‹ Mélanges d'histoire des religionsChapitre 2 sur 197 · LE SACRIFICE · texte numérisé non relu

LE SACRIFICE

La première question que nous eûmes à nous poser en commun concernait le sacrifice. ;

45 HE. Hubert et M. Mauss, Essai sur la Siure et la fonction sociale du sacrifice, .Année sociologique, t. If, 1899, p. 29-138

2. M. Mauss, L'origine des pouvoirs magiques dans les sociétés austra- = Liennes, étude analytique et critique de documents ethnographiques, Ecole pratique des Hautes Etudes, Section des Sciences religieuses, Paris, 4904. p. 4-55. — H. Hubert, Etude sommaire de la représentation du temps dans la religion et dans la magie, Ecole pratique des Hautes Etudes, Section des Sciences rehgieuses, Paris, 1905, p. 1-39.

‘ dans les autres mémoires et dans cette préface.

ii TR \ PRÉFACE #;

Le problème de ses origines était magistralement traité

‘dans la Religion of Semites de Robertson Smith‘. D'autre

part, M. Frazer ? avait attiré l'attention sur ces intéressants

personnages, à la fois rois, prêtres et dieux, qui figurent

dans tant de religions et dont la mort ou le meurtre périodique est un véritable sacrifice, de l'espèce que nous appelons sacrifice du dieu. Le Golden Bough nous expliquait la: nature et la fonction de ces personnages dont il décrivait une imposante collection. Mais les théories de ces auteurs nous paraissaient soulever de graves objections et, d'ail-

leurs, les recherches que nous avions entreprises, sur la

prièreet sur les mythes, nous amenaient à nous poser directement la question.

Les recueils de prières les plus considérables dont nous disposions, Psaumes * et Vedas* tout particulièrement, sont formés de prières normalement attachées à des sacrifices. Il y a plus : le principe de toute prière est l’efficacité recon-

nue au mot. Or, l'efficacité du mot nous paraissait alors si

étroitement dépendante de celle du‘rite manuel que, à tort

il est vrai, nous avions peine à concevoir des prières qui ne

fussent point sacrificielles. En tous cas, pour isoler la part d'efficacité qui revient au rite oral dans un rite complexe, il nous fallait analyser celle ‘du rite manuel. Des sacrifices, comme ceux de l'Inde et d'Israël, longuement décrits et

commentés par ceux-là même qui les pratiquaient, se prê- .

1. Robertson Smith, Religion of Semites, Burnelt Lectures, 4e édition 1890, 2e édition 1894. Ù

2.2G: Frazer, Golden Bough, 1r édition, 1890 (seule citée dans le mémoire sur le Sacrifice, publié plus loin); 2 édition, 1900, seule citée

3. Nous donnons plus loin (Sacrifice, p. 46, n. 1) quelques réfé :

rences qui rénseignent sur le rattachement des psaumes rituels au culte du templo.

4. Sur les Vedas, considérés comme recueils des hymnes et formules du sacrifice, voy. plus loin p. 8, n. 1. Cf. Weber Vorlesungen über Indische Literaturgeschichte, p. 9 : c’est à la suite de ce savant qui n'a

progressivement cessé de considérer les Védas, le Rg Veda en parti-

culier, comme des recueils de mythes mis en vers.

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