XIII. — Luchair*. — Mélanges tf histoire
MÉLANGES D*HISTOIKE DÜ MOYËN-AGE
appuyé d’un parti de créatures, a su mettre la main sur le gouvernement de l’Église, et au fond de la satire d’Adalbéron, qui ne peut pas attaquer ouvertement Robert, il y a une violente censure de la politique personnelle du roi, portant atteinte aux libertés de l’épiscopat.
N'est-ce pas d'ailleurs cette politique personnelle qui a appelé le clergé régulier au pouvoir?
Ut placet imperio, sic se transfformet et ordo. 239
On a superposé les moines au haut clergé ; on leur a donné la place des séculiers dans l’Église et dans l’État: car c’est le bas clergé qui arrive aux sièges épiscopaux, le bas clergé qui peuple la cour, le bas clergé qui reçoit les offices, compose les synodes et le conseil. Rien déjà n’est plus contraire à l’idée que le parti conservateur a de ces agents subalternes, usurpateurs des dignités les plus élevées: l’Église est faite pour contrôler le pouvoir central, non pour le servir et se mettre ainsi sous sa main. Mais on n'en est plus là, et on a trouvé déjà bien mieux: ne va-t-on pas prescrire à ces ennuques le mariage et l’obligation du service militaire.
Uxores ducant pulchras et proelia temptent 230 .
Le mariage ? Le trait, s’il s'adresse aux moines du temps pouvait aussi bien convenir aux évêques qui prêchent peu d’exemple sous le rapport de la chasteté- 31 . L’obligation du service militaire? Les Canons d’Abbon lui consacrent un article, surtout il n’est pas rare à l’époque de voir s’équiper une milice de moines : Raoul Glaber et Adémar de Chabannes en citent des exemples 232 . L’aventure des moines clunisiens d’Adalbéron éclairera du reste ce point.