‹ Mélanges d'histoire et de litérature religieuseChapitre 11 sur 115 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

ble, OÙ Ton pourra puiser en toute sûreté coii^me à des sources d'une érudition exacte, d'une pensée pénétrante et juste : nul plus que notre ami n'avait de répulsion pour Ta peu près et pour le paradoxe. Il avait plus de répulsion encore pour Péquivoque : sa pensée s'exprimait avec une candeur de sens et une limpidité d'expression sans réserve. On remarquera que cette clairvoyance et cette sincérité s'allient chez lui à une égale prudence. Jacques Thomas soumet les moindres de ses dires à un contrôle attentif, il se défie de l'imagination scientifique, il recommence à son compte les expériences d'autrui. Ses hésitations tiennent à sa conscience même de savant.

Nous aurions pu donner quelques notices de plus, certaines même qui avaient trait à des questions dont l'actualité n'a fait que grandir. Mais nous avons craint que telles ou telles de ces notices ne trahissent déjà trop leur date. En ces dernières années, le progrès des études scripturaires parmi les Catholiques a été rapide assez pour vieillir bien des opinions tenues un temps pour classiques. Les discussions théologiques provoquées par l'encyclique Providentissimus ont pré-

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ciséy dans son concept et dans ses applications^ la formule de l'inspiration des Livres Saints. On voit se former un courant distinct de l'harmonistique radicale qui nous dominait jusqu'ici. Un essor nouveau est donné aux études critiques d'histoire littéraire. Cependant certains systèmes critiques, où il était permis de voir plus d'hypothèses que de faits acquis, précisent eux aussi leurs données et séparent leurs certitudes et leurs conjectures. Il tend à se créer, entre le higher criticism et son contraire, une zone de science vraie, où les esprits qui ont de la méthode, des connaissances et de la loyauté se trouveront en lieu sûr et en bonne compagnie.

Nous avons la confiance que les essais par nous recueillis serviront ce mouvement de ralliement, sans laisser croire que telles étapes aujourd'hui dépassées étaient le terme. Us témoigneront mieux encore de ce que Jacques Thomas apportait à ce progrès collectif si nécessaire, et quelle perte l'enseignement catholique a faite en le perdant.

Pierre Batiffol,

Recteur de Tlnstitut catholique de Toulouse.

ET DE

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