XL . PRÉFACE
vers les particularités des institutions que nous cuerchons
à trouver les phénomènes généraux de la vie sociale. C’est
. seulement par l'étude des variations que présentent les
institutions ou les notions de même espèce, suivant les sociétés, que nous définissons, soit les résidus constants que ces variations laissent, soit les fonctions équivalentes que les unes et les autres remplissent. Par là nous difié-
rons des anthropologues anglais et des psychologues alle-
mands. Ils vont droit aux similitudes et ne cherchent
partout que de l'humain, du commun, en un mot du banal. Nous nous arrêtons, au contraire, par méthode, aux différences caractéristiques des milieux spéciaux ; €c'est à travers ces caractéristiques que nous espérons entrevoir È
des lois.
D'autres nous ont fait le reproche de n’avoir pas fait sa part à la psychologie religieuse ‘, tant à la mode aujour-
d’hui. Ils pensent aux sentiments plutôt qu'aux idées ou … aux pratiques volontaires, et, parmi les sentiments, ils
songént surtout à ün sentiment d'ordre spécial, surhumain, sacrosaint, le sentiment religieux dont les religions positives ne seraient que des manifestations maladroites. — Bien loin de refuser un rôle au sentiment dans la religion,
nous pensons trouver dans les notions de valeurs, c’est-à-
dire dans des notions sentimentales, l’origine des représentations religieuses et des rites. Là connaissance des sentiments complexes qui fondent la notion de sacré et celle des sentiments qu’elle provoque, scrupules, craintes,
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espoirs, elc., est, pour nous, le but dernier de la science
4. G. Michelet, Pour la Psychologie religieuse, Revue du Clergé français. 1905, LXLI, p. 359 sqq ; XLIL, p. 22 sqq. — Id. Une récente théorie française sur la religion. Revue pratique d'apologétique, 1908, t. VI, p. 268 sqq, 515 sqq. Cf. ©. Habert, La méthode sociologique et l'histoire des religions. Ann. de philos. chrét., A908. L
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‘des religions. — Ce que nous nions, c’est qu’il y ait dans ces sentiments quoi que ce soit de sui generis. Il n’y entre pas autre chose que ce qüe la psychologie ordinaire appelle simplement, amour et haine, peur et confiance, joie et tristesse, inquiétude, audace, etc. Il n’y a pas de sentiments religieux; mais des sentiments normaux dont la religion, Choses, rites, représentations comprises, est produit et objet!. On n’a pas plus à parler de sentiments religieux, que de sentimehts économiques, ou de sentiments techniques. À chaque: activité sociale correspondent des passions et des sentiments normaux®°.Il est donc inutile d'adapter à chaque chapitre -de sociologié un chapitre de psychologie qui consistérait en variations sur le même thème.
Ces lignes ne s'adressent point aux psychologues qui font ce que l’on appelle couramment de la psychologie religieuse. Ils ont commencé avec succès ce travail de classement des idées, des sentiments, des faits de formation et de transformation du caractère, des états psychologiques nor-
maux et anormaux qui se présentent dans la religion. L’in-.
térêt de ces travaux est réel, mais ils éclairent plutôt les façons dont agissent, dans l'individu, et par rapport à son
caractère, les traditions religieuses. Ces auteurs ont:
apporté plus à la psychologie qu’à nos études. Aussi nous nous demandons pourquoi ils choisissent quelquefois cette rubrique de psychologie religieuse .
Pour ce qui est des théologiens ou de philosophes imprégnés de théologie comme M. W. James, nous ne nous étonnons pas qu’ils nous parlent des sentiments reli-
À. Ribot, Psychologie des sentiments.
2. Ribot, Essai sur les Passions, 1908. L'analyse de M. Ribot a précisément, à notre avis, pour principal résultat de démontrer que la cause des passions est dans une relation entre le caractère de l'individu et
certains buts que la société lui propose. -
3. Nous faisons allusion aux meilleurs travaux de ce genre, ceux de MM. Coe, Starbuck, Leuba en Amérique, Delacroix en France. Les principaux résultats acquis éclairent les phénomènes de la conversion. des émotions et de leureffet, du mysticisme.
DIT Ve Le PRÉFACE
3 mn disent-ils, c'est rex een reins, l'expériene cé Dieu. Et. core ci RL
çaise. Nous. nous flattons d’avoir né de sévères critiques
ë "4 compte de ce livre. Annee sociologique, t. VIL, p. 204 sqq. M ms à sources of mystical. Revelation, Hibbert Journal, IN, 1907, p- Le AP vient de donner une excellente réfutation psychologique des théo
de M. James. Êee conclusions sont même tout è fait sociologiques
Pr MÉLANGES D'HISTOIRE DES RELIGIONS