IV M
L'Ecrit du Roi, Gia-Long, donne à M. Chaignbau, sur*
nommé thang, de la famille Royale appelée Nguyên, mandarin du second ordre, du nombre de ceux qui ont le pouvoir d'entrer dans l'intérieur du palais et d'approcher de la personne de Sa Majesté y commandant de deux vaisseau. r dont Vun s'appelle Thoai qui signifie L'Heureux Pbonostic, et F autre qui s'appelle Phung, qui signifie PAigle.
M. Chaignbau, ci-dessus nommé, nous a présenté une requête par laquelle il déclare qu'étant parti de France, l'an 1791, et après avoir côtoyé un nombre presque infini de ports, vint dans la province de G Dinh, où nous étions alors, et nous offrit ses services, ce que nous acceptâmes bien volontiers; depuis qu'il s'est dévoué à notre service, dans toutes les campagnes que nous avons entreprises, soit par mer, soit par terre, il nous a toujours suivi avec la plus grande fidélité, et a affronté mille périls avec une constance immuable. A présent que par une grâce et une vertu spéciale d'en haut, nous avons terrassé et subjugué tous nos ennemis, et que nous avons le bonheur de jouir de la paix la plus désirable, nous tâchons de le combler de nos bienfaits : nuiis comme il y a déjà vingt-six bqs qu'il se voit expatrié, et éloigné de tout ce qu'il a de plus cher au momie, il nous a témoigné le grand désir qu'il aurai! de revoir sa patrie, et visiter ses chers
parents ; de plus il nous a supplié, en même temps,
que nous daignions lui accorder la permission d'emmener avec lui sa Femme et ses enfants, sur un vais-
seau marchand qui doit bientôt faire voile pour France.
Nous avons cru devoir acquiescer à une si juste demande : C'est pourquoi nous lui permettons de s'absenter trois ans, en comptant l'année qui court; c'est-à-dire depuis l'an 1819, jusqu'à l'an 1821. De plus il nous a prié très instamment que nous daignions lui permettre de charger, à son retour, un bâtiment qui apportera ici trois mille pièces de marchandises, et lui en pardonner tribut pour une fois seulement, afin de l'obliger encore plus à notre égard : or, nous rappelant sa grande assiduité à notre service, son attachement à notre personne et sa fidélité inviolable, durant tout le temps qu'il a été avec nous, nous avons voulu manifester notre libéralité et ajouter cette grâce à toutes celles que nous lui avons accordées jusqu'ici. De plus nous voulons lui accorder encore son appointement ordinaire, pour Tannée suivante, afin de faire voir combien nous estimons et sommes généreux envers les étrangers qui viennent de si loin pour se dévouer à notre service, et leur signifier qu'à quelque part qu'ils aillent, ou en quelque partie du monde qu'ils se trouvent, ils doivent sans cesse se souvenir que nous sommes toujours leur bon Roi, comme auparavant, sans jamais l'oublier, c'est par là qu'ils pourront correspondre à notre cœur plein d'amour et d'affection.
Gia-Long,
de noire règne l'an 18.
Je soussigné, certifie que la présente traduction est exacte et conforme en tout à l'original de l'écrit
donné par le Roi Gia-Long à M. Chaigneau, en foi de quoi je souscris.
f Jean*,
Évèque de Veren, vicaire apostolique de Cochinchine, de Cambodge et de Ciampa.
Pour copie, le Commissaire Général de la Marine à Bordeaux.
Auguste Bergerin
2e DIRECTION PORTS
Envoi d'une lettre du Ministre de la Marine à la Cochinchine .
Vm,
Bordeaux, le 25 avril 1820.
Monseigneur,
J'ai l'honneur de vous adresser une lettre du capitaine Rey, commandant le navire le Henny, arrivé depuis quelques jours de la Cochinchine, à laquelle est annexée une dépêche du mandarin chargé du département de la marine à la Cochinchine, pour votre Excellence.
Vous verrez avec plaisir, Monseigneur, le bon accueil que le Roi de la Cochinchine fait aux batimens français et combien ses dispositions sont heureuses pour le commerce puisqu'il a fait remise des droits de douane aux deux navires français qui y ont abordé en 1819.
Le capitaine llrv s'occupe de rédiger un mémoire
1. Jean La Bartette, du diocèse de Bayonne. parti en 177S «lu naire des Missions étrangères de Fans; fb août 1823.