II M
A Son Excellence Monseigneur le Ministre Secrétaire d'Etat au département de la Marine et des Colonies**.
Monseigneur,
MM. L. Rey et Borel n'ont pas mal préjugé de mes sentiments pour notre chère patrie et notre véritable Roi, lorsqu'ils mirent sous les yeux de Votre Excellence, ce que j'avais senti en voyant des compatriotes, aborder dans ces climats, sous la protection du Pavillon sans tache.
Tout ce que je fis alors et ce que j'ai tâché de faire depuis, m'a été commandé par l'amour que je ressens pour ma première patrie ; car, Monseigneur, servant un autre souverain, et forcé par les circonstances à l'emploi que j'ai près de S. M., mon cœur et mes vœux ont toujours été pour mon roi légitime.
Agréez, Monseigneur, ma gratitude pour la bonté que vous avez eue de me mentionner à notre bon Roi. J'ai reçu avec enthousiasme l'Ordre que Sa Majesté a bien voulu me conférer. Le meilleur remerciement que je puisse faire entendre sera mon zèle à servir les intérêts de ses sujets, dans ce pays où par mes travaux j'ai pu acquérir quelque mérite.
Désirant être utile au commerce français je n'ai cru mieux faire qu'en m'associant avec le peu de fortune que je possède aux expéditions qui ont commencé à entamer les premières relations avec ce