par abstraction de la masse des durées particulières, mais une sorte de chose, dont la forme a son efficacité comme celle d’un acte magique, existant objéctivement, distincte des phénomènes successifs et durables, puisqu'elle les coupe à sa mesure, et dont.les divisions ne sont pas simplement idéales, mais réelles et effectives, puisqu'elles interrompent brutalement la matière qu’elles encadrent.
A vrai dire, les qualités dont nous avons parlé sont celles des parties du temps. Il y a lieu de se demander si la notion
. du temps en général ne comporte pas, elle aussi, de qualités analogues et même si les particularités qui distinguent les parties sont autre chose que les diverses modalités d’une qualité commune du temps. Toutefois il est malaisé d’apercevoir au premier abord quelles peuvent être les qualités de ce temps religieux et magique. Peut-être, n’a-t-il, pris dans son ensemble, qu’une aptitude à recevoir des qualités. Mais il nous suffit, pour le moment, de mettre en lumière la nature qualitative attribuée au temps en général par la constatation des qualités reconnves à ses parties. Celles-ci sont bien apparentes et.se font valoir l’une l’autre par leurs contrastes. Les parties du temps ne sont pas indifférentes aux choses qui peuvent s’y passer ; elles les attirent ou elles les
excluent. De là, d’une part, une inépuisable série de pro-.
nostics fondés sur la seule distinction des dates, de l’autre une série de prescriptions positives ou négatives relatives aux jours’. Les plus typiques sont les prescriptio 1s uega-
4. Cf. Mucrobe, Saturn. I, xv : Aptitudes des Calendes, Ides et Nones; Plutarque, Quaest. Rom. 100, fête de Diane Aventine (les femmes
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tives, autrement dit les tabous du temps. Ce qui vient d’être dit des jours vaut pour les périodes. Les mois par exemple ont, l’un par rapport à l’autre, une teneur qualitative constante, qui leur donne une véritable individualité!. A la rigueur, leur place dans l’année solaire, la diversité des . opérations, agricoles ou autres, qui, par la force des choses, s’y accomplissent, peut passer pour le principe de leur différenciation. Mais, cette défalcation faite, il subsiste un résidu de prescriptions différenciviles, telle, entre autres, l'interdiction du mariage au mois de mai, où se révèlent des qualités qui leur appartiennent en propre. Nous admettrons donc provisoirement que les parties du temps et le temps en général sont conçus comme doués ou susceptibles de qualités. ,
Notre investigation se rapproche ici d'analyses philosophiques, dont la représentation de la durée dans la conscience individuelle a récemment été l'objet. Dans ses Données immédiates de la conscience, M. Bergson est arrivé à conclure que la notion de temps n’est pas uniquement celle d’une quantité, mais qu’elle est qualitative. Dans les subtiles arabesques de Matière et mémoire, il substitue, comme élément générateur de la représentation du temps, aux notions de grandeur, de position, de succession celle de là tension active par laquelle, d’une part, se réalise dans la conscience l'harmonie des durées indépendantes de rythmes différents et, de l'autre, se distribuent et circulent les images entre les différents plans de cette même conscience. Ainsi s’achève dans son système, le transport de l'idée de temps du domaine de la quantité pure à celui de la qualité.
se favent la (le): De Norc, 0. 2 p. 278 (jours à choisir et à éviter pour les saigudos).
Le Warde Fowler, 0.£., observations générales sur chacun des mois.
Nous nous rapprocherons davantage encore de cette théorie du temps considéré comme échelle des tensions de la conscience, si nous essayons de nous rendre compte, avec un peu plus de précision, de ce que sont les qualités qui, pour la magie et pour la religion, entrent dans la composition de la notion du temps..Pour aborder cette étude par son côté le plus accessible, ne considérons provisoirement que les qualités différencielles des parties du temps. Moments ou durées, leurs qualités ne sont définies que par les faits avec lesquels ils sont nécessairement et constamment en relation positive ou négative. Il y a, d’un côté, des phénomènes naturels, astronomiques ou autres, choisis comme jalons du temps, ou des nombres, qui expriment la longueur théorique des périodes"; de l’autre, il ya des représentations, que. la récurrence des premiers termes entraine ou repousse uécessairement, et des actes, qu'on accomplit ou qu’on évite pour réaliser, autant qu'il est en soi, les associations crues nécessaires. Les éléments ainsi associés sont intimement unis, l’un entraîne l’autre, et tant que dure le premier, dure le second?. Ce système de rela- . tions est, à proprement parler, un système de signatures. Les dates sont, en tant que telles, le signe et la signature des choses qui s’y passent”, au même titre que telle conjonction de planète est la signature de tel événement ou de tel rite. Ainsi, qualités différencielles du temps et signatures temporelles sont des expressions équivalentes. En cher-
4. Cf. pour le symbolisme numérique, Lydus, De mensibus, I, 15: IL, 6.
2. Talmud Babli. Sanhedr 41 b, 42 a (hésitations relatives à la longueur réelle de la période pendant laquelle doit se prononcer la bénédiction de la nouvelle lune): cité par Fr. Bohn, Der Sabbal im Allen Testament. p. 35. Les deux jours de Rosch haschana ayant donné lieu aux mêtes hésitations sont considérés comme étant « d’une seule sainteté », Buxtorf, Synagoga judaïiça. p. 494.
3. Lydus. De mensibus, II, 5,9, 40. Cf. la tentative faite pour fixer la date de Pâques à un jour déterminé du calendrier julien le 25 ou le 27 mars : Keliner, o. L., p. 39. Cf. Revue des tradilions populaires, 1904, p: 149. 218, 244,248, 301. 432.
chant à concevoir ce que peuvent être les éléments qualitatiis de la représentation du temps en magie et en religion,
on ne rencontre donc au premier abord que des images
associées et dont l’association est retenue en vue AGE
possibles.
Ce premier résultat concorde avec l'analyse de M. Bergson, qui aboutit à concevoir un temps dont la représentation se compose d'images d’inégale tension, placées en série par degré de tension et dont la tension est réglée par l’action et ses nécessités. Mais l'examen superficiel d’un seul
ordre de données peut-il nous assurer qu'il n'entre dans la
représentation du temps, au moment de son développement où nous essayons de la saisir, que de semblables agglomé-
rations d'images particulières et la tension variable dont. ces images sont susceptibles ? S’il en est ainsi, nous laisse- .
rons volontiers le dernier mot aux philosophes, et nous leur
demanderons l'explication des faits qui nous ont arrêtés.
Peuvent-ils nous [a donner ?
Ilest naturel, somme toute, que les Ones rédui-
sent à des termes fort simples les éléments primordiaux de la notion de temps. Leur objet n'est-il pas de briser la lourde carcasse de nos opérations mentales, pour en dégager ce qu’elle recouvre de réel? Cette vie profonde de l’es-
prit humain est décelée par les inconséquences, auxquelles
arrive le jeu logique des notions superficielles. Dans le cas présent, le jeu de notions, qui déguise la réalité psychologique des images successives, consiste dans l'ajustement de deux séries de représentations. L'une est constante et périodique : c'est le calendrier et la chronologie avec leurs points de repère et toutes les particularités qu'ils enregistrent. L'autre se construit perpétuellement par l’apport de
représentations nouvelles. L'esprit travaille constamment à
associer dans une même tension certains éléments de ces deux séries. Le tout est dominé par des notions générales de durée, de période, de date, qui sont douées d'une certaine objectivité et qui entrent, avec cette objectivité,