‹ Mélanges d'histoire littéraire (volume 2)Chapitre 79 sur 91 · XVI. MISSALE AD USUM ECCLESLE GEBENNENSIS · texte numérisé non relu

XVI. MISSALE AD USUM ECCLESLE GEBENNENSIS

Après le calendrier (12 pages) on trouve un feuillet dont le verso présente une grande vignette. Le Missel commence par ces mots:

a Dominica prima adventus. In nomine sancte et individue trinitatis patris et filii et spiritus sancti Jncipit ordo missalis secundum usum cathedralis ecclesie dyocesis Gebenn.»

A la fin du 261"^ feuillet :

« Missale ad vsum Gebenn. dyocesis per magistrum Johannem Fabri impressum et accuratissime emendatum ad opus honorabil. vin Johannis de Stalle burgenn. gebenn. Explicit féliciter. Anno Dni. millesimo quadringentesimo nonagesimo primo, die vero ultima mensis Maii. »

In-folio — il deux colonnes — 8 feuillets préliminaires, 261 feuillets pour le corps de l'ouvrage — chi£fres et signatures.

Jean Fabri de Langres porta Timprimerie a Turin en 1474, et y travailla jusqu'en 1483. Une édition de 1490 et le Missel de 1491, portant le nom de cet imprimeur, sans indication de lieu, ont paru k Denis devoir être sortis des presses de Turin. Mais il est difficile de croire que Jean Fabri soit demeuré dans cette ville k la tête d'une imprimerie , sans que pendant huit années il n'ait publié aucun livre. Je crois plutôt qu'il avait quitté Turin, et qu'il fut appelé à Genève pour imprimer le Missel de 1491. Baulacre a déjà manifesté cette opinion. Les imprimeurs du quinzième siècle étaient très-errants , et abandonnaient souvent une ville après y avoir mis au jour un seul livre. Ainsi, de l'an 1485 à l'an 1498, Jacobino Suigo,

3iO LIVRES IMPRIMÉS A GENÈVE

successeur à Turin de Jean Fabri, imprima successivement h Verceil, à Chivasso, lu Turin, à Lyon et à Venise.

On faisait souvent venir dans une ville un imprimeur établi dans une autre pour imprimer un ouvrage. On voit, par exemple, que Tévéque de Ratisbonne appela de Bamberg, en 1487, Jean Sensenschmidt , pour imprimer un missel , seul livre qui ait été publié à Ratisbonne dans le quinzième siècle. Cet ar* tiste n'en imprima pas moins à Bamberg cette même année, ainsi que pendant les années qui la précédèrent et la suivirent. Je pense donc que Jacques Arnollet ayant quitté Genève, Jean Fabri vint dans cette ville pour imprimer le Missel sous les yeux de Jean de Stalle , qui l'avait corrigé. Ce livre, qui est de la plus grande rareté, n'est indiqué par aucun bibliographe. Il fait partie de la bibliothèque de Genève.

Jean Fabri Linganensiê ou Gallicus ne doit pas être confondu avec Jo. Fabri Alemannus qui imprima à Lyon et à Stockholm.

XVn. LE UVRE DES SEPT SAGES DE ROME.

A la fin :

« Sy finist le présent liure des Sept Sages de Romme Imprime a Geneue lan M. cccc. Ixxxxij. le xxiij jour de may. Deo gratias. »

Petit in-folio — caract. goth. — figures. «Édition fort rare, dit Brunet {Manuel^ t. IV, p. 259); elle commence par un titre séparé et contient 61 feuillets — signât. Ai-Kiii. »

BMoth. de l'Arsenal. Bell. Lettr. n"" 13009.— Cat. de la Bibl.du roi, Bell. Leitr. H, p. 11. — Denis, Suppl p. 334.

Voyez no» X, XV, XXI et XXVI.

Un autre roman, celui d'Olivier de Castille, imprimé à Genève, sans date , porte le nom de Louis Garbin , et Brunet affirme que ses caractères sont exactement les mêmes que ceux de la présente édition des Sept Sages (Voy. n** XXXI). C'est donc à cet imprimeur que cette dernière édition doit être attribuée.

1493. —No 1.

XVffl. CONSTITUTIONES SYNODALES DIŒCESIS GE- BENNENSIS, editae in SancU Synodo anno M*, cccc^. Ixxxxiij®. Et diebus vij. viij. et ix mensis maii.

Panzer, ÂnnaL Typogr. XI, page 322 , d'après Senebier. Ce livre, extrêmement rare, est à la bibliothèque de Genève. M. Senebier dit qu'il iîit publié in-folio et in-8®, mais les verjures et les pontuseaux du papier prouvent que notre exemplaire est véritablement in-4^. Il a été rogné dans la largeur jusqu'à entamer en plusieurs endroits la partie imprimée.

Ce livre commence par un chapitre intitulé : De vita et honestate elericorum. On lit après ce titre : a Item cum clerici qui ex eo potissime quod in Domini sortem sunt electi...» et la première lettre est une majuscule ornée d'une gravure en bois. C'est la seule de ce genre qu'il y ait dans le livre, et cela prouve que c'est bien le commencement du texte, mais la signature A. ij, qui est au bas de la première page, indique qu'il manque à cet exemplaire un feuillet préliminaire. L'ouvrage occupe quinze feuillets ; le verso du dernier est blanc. U est composé de 75 articles, dont les vingt derniers sont précédés de cette indication :

c( Sequuntur Constitutiones in hac sacra synodo addite.»

342 LIVRES IMPRUfSS A GENÈVE

On lit il la fin du volume :

Présentes Conslitutiones synodales (iiernnt édite in sancta synodo tenta in ecclesia cathedrali gebenn. de mandato atque expressa licentia Reverendissimi in Christo patri et dni dni Anthonii Championis episcopi el prin cipis Gebennensis ac Sabaudie cancellarii dignissimi Atque etiam p. R. P. d. Âmblardum GoyeU. juris utriusque doctorem, et canonicum ipsius ecdesie. vicarîum ge neralem in spiritualibus et temporalibus ipsorum ecclesie et

episeopatus auctori tate ordinaria specialiter deputatum. Ex consultaUone et deli-

beratione Reverendi in Christo patris et dni. d. episcopi

Claudiopolitani ejusdem Domini nostri suflraganei. Necnon reverendorum ac venerabilium dominorum

de Capitulo. To tiusque consilii epîscopalis Gebennarum in dicta sancta synodo

interessentium De Anno Dni M.® cccc.® Ixxxxiij.® Et diebus vij. viij et ix mensis

Maii. Ad laudem et gloriam onmipotentis Dei Amen. Expliciunt.

Antoine de Champion fut président du Sénat de Chambéry, puis évéque de Mondovi, et enfin évéque de Genève en 1491. Il prit possession de son siège après avoir vaincu k Chancy, dans une escarmouche, Charles de Seyssel qui le lui disputait, et il chercha à réformer les ordonnances ecclésiastiques en tenant un Synode, dont le Uvre qui nous occupe contient les résultats. Amblard Goyet, abbé de Filly, était vicaire général et les registres du Conseil lui donnent encore le titre de Juge des Appellatîons ^

Je reproduirai ici l'extrait que Senebier a donné de ces Constitutions :

* SpoD, niit. de Genève^ 1, p. 100. — Bcsson, Mém. tur l'Évéehé de Genève. - GrenuB, Fragments, p. 71.

(c Les Ecclésiastiques y sont peints comme menant une vie (c plus déréglée que les laïques. On leur reproche de s'habiller « avec des habits courts et fendus devant et derrière, de porter « des capuces, d'habiter des lieux suspects, de jouer, de « chasser, d'avoir des armes et des concubines. Nam quidam « ipsorum vestes et clamides brèves, troncatas et déformes, « ante et rétro fenditas, etiam colorum prohibitorum, cum « capuciis, more armigerorum, portant : et tabernas, stuphas, « convivia et loca suspecta, ludosque et coreas, mercantias et « venationes prohibitas fréquenter {lisez frequentare) non eru- « bescunt : nonnulli eorum etiam curam habentes animarum « ad ratiocinia pro receptis nobilium quas exercent se obligant c( et neglecta ipsa vocatione eorum in iis se implicant.

« Les blasphémateurs ecclésiastiques étaient condamnés li « dix sols, dont la moitié était applicable à la réparation du « pont du Rhône et l'autre moitié au dénonciateur.

« n y a des peines contre les parjures et à cette occasion <x TËvéque observe que cet article est ajouté parce qu'il y a de» « ecclésiastiques qui ne craignent pas de commettre ce crime.

« Il est défendu aux ecclésiastiques de négocier, de chasser, « d'avoir des chiens de chasse et anc^^iUs aves oui fakmes.

« On y trouve un excellent règlement qui ordonne aux ec- « clésiastiques de veiller li ce que les nourrices et les grandes « personnes ne fassent pas coucher leurs enfants dans leur ht c( avant l'âge d'un an, de peur de les étouffer, et cela sous c( peine d'excommunication *.»

* Jmumal de Genève^ 1701, WféTrier.

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