Annales maritimes, I, 1842, pp
2. Jean-Baptiste Thomas Médée Cécille, né à Rouen, le 16 octobre
23 octobre 1840 en remplacement du capitaine de vaisseau Bonnefoux, avait pris le commandement le 9 novembre 1840, devait favoriser ce projet.
Le 14 mars 1841, l'amiral Duperré, Ministre de la Marine1, écrivait au Ministre des Affaires étrangères2 :
J'avais aussi fait disposer la frégate YErigone pour remplacer dans les mers de Chine celle que nous avons eu le malheur de perdre. Aujourd'hui votre intention étant d'envoyer dans ces parages un agent chargé d'une mission dans l'intérêt de votre Département, j'ai besoin de connaître vos intentions pour donner une direction et des instructions au Commandant de la frégate.
L'Erigone est prête. — Il est même à désirer qu'elle puisse partir prochainement pour se trouver dans les mers de Chine, à l'époque de la saison favorable, qui commence en avril et finit en novembre3.
On fit choix, pour remplir cette mission, de Dubois de Jancigny.
Adolphe Philibert Dubois de Jancig-ny, né à Paris en 1795, était fils de Jean-Baptiste Dubois de Jancigny, né à Jancigny (Bourgogne), le 22 mai 1753,
1787 ; capitaine de frégate le 30 octobre 1829, capitaine de vaisseau le 17 juin 1888, il fut nommé contre-amiral le 2 juin 1844, vice-amiral le 23 décembre 1847 ; ambassadeur à Londres, 2 janvier 1849 ; sénateur 31 décembre 1853 ; il est mort à Saint-Servan, le 8 novembre 1873.
1. L'amiral Duperré a été Ministre de la Marine à trois reprises différentes : 22 nov. 1834-6 sept. 1836 ; 12 mai 1 839-1 er mai 1840 ; 29 oct. 1840-7 février 1842. Victor Gui/, baron Duperré, né à La Rochelle, le 29 février 1775 ; mort le 2 novembre 1846.
2. M. Guizot était Ministre des Affaires Étrangères depuis le 29 octobre 1840.
3. A moins d'indications contraires, les pièces de ce Mémoire sont tirées des Archives des Affaires étrangères : Chine, 1841-1846 ; 1840 à 1844, Janvier-Septembre.
mort à Moulins (Bourbonnais), le 1er avril 1808, savant distingué qui fut le premier préfet du Gard. Jancigny était parent du général Damesme qui, sur son lit de mort, le recommanda au gouvernement. Après avoir pris part aux dernières campagnes de l'Empire, Dubois de Jancigny, mis en demi-solde, voyagea jusqu'en 1829 dans les Indes orientales; étant entré au service du roi d'Aoudh, Naçr ed-din Haïdar (1827-1837), en qualité d'aide de camp, il fut chargé d'une mission en Europe en 1834-1835*. Il se fit remarquer par une série d'articles sur l'Asie, donnés à la Revue des Deux Mondes**; sa connaissance approfondie des affaires de l'Inde semblait donc le désigner au choix du Ministre des Affaires étrangères pour remplir la double mission politique et commerciale qu'on se proposait d'envoyer en Extrême-Orient. Dubois de Jancigny expose dans la note suivante les questions qu'il paraît devoir étudier.