I Cor.IX, 13; Rom. XIV
2. Elle réunit les deux principes sur lesquels repose sa doctrine morale : la liberté et la charité ëXevbeoto dirigée et mesurée àtà ne œyarnc….. Cfr. Gal. V, 13, I, cfr. IV, 31:.. I Cor. IX, 1, 195qq.
3. « Falsum enim dicere nihil licet, aliquando autem aliquid veri tacere utile est. » Saint Augustin, in Gal. IT, 6, faisant allusion à
les applique; dans la théorie que par l'interprétation qu'on leur donne. Plus elles sont simples, plus elles se prêtent aux explications diverses; les esprits droits et de bonne foi ne s’y trompent pas et trouvent dans leur largeur même lumière et direction ; mais les esprits sectaires et retors y cachent leurs idées et leurs systèmes. Le décret de Jérusalem est par excellence une de ces mesures simples, dictées par le bon sens, qu’il importait d'appliquer de bonne foi et plutôt selon l'esprit qu’à la rigueur de la lettre.
En effet, d’une part selon l'esprit, par voie de conséquence, la solution pratique impliquait cette vérité générale : On peut être sauvé sans la Loi. Il est clair encore que, soit par l'admission des Gentils dans l'Église, soit même par les réserves qu'on y apportait, on voulait l’union, la fusion des deux éléments, juif et gentil, dans l’Église, et non la division.
D'autre part, selon la lettre, ces principes n'étant pas directement formulés et le décret ne répondant qu’à la question précise du moment : doit-on admettre les Gentils sans la Loi? — il y avait une grave lacune au sujet des Juifs; et de cette lacune
ce que saint Paul avait dit dans ses rapports intimes avec les Apôtres, mais qu'il avait dû taire devant un auditoire incapable de le comprendre : sed aliqua tacuerat quod adhuc parvuli portare non poterant. »
on pouvait conclure non seulement que les Juifs demeuraient toujours tenus, eux, de pratiquer la Loi, mais encore qu’ils y étaient tenus pour être sauvés — ce qui eût été l'erreur judaïsante sous sa forme la plus grossière, — ou au moins que la pratique de cette obligation leur assurait une situation privilégiée, des avantages spirituels comme vrais fils d'Abraham, vrais héritiers des promesses; que par conséquent les Gentils convertis non soumis à la Loi étaient privés de ces avantages et que la lettre du décret, en leur imposant les obligations des prosélytes de la porte, les assimilait à ceux-c1 et leur assignait un rang inférieur analogue. Enfin, déduction plus subtile mais bien naturelle, et qui servira à intimider Pierre lui-même, on pouvait conclure que l’obligation de pratiquer la Loi, subsistant pour les Juifs, les empêchait de communiquer avec les Gentils, puisque la Loi le défend. C'était maintenir même dans l’Église la division entre Juifs et Gentils; on allait contre ce qui était visiblement l'esprit de la décision qui se proposait l’union en écartant de part et d'autre ce qui pouvait la troubler.
Bien plus, en méconnaissant son esprit, on violait par une voie détournée la lettre elle-même; car s'abstenir de communiquer avec les Gentils
convertis, c'était les tenir pour inférieurs, les re-
garder toujours comme des äpæprwotet par conséquent indirectement les obliger à la circoncision, comme saint Paul le dit quelque temps après à saint Pierre, quand celui-ci cesse de manger avec les Gentils : « Comment forces-tu les Gentils à judaïser 1? » On était ramené au point de départ. Dans tous les cas on maintenait le mur de séparation ; s’il n’était plus à la porte pour empêcher les Gentils d'entrer, il demeurait, chose non moins grave, dans l’intérieur de l’Église où seraient restés à jamais divisés, ne communiquant pas entre eux, les Juifs chrétiens et les Gentils chrétiens; c'en était fait de l’unité de l’Église, si les Juifs se croyaient toujours obligés à la Loi au point de vivre à part et de ne pas entrer en communion directe avec les Gentils. Et cependant le décret de Jérusalem, dans sa teneur, laissait la question intacte à ce point de vue : voilà pourquoi, il y aura encore, même dans l'Église, des judaïsants. Le débat renaîtra très vif, sous une forme nouvelle; mais de ce qu'il continue ‘on ne peut rien conclure contre l'existence de la réunion générale et de la décision, telles que nous le présentent les Actes.
1. Gal. IT, 14 : nc Ta ÉOvn àvayxaters ’Toudaiterv. — Ce que saint Pierre faisait, en cette occasion, par faiblesse, par inconséquence, comme nous le verrons ; les judaïsants, eux, le faisaient par principe.