‹ Mélanges d'histoire littéraire (volume 2)Chapitre 6 sur 91 · LXVIII CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

LXVIII CORRESPONDANCE

Coppetf ce 27 septembre 1808.

Vous ne vous lassez pas, Monsieur, de me secourir de vos richesses littéraires. J'ai parcouru la dissertation que vous m'avez envoyée ; j'en connais Fauteur, je suis même en correspondance avec lui ; c'est un de nos philologues les plus estimahles ; mais lorsqu'il a fait cet écrit, c'était un jeune homme qui voulait déhiter tout ce qu'il savait : c'est pourquoi il y a dans son écrit beaucoup de citations et peu de faits. Je soutiens contre lui Fopinion commune, qu'il n'y a point d'autre espèce de drame satyrique que celle que nous connaissons , et que les poètes comiques n'en ont jamais fait. Un drame satyrique était une pièce sur un sujet mythologique , avec un chœur de satyres et avec un mélange de plaisanterie. Appeler ainsi des pièces sans chœur et sur des sujets domestiques, c'est brouiller toutes les idées. Ce qui l'a induit en erreur, c'est qu'une pièce de Cratinus s'appelait les Satyres; mais cela ne prouve pas du tout que cette comédie fût un drame satyrique.

Je vous remercie du passage de Diodore sur Ëphialte ; il est fort important. Quant a celui de Lucien, je ne me le rappelle pas bien clairement, mais c'est un auteur trop postérieur pour avoir ime grande autorité. Je veux bien croire que de son tem|)s l'art théAtral était très-déchu, mais cela ne prouve rien contre le goût qui devait régner du temps de Phidias et de Polycléte. Barthélémy est bien peu profond sur l'ailicle du théâtre ; il donne une description toute fausse de la représentation à*Ajax et d'Antigone. Je n'ai pas encore entièrement achevé mes études du théâtre grec , mais, sous peu de jours, je vous renverrai tous vos livres bien empa(|uetés , avec mille remerciements.

Si nous passons l'hiver à Genève, comme il y a quelque apparence, il faudra bien vous préparer à être im|K)rtuné par mon empressement pour remplir dans votre conversation les lacunes de mes connaissanci^s. En attendant, agréez l'assurance de la considération distinguée avec laquelle j'ai l'honneur d'être, Monsieur,

Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

A. W. SCHLRGRL.

COARBSPONDANGE. LXIX

22 janvier 1809.

Peniicttez-moi, Monsieur, de vous appeler à mon secours, comme de coutume, pour lever quelques (telits doutes d'antiquités.

Dans quel temps a vécu Platonius , savant dont on trouve différents morceaux à la tète des éditions d'Aristophane?

Sait-on Tannée précise de la loi portée contre les personnalités dans Fancienne comédie ? Je ne la trouve ni dans Fabricius, ni dans Barthélémy.

Bnmck , dans sa table chronologique des comédies d'Aristophane , place les Aekames avant les Chevaliers de la façon suivante :

Olymp. LXXXVIII.

Anno 3. Archonte Euthydemo, Acharnenses.

Anno 4. Archonte Stratocle, Equités.

Cependant un passage des Acharnes , où il est question d*unc comédie contre Cléon, de Tannée suivante, se rapporte évidemment aux Chevaliers {Acham. v. 377 sq.). D'ailleurs, on nous dit que les Chevaliers furent la première pièce qu'Ai-istophane fit jouer sous son propre nom. Je ne trouve aucun éclaircissement dans Petitus, seulement qu'il a fait la correction d*Euthifdéme à la place iï Euthymètie^ dont le nom se trouve dans l'argument. Où gtt donc Terreur? Et eris mihi magnus Aimllo, Cependant, il ne faut point vous donner de peine pour cela , si Ja réponse ne vous tombe pas sous la main. Cest plutdt pour avoir un rapport d'étude avec vous, que pour Timportaiice de la chose que je vous le demande.

Auriez- vous par hasard l'original du moi*coau de Plutarque sur Ménandre et Aristophane à me prêter?

SCHLEGEL

Note de Favre annexée à cette lettre.

L'ancienne comédie se termine à la fm de la guerre du Péloponèse.

De b fin de la guerre du Péloponèse au temps d'Alexandre, c'est la comédie moyenne.

Voyez les Mémoires de TAcadémie des Inscriptions, t. XXX, p. 51 .

La pièce jouée précédemment, qu'Aristophane désigne Acharnes, v. 377 et seq., n'est pas les Chevaliers, mais les Dubyloniens, pièce où il y avait des traits contre Cléon. Cléon intenta une accusation contre le poëtc, cl Aristo-

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