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LA LIBERTE DE RENSEIGNEMENT

très-suffisante dans une seule université constituée sur le modèle que nous tracions tout àTheure. Mais que serait-ce quand la France posséderait sept ou huit corps enseignants, également complets, opposés les uns aux autres, nécessairement rivaux, et qui, avec le temps, arriveraient ;i représenter des doctrines et des méthodes différentes? C'est alors que vraiment les jeunes gens, les familles, pourraient choisir avec la plus entière liberté l'école qui leur convient. Chacune de ces universités aurait naturellement ses maîtrises particulières, ses excellences ; clmquc opinion élirait de préférence dans l'une d'elles son domicile, sa forteresse ; on ii*ait de l'une à l'autre, pour compléter les parties défectueuses de l'une par les parties excellentes de l'autre. Il s'établirait une concurrence pleines de fécondité. L'excellent usage qui existait au moyen âge et au xvi* siècle, qui existe encore en Allemagne, de faire passer successivement les jeunes gens par plusieurs universités, se rétablirait pour le plus grand bien des études. Ces divisions, en effet, remarquez-le, ne sont pas de celles qui rendent les citoyens ennemis les uns des autreS; étrangers les uns aux autres. Elles créent, au con train», des liens profonds, car elles n'ont qu'une seule cause, la recherche de la vérité; et au-dessous d'elles s'étend la base commune des institutions fraiiçaiseS| des gloires françaises, de l'esprit français.

Toutes ces vues sont trop loin d'une réalisation pour (]ue j'aborde deux ou trois graves objections de détail, en particuUer les mesures à prendre à l'égard de ces malheureuses facultés de province, dont le soit, dans toutes les hypothèses, est bien compromis, et la difficulté résultant de nos Écoles spéciales, École polytechnique, École

normale , dont Tei^istence est difficilement compatible arec une université véritable, puisque ces établissaments aoutirent à h faculté des lettres et à la faculté des seiesoea lenn auditeurs naturels. On résoudrait la plupart des diffieullés par ce principe que Tuniversité enseigne tout Tenaenable de la science tiiéorique, laissant aux écoles d'applîcaCioo, aux séminaires de toute aortjd, le soin de former des sujets eu vue d'une certaine pratique. Je n'ai voulu indiquer ici qu'une seule idée fondamentale» c'est queia liberté de renseignement supérieur ne consiste pas ëaos le droit pour le premier venu de pérorer à tout venant. Elle consiste en ce que le cadre des uuiversités soit assez large et assez flexible pour que toute idée sérieuse trouve moyen de s'y faire une place sans effort. Certes» je veux que les cours libres, soit isolés» soit réunis en groupes, aient le droit d'exister, si bon leur semble ; mais je pente que, à côté d'une Université organisée comme je disais tout à l'heure, de tels cours ne chercheraient guère à se constituer. Pourquoi louer une salle, faire des frais généraux, quand l'Ëtat, moyoïnant un minimum de garanties, vous offre lui-même ses salles, ses affiches» ses appariteurs ?

Et qu'on ne dise pas que c'est là une imitation de l'étranger. C'est le retour à nos propres méthodes, que nous avions désertées et que Tétianger plus sage que nous a gardées et développées. Je le répète, ce système n'est pas autre chose que celui de notre vieille Université du xiu® siècle , que le monde entiw a imitée. Ce qui caractérisait ce corps admirable, du temps de saint Louis, par exemple, c'est qu'il n'était point fermé. Les pnrfe»seurs ne constituaient pas un ordre à part» distinct des

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