‹ Mélanges d'histoire du Moyen Âge publiés sous la direction de M. le Professeur LuchaireChapitre 87 sur 117 · Ibid., v · texte numérisé non relu

Ibid., v

259. Jotsald, Vita Odilonis, dit naïvement : « Odilo gaudebat Italia » et

LES POÈMES SATIRIQUES d’aDALBÉRON

Il s’agit d’ailleurs maintenant d’équiper les troupes pour la campagne. Ils sont tapageurs, ces guerriers qu’Odilon mène au combat : Conscendunt voces 260 , et Odilon a fort à faire pour les ranger en bataille. Sa tactique est fort singulière : l’idée est saugrenue de faire suspendre à ces gens leur bouclier à leur cou, sous la cotte d’armes, de leur faire mettre le poignard entre les dents, le casque à la ceinture, d’installer les jeunes soldats sur les chars et les vieux moines sur des ânes, des chameaux ou des buffles 201 . Pouvait-on caractériser mieux que par ces traits de satire burlesque le bouleversement des usages anciens ? L’idée était d’autant plus plaisante que c’est toujours la loi des Crotomates qui est censée régler toutes ces pratiques nouvelles.

Le coup d’œil n’est pas moins pittoresque, du défilé de toute l’armée clunisienne en marche : « Des milliers de miliers de guerriers s’ébranlent, lanciers en avant 262 ». Rien de mieux observé: Jotsald et les sources clunisiennes complètentl’esquisse ainsi indiquée. C’est d’ailleurs chose nouvelle que cette suite nombreuse qui accompagne l’abbé de Cluny dans ses fréquents déplacements.

Au X e siècle, peu de moines ou de chevaux, on se contentait du nécessaire: mais avec le xi®, sous le prétexte des nombreux combats et du peu de sûreté des routes, la suite de l’abbé prend des proportions considérables 203 . « Partout où se rendait Odilon et chaque fois qu’il se rendait quelque part, il était accompagné d’une si grande multitude de moines qu’on l’aurait pris moins pour le chef et pour le prince que pour l’archange des moines 204 . » Aussi bien le champ de la réforme était d’immense envergure : Odilon était souvent contraint à des voyages pénibles à une époque où les chemins n’étaient pas protégés, et les circonstances exigeaient presque la menaçante attitude des caravanes clunisiennes.

Le fait est que le cas n’est pas rare de ces surprises à main armée comme celle qu’Adalbéron représente. Odilon est le héros de la bataille, qui se termine par la défaite et la fuite honteuse

ailleurs, « laetabatur etiam urbs Roma mundi domina tanti viri contubernio frequentato sæpius sanctorum apostolorum a more et desiderio. »

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