‹ Mélanges d'histoire des religionsChapitre 53 sur 197 · SES. JAN PE · texte numérisé non relu

SES. JAN PE

nier degré de la surexcitation nerveuse, il est apte à sacri- . fier et les cérémonies commencent.

Cette initiation compliquée, à long terme, requise pour des cérémonies d’une gravité exceptionnelle, n’est, il est vrai, qu'un grossissement. Mais on la retrouve, quoique avec une moindre exagération, dans-les rites préparatoires du sacrifice animal ordinaire. Dans ce cas, il n’est plus nécessaire que le sacrifiant soit divinisé ; mais il faut toujours qu'il devienne sacré. C’est pourquoi, alors aussi, il se rase, se baigne, s’abstient de tout rapport sexuel, jeûne, veille, etc. !. Et même de ces rites plus simples, les interprétations qu'en donnent les prières qui les accompagnent et les commentaires brahmaniques, disent clairement le sens. Nous lisons dès le commencement du Çatapatha Brâähmana. « (Le sacrifiant) se rince la bouche. Car, avant cela, il est impropre au sacrifice. Car les eaux sont pures. Il devient pur à l'intérieur. 1l passe du monde des hommes dans le monde des dieux?. »

Ces rites ne sont pas particuliers aux Hindous : le monde sémitique, la Grèce et Rome en fournissent .égale-

c'est maigre (qu’il sacrilie. Ce qui de ses membres est absent. il l'a sacrifié. » Lesacrifiant a, par le jeûne, dépouillé autant que possible son corps mortel. pour revêtir une forme immortelle. — On voit comment les pratiques astétiques ont pris place dans le système du sacrifice Hindou (voy.S. Lévi, 16. p. 83, n. 1. Cf. p. 54). Développées dès ce moment, elles ont pu devenir, dans le Brahmanisme classique, dans le jaïnisme, dans le bouddhisme, le tout du sacrifice. L’individu qui sacrilie se sacrilie. Par exemple, le jeûne bouddhique wposatdha correspond exactement au jeûne wpavasatha de la nuit wpavasatha du sacrifice ordinaire, lequel correspond au jeûne du diksita (voy. Çat. Br. 1, 1, 1,7. Le rapprochement est de M. Eggcling . ad. loe.; S. B.E, XIE, cf. 46. 2, 1. 4, 2, etc., sur le jeûne de la dikzä, 40. 5, 2, 2, 10. 19). Dès le Çaé. Br. les vertus de l'ascétisme sont considérées comme aussi grandes que celles du sacrifice (46. 9, 5, 4, 4-7, cte.). — Nous n'avons pas besoin|de faire remarquer l'analogie qu'il y a ici avec les pratiques sémitiques, grecques et chrétiennes. Le jeûne sacrificiel du Kippour est devenu le modèle des autres jeûnes judaïques. Ces actions préparatoires sont devenus, souvent, le type du sacrifice de soi. — L'ascétisme préalable du sacrifice est, dans bien des cas, devenu le sacrifice entier.

1. Hillebr., Neu-und Vollmondsopfer, p. 3, 4. CE. Cat. Br. A, A,1,7T sq. et passages cilés, note préc. Cf. Schwah, Thieropfer, p. xxx. 39. 2: Cak: Br. 4, 4, 44 sqq.

nent des exemples. Un certain degré de parenté avec le dieu est d'abord exigé de ceux qui veulent être admis au sacrifice. Aussi l'étranger en est-il généralement exclu? ; à plus forte raison, les courtisanes, les esclaves’, souvent les femmes. De plus, la pureté momentanée est requise. L'approche de la divinité est redoutable à qui n’est pas pur : lorsque Iahwe va paraître sur le Sinaï, le peuple doit laver ses vêtements et rester chaste . De même, le sacrifice est précédé d’une purification plus ou moins longue*. Elle consiste principalement en aspersions d’eau lustrale -et en ablutions ?; quelquefois, le sacrifiant doit Jjeûner ‘’ et se purger “. Il doit revêtir des vêtements propres ou même des vêtements spéciaux ‘ qui lui donnent

4 ar 1x) 44 : XV, 1345, 29. — Cf. Paus. IT, 974 sDur 272700

Page 1