‹ Mélanges d'histoire et de voyagesChapitre 54 sur 74 · Essai sur k pâli, p · texte numérisé non relu

Essai sur k pâli, p

2. Cf. Asiat. Researches, vol. XIII, CalcutU, 1820, p. 16U — Voyez sur tout W. de Humboldt : Uber die KawiSprache aufder Inel Java, t. II, i 1, etc.

dialectes plus populaires encore, rbindoustani, le bengali et les autres idiomes vulgaires de Tlndoustan, donc le système est beaucoup moins savant ^

Dans la région intermédiaire de Tlnde au Caucase, le zend, le pehlvi, le parsi * ou persan ancien, sont remplacés par le persan moderne. Or le zend, par exemple, avec ses mots longs et compliqués, son manque de prépositions et sa manière d'y suppléer au moyen de cas formés par flexions, représente une langue éminemment synthétique.

Dans la région du Caucase, Tarménien et le géorgien modernes succèdent à l'arménien et au géorgien antiques. En Europe, l'ancien slavon, le gothique, le nordique se retrouvent au-dossous des idiomes slaves et germaniques. Enfin, c'est de l'analyse du grec et du latin, soumis au travail de décomposition des siècles barbares, que sortent le grec moderne et les langues néo-latines.

Les langues sémitiques présentent une marche analogue. L'hébreu, leur type le plus ancien, montre une tendance marquée à accumuler l'expression des rapports, et souvent il les laisse dans Tindétermination. a Les Hébreux, semblables aux enfants^ dit Herder, veulent tout dire à la fois. Il leur suffit presque toujours d*un seul mot où il nous en faut cinq ou six. Chez nous, des monosyllabes inaccentués précèdent ou suivent en boi-

1. L'hindoustani, par exemple, n'a plus que six cas et deux nombres. Sa conjugaison est beaucoup moins riche que celle du sanscrit, et il n'a plus de flexions pour exprimer diverses relations, comme celle du comparatif.

± Le parsi est encore parlé par les Guèbres, maïs seulement entre eux; car pour tout l'usage vulgaire ils prennent la langue du pays où ils vivent.

aW MÉLâIIGBS D'HISTOIRE.

lanl l'idée principale; diei les Hébreux, ils s'y jo*gnent oomme proditiqne ou comme son final , et Tidée principale reste dans le centre, semblable à un roi puissant que ses serviteurs et ses valets entourent de près, formant avec lui un seul tout, lequel se produit spontanément dans une harmonie parfiûte * > . Or Thébreu disparaît à une époque reculée pour laisser domina seuls le chaldéen, le samaritain, le syriaque, le rabbinique, dialectes plus analysés, plus longs, plus clairs aussi quelquefois. Mais l'arabe, de son côté, est trop savant pour l'usage vulgaire de peuples illettrés. Les peuples conquis par les premiers khalifes ne peuvent en observer les flexions délicates et variées, le solécisme se multiplie et devient de droit commun, au grand scandale des grammairiens ; on y obvie en at>andonnant les flexions et en y suppléant par le mécanisme plus commode de la juxtaposition des mots. De là, à cAté de l'arabe littéral, qui devient le domaine exclusif des écoles, l'arabe vulgaire, d'un système beaucoup plus simple et moins riche en fcurmes grammaticales. Les notations de cas, l'expression des modes par les terminaisons du futur, l'usage de la voix passive pour chaque forme verbale, la distinction des genres dans plusieurs cînx>nstances, mille autres nuances ont disparu, et la langue sem* ble rentrer dans l'ancien cercle sémitique, au delà duquel elle avait fait, en sa forme savante, une si brillante excursion.

Les langues de l'extrême Orient présentent un phénomène analogue dans la superposition du chinois ancien et

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