‹ Mélanges d'histoire et de géographie orientales (volume 2)Chapitre 40 sur 65 · Charles Lavollée, France et Chine. Paris, 1900, p · texte numérisé non relu

Charles Lavollée, France et Chine. Paris, 1900, p

en France, quoique dès Décembre 1842 on lui eût expédié, de Paris, l'ordre de se rendre à Batavia ; au début de Tannée 1844 il avait reçu Tordre de considérer sa mission en Chine comme terminée. « Il pensait, écrivait-il de Macao, le 24 février 1844, que sa présence pourrait être utile lors de Tarrivée de M. de Lagrené. » Il vit arriver à Macao le successeur de Ratti-Menton, Lkfebvhe de Bécour, le 16 mars sur la corvette VAlcrnène. Enfin il quitte Macao le 20 mai sur le navire la Xlèloè qui devait se rendre à Singapore, mais les vents contraires l'obligent à passer par les Détroits de l'Est et la mer de Java; il profite de cette circonstance pour se faire débarquer à Samarang, d'où il se rend à Batavia où il arrive le 11 octobre; le Gouverneur Général des Indes néerlandaises, Merkus, venait de mourir le 2 d'une maladie de langueur, et Tintérim était rempli par le Vice-Présidenl du Conseil des Indes, Réjust.

Jancigny prolonge son séjour à Batavia et le 14 mars 1845, il annonce au Département qu'il rentrera en Décembre, sauf instructions contraires. Le 25 mars, il voit arriver les délégués du Commerce français de la Mission Lagrené sur la corvette Y Alcmène venant de Manille; puis la frégate Clèopàtre et la corvette la Victorieuse parurent le 2 avril venant de Singapore avec M. de Lagrené et sa suite; l'ambassadeur de France est descendu à terre le 3 et Jancigny l'a vu. M. de Lagrené trouve à Batavia des lettres de Callery qui lui annoncent que Tempereur de Chine approuve le traité de Whampoa, mais il ne fait aucune mention de la visite de Jancigny dans la dépêche qu'il adresse le 3 avril au Département qui parait se lasser des retards qu'apporte son Chargé de mission à rentrer en France.

Le 30 juin 1845, le Ministre lui écrit :

J'apprends, Monsieur, que vous attendez à Batavia une lettre de rappel qui mette fin à votre mission. Je n'avais pas cru devoir vous adresser cette lettre, pensant que, quand l'itinéraire tracé par vos instructions aurait été rempli, vous reviendriez à Paris, sans attendre de nouveaux ordres. Puisqu'il n'en a pas été ainsi, je vous invite à rentrer en France le plus promptement possible.

Jancigny fait la sourde oreille; nouvelle lettre du Ministre le 6 avril 1846 :

Dans la lettre que je vous ai adressée, Monsieur, le 30 juin •dernier, je vous donnais l'ordre formel de rentrer en France le plus promptement possible. J'ai reçu, quelques semaines après, votre lettre du 14 mars, où vous annonciez l'intention de vous embarquer pour l'Europe dans le courant de décembre, à moins d'instructions contraires ; je suppose donc que vous êtes actuellement en voie de retour. Si toutefois vous aviez encore différé votre départ, je dois vous prévenir que, dans tous les cas, l'allocation qui vous est accordée sur les fonds de mon département sera supprimée à partir du 1er juillet prochain et que votre mission sera considérée comme terminée.

Jancigny rentra donc un peu contre son gré en 1846 en France. Un homme aussi autoritaire et aussi ambitieux dut être humilié, après trois années d'attente, d'être nommé au poste modeste d'Agent Vice- Consul à Bagdad (4 nov. 1849); plus tard il fut attaché au Ministère d'Etat de 1851 au 31 décembre 1855; puis mis en disponibilité. Il profita de ses loisirs pour reprendre sa collaboration à la Revue des Deux Mondes1; il donna deux volumes à la collection de

1. Situation de l'Extrême-Orient, 15 oct. 1848. — La Société et les Gouvernements de l'Hindoustan au xvie et au xixe siècle : I. L'Empereur Akbar et les races de l'Inde, 1er déc. 1843. — II. Les Institutions et

V Univers pittoresque de Didot; Inde et Japon, indo- Chine, Empire Birman, Siam, Annam ou Cochinchine, etc.; — Ceylan; il a écrit dans Y Encyclopédie du XIX' siècle et la Biographie générale.

Il fut nommé en 1859 chef de service à Chandernagor où il est mort le 20 mars 1860.

le Règne d'Abkar, 1er juil. 1854. — III. L'Inde anglaise en 1854 et la nouvelle Charte de la Compagnie, 1 er août 1854. — Les Indes hollandaises. — I. Java, Bornéo, Célèbes, 1er nov. 1848. — II. Histoire et Organisation du gouvernement colonial de Java, 1er déc. 1848. — III. La Société javanaise. Ressources naturelles et Situation financière de Java, 1er fév. 1849,

Dans la seconde édition de sa Bibliographie Romantique, Charles Asselineau, alors qu'il consacrait une page à Vigny et à Mérimée, deux pages à Jules Janin et à Théophile Gautier, en donnait dixneuf à Piiilotiiée O' Neddy et quinze à Eusèbe de Salles, pages 171-184. Sans doute Asselineau était moins assuré de la durée de la réputation de ces derniers et avait voulu garantir leur mémoire de l'oubli de la postérité.

Eusèbe de Salle a vécu à l'époque romantique sans être vraiment un romantique ; il tire le sujet de ses ouvrages littéraires de la vie réelle et contemporaine et peu de son imagination ou des vieilles chroniques du moyen-âge; il a autant de prétentions, et elles sont grandes, à une science médicale, ethnographique, anthropologique et orientale qui, il faut le reconnaître, n'est pas dénuée de valeur. Toutefois ni en littérature ni en science, il n'est arrivé à ce point élevé qui retient l'attention des générations futures ; il mérite néanmoins de ne pas être jeté dans la fosse commune où gisent confondus et ignorés tant de littérateurs jadis plus ou moins connus.

Notreauteurestnéle 17frimaire an V(17 décembre 1796) à Montpellier.

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