Voir Rob. Smith, Rel. of Sem., p. 237 sqq
9. Lév., VII, 45-18; XIX, 58; Ex. XXIX, 34. Cf. Mannhardt, W. F.K,, HE, p. 250. — Frazer, Gold. B: LE, p. 70.
Généralement, la victime doit être mangée le jour même
du sacrifice‘; quand ik a lieu le soir, rien ne doit rester au
matin; c’est le cas du sacrifice de la Pâque®. On trouvait en Grèce des restrictions analogues, par exemple, dans les sacrifices Oeoïs roi Meuiyloi, dieux chthoniens, à Myonia en Phocide: ; en outre, le repas sacrificiel ne pouvait avoir lieu que dans l'enceinte du sanctuaire’. Ces précautions étaient destinées à empêcher que les restes de la victime, étant sacrés, n’entrassent en contact avec les choses profanes. La religion défendait la sainteté des objets sacrés en même temps qu’elle protégeait le vulgaire contre leur malignité. Si, quoique profane, le sacrifiant était admis-à y toucher et à en manger,. c’est que la consécration, en le sanctifiant, l'avait mis en état de le faire sans danger. Mais les effets de sa consécration ne duraiént qu’un temps ; ils s’évanouissaient à la longue, et c’est pourquoi la consommation devait se faire dans un délai déterminé. Inutilisés, les restes devaient être tout au moins, s'ils n'étaient pas détruits, serrés et surveillés 5. Même les résidus de la crémation qui ne pouvaient être ni détruits, ni utilisés n'étaient pas jetés au hasard. Ils étaient déposés dans des endroits spéciaux protégés par des interdictions religieuses f
L'étude du sacrifice animal hindou, dont nous avons interrompu la description, présente un ensemble, rarement réalisé, de toutes ces pratiques, et de celles qui concernent
4 Lév. VIE 45; XXIL, 29, 30. Voir Dillmann-Knobel, t. XII, p. 448. 2. Ex. XII, 10: XXILI, 48; XXIV, 25; Deut. XVI;'4.
8. Paus. X, 38-6; Voir Frazer, t. III, P- 240. — Rob. Smith, 0p. cit: 1 p. 282, 369, — Cf. Athénée, VIT, p. 276:
£. Paus. 46.; II, 27, 1; VIII, 38-6. Hesych. s. v. ‘Ecria opEY. — Paton, Cos, 38, 24. |
5. Paus. X, 52, 9° (Culte d'Isis à Tithorea) : les restes de la victime restent exposés dans le sanctuaire d’unè fête à l’autre; et, avant chaque fête, on les enlève et lès enfouit.
6. Lév. VI, 4; XIV, 4; C£ IV, 11; on recouvrait de-terre le sang/des oiséaux tués dans le temple. — A Olympie il y avait un monceau de cendres devant l'autel : Paus. X, 43; 8. Voir Frazer, Paus., t. III, 556 : Stengel, p. 15. a y
ESSAT SUR LA NATURE ET LA FONÇGTION DU SACRIFICE He
l'attribution aux dieux, et de celles qui regardent la communication aux sacrifiants.
Immédiatement après l’étouffement de la victime, on en assure par un rite spécial la pureté sacrificielle. Un prêtre conduit, auprès du corps étendu, la femme du sacrifiant qui a assisté à la cérémonie!, et, pendant différents lavages, elle « fait boire » à chacun des orifices de la bête les eaux de purification *. Cela fait, le dépeçage commence. Dès le premier coup de couteau, le sang coule ; on le laisse s’échapper. C'est la part destinée aux mauvais génies. « Tu es la part des raksas®. »
1. La femme du sacrifiant assisté à tous les sacrifices solennels hindous, à une place spéciale, liée légèrement, et est l’objet de certains rites, qui lui communiquent en quelque sorte les effluves du sacrifice et assurent sa fécondité. Käty çr. sû, NI, 6, À sqq. Ap. çr. sû, IL. 48, 1-12 com.
. Elle fait boire tous les « souffles » sarvdn prândn, c'est-à-dire, les ES la bouche. les deux -narines, les deux oreilles, l’organe sexuel (à ajouter in T. S.), l'anus (4p. VII, 18, o: pendant que lofciant si à grande eau tous les membres (T. ©., 4, 3, 9, 1, Cf. 6, 3. 9,14; Y. VI, 14; C. B.,3, 8, 2, 4-7 : on doit reconstituer ndsike, etc. .. Si. La a monie a plusieurs sens. Les Taittiriyas ont exagéré le côté propitiatoire : la mort est « une douleur », ‘une flamme qui brûle avec les souffles, qu'il faut apaiser. Pour cela on fait boire aux souffles de l’eau, et la douleur et la flamme partent avec l’eau dans la terre (Cf. Ç. B.,5, 8, 2,8, 16). Aussi les Taitt. ont-ils pour chacun des mantras adressés à chaque office : « Buvez » et non pas « purifiez-vous » Vâjasanyins expression qui correspond au nom même du rite. Les Vâjasanyins insistent sur le côté purificatoire du rite ; ils disent « Purifiez-vous » : « la victime est.une vie. elle est même l’amrta (nourriture immortelle, l’immortalité) des dieux. Or on tue la bête quand on l’étouffe et l’apaise. Mais les eaux sont les
souffles de vie (contiennent les principes vitaux) ; ainsi, ce faisant (cette.
lustration}), on replace les souffles. La victime redevient vie et nourriture immortelle des immortels » (C. B., loc. cit.).
3. Àp., VI, 18, 44, mantras : T. S., À, 3, 9, 2 ; la même école 1... 6. 3, 9, 2, propose un rite plus précis (Cf. Kay. VI, 6, 11). Mais les textes de l'école du Rg Veda (l’adhrgunigada, Àgv. gr. sû, I, 3, 1; Aüil. Br. 6, 7, 4, 10) parlent simplement de répandre le sang pour les démons, air: qu'ils s’éloignent. La discussion instituée à ce sujet est intéressante : il est expliqué que les démons, comme les dieux, assistent aux sacrifices ; qu'il leur faut à eux aussi leurs parts; parce que sans cela, comme ils y ont droit, si on ne la leur donnait pas pour les écarter (nir-ava-dà; cf. Oldenberg, Rel. d. Ved., p. 218 et T. S., 6, 3, 9, 2). ils « s’appesantiraient » sur le sacrifiant et sa famille. — Différentes autres parties de la victime sont aussi attribuées aux démons, ce-sont les gouttés de sang qui s’échapperont lors de la cuisson du cœur (Kdty., NI, 7,13) et, de pius, l'estomac, les excréments, les brins de gazon sur lesquels on répand
Vient alors la cérémonie qui a pour objet d'attribuer au dieu la partie essentielle de la victime : c’est la wap, en langage technique, le grand épiploon!. On l’enlève rapidement
avec toutes sortes de précautions et de propitiations. On
l'amène processionnellement comme une victime, le sacrifiant tenant toujours le prêtre qui-la porte ?. On la fait cuire auprès du feu sacré et on dispose les choses de manière à ce que la graisse, en fondant, coule goutte à goutte sur le feu. On dit qu’elle tombe'« sur la peau du feu * », c'est-à-dire d’Agni et, comme Agni est chargé de transmettre aux dieux les offrandes, c’est une première part attribuée aux dieux“. — Une fois la vapé cuite, décou-
le sang recueilli (Âp. ne donne pas ces détails: voy. Schwab, p. 137); on
les enfouit tous dans la « fosse aux excréments », en dehors du lieu sacrificiel (Ap:, VII, 46, 1: cf. Açu., IL, 3, 4). L'Ait. Br., 6,.6, 16 donne une
une autre interprétation à cet enfouissement.— Les textes glissent assez volontiers sur ces,parts faites au démon. Il à paru irréligieux (cf. Aît., 6, 7, 2), dé convier les ennemis des dieux au sacrifice. — Mais les rites sont-nets : en général les débris inutilisables des sacrifices (par 5 exemp'e les sons des grains concassés pour fabriquer un gâteau) sont ainsi rejetés, expulsés. — On peut comparer à ces faits la pratique grecque du sacrifice à “Hpa yxurAla, où l’on rejetait le fiel de la victime (Plut. Conj. præc:, 21), et la prescription biblique d’enfouir le sang des oiseaux de purification. — Faisons observer que le rituel des sacrifices de l'Inde prouve que, contrairement aux idées admises, un sacrifice sanglant n'a pas nécessairement pour principe l’usage à faire du sang. :
t. La partie supéricure du péritoine, musculeuse et graisseuse, « la plus juteuse, pour toi, du milieu, parmi les graisses, a été enlevée, nous te la donnons», R, V., IIL, 24, 5. Elle est la partie centrale de la bête, le principe de sa vie individuelle, son dfman (T. S., 6, 3, 9, 5), comme le « sang est la vie » chez les Sémites. Elle est le principe Sacrificiel de la victime {le medhas) T. S., 3, 1, 5, 2; Ç. B:, 3, 8, 2, 98: voir Ai. RCE 6, un mythe rituel curieux. :
2. Ap. çr. sû., NII, 49 sqq. En tête marche un prêtre, ayant un brandon allumé à la main, puis le prêtre qui porte la portion à l’aide de deux broches (car il ne doit pas la toucher directement}, puis le sacrifiant qui tient le prêtre comme plus haut (4p., VIL 49, 6. 7, comm.). Les raisons du rite sont les mêmes que les motifs indiqués plus haut (p. 67 et.n. 4. TS. 6, 3, 9.8 et.4). cel
8. R. V., Ul, 21, 5. Oldenberg ad loc. Hymns, contra Säyana ad R. Ve; el T. B. passages cités à la nate suivante.
&. Tout le rite est fort ancien car un des prètres récite l’hymne : R. V., II, 75, 1, puis III, 21 tout entier = T. B,,1IE, 6, 7, 4 sqà. —M°S., 3,40, 4: = CF, TS, 6,,4,/3:5: Cf: Ait. Br., T, 2,5 sqq.; voir Ludwig.
pée, on la jette au feu‘, au milieu de bénédictions, de révérences et après que les invocations nécessaires ont été faites. C’estune nouvelle part pour les dieux. Cette seconde attribution est elle-mème traitée comme une sorte de sacrifice complet® ; c'est ainsi qu’on s'excuse auprès de la vapd, comme on avait fait auprès de la victime au moment de l'immolation. — Cela fait, on revient à la bête, on l’écorche et, dans ses chairs, on découpe dix-huit morceaux”, que l'on fait cuire ensemble. La graisse, le bouillon, l'écume* qui surnagent* dans le pot où a lieu cette cuisson, est pour le dieu ou le couple de dieux auquel s'adresse le sacrifice : on sacrifie tout cela dans le feu. Ce qu’on détruit ainsi représente formellement encore une fois la victime tout entièref, c’est une nouvelle élimination totale de la bête qui se trouve effectuée de cette manière. — Enfin, sur les
Rig-Veda, IV, p. 303. — Bergaigne, Hist. de la Liturgie:védique, p. 18, considère cet hymne comme récent parce qu'il est formé de vers de mètres variés, c'est-à-dire d’une série de formules entièrement séparées. (Voir Oldenberg, Vedic Hymns. S. B. E., XLVI, p. 283.) Ce fait est incontestable ; les formules sont de diverses sources et ont été colligées tardivement. Mais les formules sont bien antérieures à l'hymne. De telle sorte que, si l'hymne n'a pas d'unité de rédaction, il présente une unité d'objet et la facon naturelle dont il a été composé démontre qu'il se rattache à un dés rites les plus anciens. — L'hymne déerit fort-exactement tous les détails de l'opération (Cf. T..S., 6, 3,79, 5 et Ç. B., 3, 2, 2 11). A ce rite sacrificiel des plus importants les brahmanes ont trouvé une signitication naturaliste.