‹ Mélanges d'histoire et de géographie orientalesChapitre 40 sur 100 · L. c, p. li · texte numérisé non relu

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resta quelques mois et fut ramené en France parle parlementaire le Petit-Sévère, de Nantes. Il s'embarqua de nouveau sur la frégate V Ariette, puis sur la frégate la Subtile, avec laquelle il fit dans l'Inde une station de plus de quarante-trois

mois » Au retour de cette station, Chaigneau « était parti

de France, en 1791, sur le vaisseau la Flavie, commandé par M. Magon de la Villaumont, qui devait faire un voyage autour du monde, ayant pour but principal la recherche de La Pérouse ; mais par suite des événements politiques, la Flavie n'ayant pu poursuivre son voyage, fut désarmée à Macao. »

C'est de Macao que Chaigneau se rendit en Gochinchine et offrit ses services à Gia-long qui les accepta. Lorsque Gia- Long eut réuni sous un même sceptre la Cochinchine et le Tongking, Chaigneau acheta à un kilomètre de Hué une habitation ; il s'était marié, avait été élevé à la dignité de grand mandarin et il paraissait devoir terminer ses jours dans ce pays d'Annam où s'était passée la plus grande partie de sa vie. Cependant la Restauration avait repris la tradition de Louis XVI, interrompue pendant la Révolution et le premier Empire, et cherchait à renouer avec les pays d'Extrême-Orient, des relations brisées brusquement à la lin du siècle dernier. En 1817, deux expéditions faites par des maisons de commerce françaises ne furent pas très heureuses, mais une troisième, composée de deux trois-màts le Larose et le Henri, réussit complètement. La vue de ces bâtiments inspira ou raviva dans l'âme de Chaigneau le désir de revoir son pays natal ; d'ailleurs, le gouvernement français réclamait son concours; il pensa que l'occasion était favorable pour donner à la France les renseignements qu'elle demandait, et pour revoir sa famille. Il obtint, non sans regret, du vieux Gialong un congé et il s'embarqua au mois de novembre 1819. Les documents suivants diront quel fut le résultat de ce voyage. En 1820, Chaigneau était nommé consul.

« Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut.

« Ayant jugé convenable d'établir un consul dans les Étals de la Cochinchine, pour veiller à la sûreté des personnes el des propriétés de ceux de nos sujets qui y feront le commerce ; et étant informé de l'intelligence, probité, zèle el fidélité à notre service du sieur J .11. Chaigneau, officier de la marine

et mandarin cochinchinois, qui, en outre, a une connaissance exacte des mœurs et usages de ces pays, par la longue résidence qu'il y a faite, nous avons fait choix de sa personne, et nous l'avons nommé et constitué, et par ces présentes, signées de notre main, nous le nommons et constituons notre consul dans tous les États de la Cochinchine, pour, en cette qualité, exercer avec l'autorité nécessaire les fonctions attachées à cet office, conformément aux lois, édits et ordonnances du royaume.

« Ordonnons à tous navigateurs, commerçants et autres, nos sujets, de le reconnaître et de lui obéir en tout ce qu'il leur commandera à raison de ladite charge de Consul dont il nous a plu de le revêtir.

« En foi de quoi nous avons fait mettre notre sceau à ces présentes.

« Donné à Paris, le douzième jour du mois d'octobre de l'an de grâce mil huit cent vingt, et de notre règne le vingtsixième.

« Louis. »

Chaigneau, à son retour à Hué, trouva Gia-long mort depuis quelque temps (25 janvier 1820). Son fils, Minh-mang, n'avait pas les mêmes idées. Chaigneau ne put obtenir de lui aucun avantage pour la France et il quitta Hué le 15 novembre 1824 pour Saigon où il tomba gravement malade ; il partit de cette ville le 21 mars 1825 pour aller s'embarquer à Sinpagore sur le brick le Courrier de la Paix qui le ramena en France. Le vice-consulat du neveu de Chaigneau fut également éphémère. Ce n'est que sous Napoléon III que la France prit en Cochinchine une position digne de ses efforts séculaires. Espérons que le gouvernement actuel ne faillira pas à la tâche qui lui incombe et que, puisant dans les leçons de l'histoire une force nouvelle, il répondra à ceux qui cherchent à l'arrêter dans la voie dans laquelle il est engagé, qu'il n'est que Théritier de droit longtemps acquis.

M. Chaigneau fils, jadis attaché à l'École des Langues orientales, appartient aujourd'hui au Ministère des finances. Il a publié sur son père un volume des plus attachants !, auquel

1. Souvenirs de Hué (Cochinchineï, par Michel DiVc Chaicrneau, fils de .).-!'.. Chaigneau, ancien officier de marine, consul de France a Hué et

nous renvoyons ceux qui sont désireux de connaître en détail la carrière d'un homme qui a soutenu si honorablement Thonneur du pavillon français dans l'Extrême-Orient.

Les documents que nous donnons aujourd'hui sont tirés des archives des départements des Affaires étrangères et de la Marine et des Colonies. Nous avons marqué d'un M à la suite du numéro d'ordre les documents qui proviennent de ce dernier dépôt. Ceux qui ne portent aucune indication d'origine appartiennent aux Affaires étrangères.

M. Chaigneau, Chevalier de Saint-Louis en Côchinchine l.

Paris, ce 17 Septembre 1817.

Monsieur, M. de La Bissachère 2 m'a instruit des événements qui vous ont conduit dans les états de l'Empereur de Côchinchine ainsi que de la considération que vous avez obtenue de ce Prince par le mérite de vos qualités personnelles ; je sais en outre que, constamment dévoué à votre souverain et attaché à votre patrie, vous ne désirez rien tant que l'occasion de faire preuve de ces sentiments honorables. C'est dans cette persuasion que je n'hésite point à réclamer le concours de votre zèle dans une conjoncture où il peut être utile à la France. Quelques-uns de nos armateurs ont fait ou se proposent de faire des expéditions, pour le Tonquin et la Côchinchine. Le

grand mandarin, Paris, Imprimerie Impériale MDGCC LXVII, in-8, p. xn-274, carte, plan et grav.

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