MANUSCRITS
Dans la bibliothèque royale de Turin on trouve le manuscrit K. il. 26 de Marins Philelfe» cité par Montfaucon, contenant un poème divisé en deux parties, qui a pour titre : Joannis Marii Philelphi ad illustrissimum atque inclytum principem Gullielmum Palœolo' gum Montisferrati Marchionem prœfatio in utrumque Mïnervœ Carmen.
Les premiers vers de la préface sont les suivants :
Nullitts ingenio salis aptam monns adivi Qui, Gallielme, tao nomine dlgna canam.
Après la préface suit l'argument de la première partie du Carmen MfnervaSf qui commence :
Bella YÎri quœ sunt olim insignita triumphis, Et flisas acies et déportât a trophœa Tune recitabo canens.
A la fin du manuscrit, fol. 61, on trouve un autre poème italien du même Marius Philelfe qui a pour titre : Ganzon Morale di Ma-rio Philelfo alV illustre ed inclito signor Guglielmo Palœologo, Marchese di Monfetrato, de le Laude Palladie,
Inclito. signorile, eccelso et taie
Ch* empi la Terra el' Ciel di meraviglia,
Qaanto spirto céleste in nom mortale, etc.
Sur le premier feuillet du manuscrit on voit les armes de la maison de Montferrat avec le nom de Marius Philelfe, en chiffre avec des caractères d'or.
Le manuscrit parait être écrit à la fin du quinzième siècle. (Note tirée des papiers d'Â. Lullin.)
Marti Philelphi Carmen de Laudihiis Agri Yeronensis ad Domititim Geor* gium Veronœ prœfectum.
Le même ouvrage se trouvait dans la Bibl. Saibante, n° 357, sous le titre de Verona, (Cf. Maffei, Veron. Illustr. t. II, p. i08. Tiraboschi,* t. VI, ii, p. 395.) C'est un poëme en trois chants et eu vers hexamètres. Il se trouve aussi dans le n° 8315 de la Bibliothèque impériale avec beaucoup d'autres pièces : l'Eloge de Georgi et de sa famille; — l'Histoire de Vérone, sa description et celle de ses environs; — Eloge des Vénitiens et de leur gouvernement.
Jo. Marii Philelphi arliiim et utriusque juris Doctoris, Equitis aurati et Poetœ lanreati^ ad clar. integ. q. Pont. Divi X'**^^ Petrum de Regalibus cardinal. B. M, primus Bucolicorum liber et in eum prœfatio ele-
giaca  la fin : Opus editum atictoris manu octavo idus maji
Bibliothèque impériale, n« 8368, in-4*, vél. 146 f. Trois livres d'Eglogues. Ce P. de Regalibus, auquel ce recueil est dédié, doit être Pierre Riario, créé cardinal en 1472 et mort en 1474. 'L'écriture est la même que celle de VAmyris. En tête de ce recueil on
lit cette épgramme d'un certain Domitius (Dom. Calderinus, commentateur de Martial, mort en 1477?) qui prouve que les poésies de Marius Philelfe n'étaient pas goûtées de tout le monde :
Hum Mœcenatein faciunt te munera, Petre,
Unius, et vates dextera larga fovet; Ecce Maroneam tentât novua auctor aveoam,
Et strepit ad lassos fistula raaca boves. Hic tibi Vergilius voluit nunc, Petre, videri :
Sed maie cum dictet carmiua, pastor erit.
/o. Marti Philelphi Laurentiados Carmen de faits oituque Laurentii de Medicis^ propria Philelphi manu scriptum a^ 1474.
Voy. A Catalog ofthe Harleian Coll. of manuscripts^ London 1759, in-f», n® 2522. — Dans les Carmina illustrium poetarum lial^um (Flor. 1719-26), t. VII, p. 168, on a publié un plan des huit livres de la Laurentiade, adressé par M. Philelfe à Laurent de Médicis,
sous ce titre : Af. Philelphi Tolentinatis ad urbis Florentiœ prtn-
cipem Laurentium Medicem Laurentiados argumenta. L'auteur témoigne qu'il espère beaucoup de la munificence de Laurent.
Jo. Marii Philelphi Poefnatum lihri, — Tigurini scriptus a» 1458.
Voy. A Cotai, of the HarU Coll. of manuscripts^ n« 2605. — J'ignore ce que contient ce manuscrit.
ilfarti Philelphi, A.etu. j. D. Equitis aur, et poetœ Laureati De communis vitœ continenti^i ad Xistum Robur, Pontif. Max.
c Di questo bellissimo codice autografo dall'autor dedicato al Pontefice Sisto IV, leggesi una esatissima descrizione alla p. 76 e
APPENDICE. 17â
seg. del Cotai. de'Cod. manoscntti délia famiglia Capilupi di Manlova del signor Ah. don Giov. Andres. » (Rosminî, Vita di F. Fil. t.III, p. 107, note.) Ce manuscrit parait provenir de la famille Ârrivabene, à Mantoue. Voy. Bettinelli, délie Leit. ed Art. Mantov. p. 43.
Un Orazione e alcune allre poésie Italiane e Latine.
Voy. Bandini, Cotai. Cod. Mss. Bibl. Laurent, vol. III, p. 799 et vol. V, p. 465. — Tiraboschi, t. IX, p. i27.
Cosmias, — Ad Mognanimum et Inclytum Cosmum Medicem Primotem Fhrentinumt Cosmiodos Carmen primutn.
Voy. Bibl. Med. Plut. 54, Cod. 43. — Mehus, Vit. Ambros. p. 376. — Fabroni, Vit. Comi Med. p. 172.— Rosmini, t. Ilï, p. 107. — Moreni, Bibl. délia TosconOj 1. 1, p. 370.
Elégies à la louange de Cosme de Médicis.
Voy. Bandini, CataL Codd. Lot. t. II, p. 159. — Tiraboschi, t. VI, II, p. 296.
Marti Philelphi prœfatio in opus hottidos ad sig, Malatestam (quem Martem appellat).
Voy. Bibl. Med. Plut. 91, Cod. 42. — Mehus, Vit. Ambr. p. 376. -^Rosmini, t. III, p. 108. — Il s'agit ici de Isotta degli Atti di Ritnini^ femme de Sig. Malatesta. Une autre Isotta Nogarola a été célébrée parTobia del Borgo. Voy. MafTei, Verona Illustr. t. II, lib. m, col. 105. Alïo, Scfiltor. Parmig. 1. 11, p. 197 et suiv.
I7i APPENDICE.
Un poëme sur les Travaux d'Hercule^ en seize livres.
N") 3^, ms. lat. de la bibliothèque de Modène. Le premier cahier manque; le second commence par ces vers :
Quod si Dostra neqait te flectere forte ruina,
et le poëme se termine par celui-ci :
Hercnlis bac similes possint committere votum.
Vient ensuite l'épigramme : In invidos et detractores; puis : Matii Phiîelphi manu proprta. Liber dano dntus ilL Herculi ^€stemt quarto kal, Junias, 4464. Cet ouvrage est à la louange d'Hercule !•* d'Est, duc de Ferrare, et successeur de Borso, en 1471 : récriture du manuscrit parait être la même que celle de YAmyris.
/. Marti Phiîelphi ad illustrissimum Borsium MiUinœ Ducem Marchionetnque Eslensem prœfalio in optis de Bellicis Artibus et Urbanis.
^0 23^, ms. lat. de la bibliothèque de Modène. 11 commence : « Majores nostros Graecos Latinosque in omni rerum génère disci* plinarumque perdoctos... > — Il finit : «... Et spécimen continentissimie ac liberalissimse tuœ vit^e enarrandum attinet. Tc).o?. > — Ouvrage en prose qui parait être une espèce d'histoire littéraire (?) où Marins passe en revue les principaux auteurs de l'antiquité.
Libro di Mes, Mario Phiklfo^ dottore, cavalière epoeta, chianialo Gly" cephila, e intitolato al nobile e getieroso giovane Guido Antonio /?gliuolo già del magnifko Guido Antonio de' Lambertini da Dologna.
Incomincia : « Proemio aU'opera chiamata Glycephila, nimpha Bolognese.» In fine : « Qui fînisce l'opéra ch. Glyc, N. Bol. intitolata al gen. giov. G. Â. de' L. e composta dal magnifico cavalière Mess. Mario Philelfo, ecc »
Manuscrit sur vélin, in-4<*, de la bibliothèque de Modène. « Tutta Topera non è che un romanzo conienente gli amori di Deifobo Lanibertini con detta Giycephila, il quali pero non ebbero il fine desiato, essendo staia la nympha maritata ad altro suggetto. Esso è in prosa composto : ma Tautore vi ha inscritte dentro quatro canzoni e due lettere, cioè proposta e riposta in due sonetti diffuse. ■ Quadrio, t. IV, p. 444.
M. Philelphi oratio de iis quœ in magisti'atu requiruntur, habita apnd tribunos plebis et senatum pùpuhimqiie Bononiemem.
A la fin : « Habita Rononise vi idus septembris i46i, et pridie illius diei est édita quam raptim.i (Cf. Bandini, Cotai. IH, col. 799- 806.)
Initlum Salyrœ in vulgm equitum, Literatorum Doctorumque faculiatum ofnnium, Comitumque Palatinorum et Poelarum laureatorum qnos patUe antè Impei^atar Federicus imignivit.
Manuscrit de la bibliothèque Saibante à Vérone. Cf. Maffei, Ver. IlL t. H, p. 108. — Tiraboschi, t. VI, ii, p. 253. — Il commence ainsi :
Thura litate Jovi, Pieriœ : spargantur ubique Laarea serta domi, decresoat lauros et omnia Porta coronetur festa, sine murmure, fronde. . Tempus adliuc, etc.. «
Quelques poésies conservées dans la bibliothèque de Saint-Augustin, à Turin.
< Del soggiorno del Filelfo in Torino abbiamo anche una pruova In alcune poésie, che ivi se ne conservano nella biblioteca di S. Agostino , scritte da quella città e quasi lutte a un certo Michèle Lucema, di cui già era quel codice. Due di esse hanno la data del «455 e del 1457.» Tiraboschi, t. VI, p. 1047, note.— Je n'ai pu avoir à Turin aucun renseignement sur ces poésies.
xvn.
AMYRIS.
Ce poème de Marius Philelfe, qui renferme une histoire vei'sifiik? de la prise de Constantinople par Mahomet II, et des brillants succès dont ce prince 6t suivre cette mémorable conquête, ne nous est parvenu que par un seul manuscrit que possède la bibliothèque publique de Genève. Ce manuscrit est resté pendant longtemps absolument inconnu, ainsi que cela est établi par une lettre du célèbre bibliothécaire du duc de Modène, Tiraboschi, adressée a Senebier ', et comme Tiraboschi lui-même Fa confirmé dans son Histoire de la Littérature italienne. Âmi Lullin avait rapporté ce manuscrit d'Italie, et dans une fête académique il avait prononcé une harangue latine sur VAmyris. Il en fit présent à la bibliothèque publique de Genève, où plus tard Senebier crut, en le mettant en lumière, être le premier auteur de sa découverte'. Son unicité depuis lors s'est chaque jour mieux constatée par les efforts inutiles faits dans toutes les bibliothèques, dltalie priucipalement, pour en trouver un autre exemplaire.
La date de la composition de ce poëme est aisée à établir au moyen des données positives que renferment soit le poëme luimême, soit V Élégie de Marins Phileife*, dans laquelle il énumère ses travaux. Dans cette dernière pièce Fauteur parle de son ouvrage sur la prise de Constantinople:
Romaque Tarcarum capta farore nova.
Son poëme était aloi*s divisé en trois chants; ù cette époque
* Senebier, Catalogue raisonné des Mss. de la ville et réjmbliqtÂe de Getiève, 1779, in-Ho, p. 236-245.
« T. Vï, p. n, p. 296, édit. Moden. 1776. ~> Senebier, Calalogite raisonné, p. 236-245. ^ Voy. page 156, vers 28.
APPENDICE. i77
Marius Philelfe n'avait pas encore quarante-cinq ans; puisqu'il dit positivement :
Nondom lustra noYem tenai . . .
C'était donc avant 1471 qu'il commença son poème, puisqu'il était né en 1426, à Constantinople ; je dis il commença, parce que ce poème n'a pas trois chants seulement, mais quatre. En effet, ce quatiième chant, dans lequel il est question du premier siège de Sculari par les Turcs, lequel est de l'an 1474, dut être composé postérieurement à cet événement.
D'autre part, Marius, dans ce poème, s'adresse à Galeas-Marie Sforce, duc de Milan, pour le conjurer de se mettre à la tête des princes chrétiens, et de contenir par une ligue, dont il serait l'âme et le chef, le flot envahissant de la domination turque. Or, Galeas- Marie fut assassiné le 26 décembre 1476, et comme il eût été fort ridicule d'appeler solennellement un mort à la mission de réunir la chrétienté, déchirée par ses discordes intestines, pour l'opposer tout entière aux armées de Mahomet, il faut en conclure que le quatrième chant est antérieur ù cette date de 1476.
Et maintenant il faut observer que Scutari fut de nouveau assiégé parles troupes de Mahomet H en 1478 et abandonné ù ce prince en 1479, par le traité de paix qui fut conclu le 26 janvier de cette année à Constantinople, entre le sultan et les Vénitiens, par l'entremise du secrétaire d'Etat de Venise, Jean Dario. Si l'achèvement du quatrième chant était postérieur à cet événement, il y serait fait vraisemblablement allusion par le poète, à propos du premier siège ; mais on ne trouve dans le quatrième chant aucune allusion de ce genre : il résulte au contraire de la manière dont Philelfe parle de la levée du siège comme d'un acte de simple justice de la part de la Divinité, qu'à l'époque où il écrivait Scutari n'était pas encore tombé définitivement au pouvoir des Turcs, et ce qui achève de le prouver, c'est que dans le livre I on trouve, dans le discours où Bellone énumère à Mahomet toutes ses conquêtes futures, une allusion qui ne permet à cet égard aucun doute ; en effet , on y lit les vers suivants (Lib. 1, v. 717-719) :
Tu desine velle
Quœ tibi fata negant : Scotarim, me consule, mitte, Quod saaoum tibi fata negant
De plus, le séjour que fit Marius Philelfe dans la ville d'Ancône, va de 1471 à 1476. Il est donc très-vraisemblable que ce fut pendant la durée de ce séjour dans la ville où demeurait Othman Lillo, à la
prière duquel il écrivit son poëme, que Marias Philelfe dut l'achever.
Enfin, il est une dernière preuve, qui me paraît trancher la question dans le même sens que je viens de le faire à l'aide des diverses déductions exposées ci-dessus : c'est que, dans le prologue de VAmyris^ Othman Lillo, en parlant de Marins Philelfe, dit : c Annos jam natum quinqtiagtnta. > Marius avait donc cinquante ans au moment où son poème venait sans doute d'être terminé, puisque Othman Lillo écrivait la lettre à Mahomet par laquelle il annonçait et expliquait au sultan le présent qu'il venait lui remettre. Or ce fut précisément en i476 que Marius Philelfe atteignit sa cinquantième année.
Le manuscrit de la bibliothèque de Genève est sur vélin, petit in-i"" ; ce qui augmente encore son prix, c'est qu'il paraît être tout entier de la main de l'auteur. Telle est en effet l'opinion de Senebier, qui fait observer que l'écriture ne porte point le caractère maniéré des copistes de l'époque, mais qu'elle offre seulement des lettres cursives formées rapidement et à main levée. D'ailleurs, répigramme de six vers, adressée au lecteur par l'auteur, et qui termine le poème, ne peut laisser aucun doute à cet égard ; elle est aussi explicite que possible.
Les armoiries qu*on voit en tête de ce manuscrit sont un écu d'azur à trois quinte-feuilles de gueules, deux et un, au chef cousu d'azur, à trois fleurs de lis d'argent, brisées d'un lambel à quatre pendants de-gueules, surmonté d'un timbre fermé et de profil, couvert de lambrequins d'azur et de gueules, et pour cimier un griffon de sable, langueté de gueules, membre et armé d'une quinte-feuille de gueules.
Senebier faitobserverà ce sujet que les armoiries des Philelfes paraissent être différentes de celles dont on vient de lire la description : on en voit sur un autre manuscrit des ouvrages de Fr. Philelfe, qui sont d'azur, à une aile d'aigle éployée d'or; ailleurs on les voit unies à celles des Médicis; dans d'autres manuscrits elles varient encore, mais cela a peu d'importance, car on sait que François Philelfe, père de Marius, les changeait assez fréquemment.
L'importance de ce manuscrit, qui n'a jamais été publié, m'engage à en donner une analyse aussi exacte que possible, et qui soit de nature à remplacer une publication entière du poème, que rendraient oiseuse la longueur démesurée de l'ouvrage et son peu de valeur au point de vue littéraire. Afin de mieux atteindre mon but, j'entremêlerai cependant cette analyse d'assez nombreuses citations que j'emprunterai spécialement, d'un côté aux passages qui peuvent le mieux donner une idée suflisante du style de Phi-
ielfedans ses morceaux de poésie déclamatoire, de Tautre aux narrations qui reçoivent une certaine valeur au point de vue historique de la circonstance, que le poème de VAmyris concorde très-bien, pour Texactitude des faits cités, avec les témoignages fournis par les historiens de l'époque. Il est facile de s'en convaincre par une comparaison minutieuse, mais qu'il serait fastidieux de suivre ici dans tous ses détails, avec les historiens qui ont pour sujet la prise de Ck)nstantinop]e, en particulier avec les ouvrages de Leuuclavius et de Chalcondylas.
Je dirai seulement ici que les principaux faits que nous apprend le poème de Philelfe sont les suivants :
i^ Mahomet, quoi qu'on en ait pensé jusqu'à présent d'après des témoignages peut-être un peu obscurs de divers écrivains S n'entendait
< Une note de Villoison (Notices des Mss. de la Bihl. Imp. t. VIII, part, ir, p. 32) exprime Topinion soÎTante : • Les Turcs ne s'amasaieut guère à lire les OttYrages latins ; j'en excepte Mahomet II qui, au rapport de Nicolas Sagundinos, natif de l'Eubée, dit {in oratione ad Sereniss. Principem et invictissimum Regem Âragonutn Alphonsum, Neapoli, uliimd Januarii 445S^ depersonà Teucri [lUahometit II] et ejus nalurà, morihus^ intellectu et sapientid) : » In tôt tantarumque rerum perenni, ut ita dicam, ministratione, etiam literis « et philosophiie operam dare conatur. Habet apud se virum in philosophia doc- « tissimum, lingua Arabem, qui quotidiè certo tempore principem adeundi et m aliquid anditu diguum sibi legendi potestatem babet. Tenet prœtereà duos me-
• dicos quorum nnus latine, alter Grœcè est eruditus. His familiarissimè utitur,
• eorumque dictatn veteris historiée cognitionem habere voluit, • — Le savant Ab. Andrès (page 18 de sa Lettera al S. Ab. Giac. Morelli soprà alcuni codici délia BibL Capitolari di Novara e di Vercelli, Parma 1 802,8°) cite ce passage d'après un ms. de Novara, et il aurait pu ajouter que ce même discours se trouve aussi dans un ms. latin coté 4S04, n» 39, et indiqué p. 544, col. 1, t. III du Catalogus CodicumMê.Bibliothecœregiœ,» — Voy. De laprinse de Constantinople, dans la Colleet, de Chroniques, par Bnchon, t. XIII, p. 332.
Paal Jove contient, sur le même sujet, le passage suivant {Elog. Viror. bel-
licor. virt. ilhutr. lib. III) : « Cœterum Mahomet banc saltem con-
fessione omnium certam laudem a barbaris repudiatam non insulse tulisse exîstimatur, quod ei literarum et prœcellentium artium decus cordi fuerit; qnando cuuctas darissimarum gentium historias sibi verti in Turcicam linguam juberet, ut inde haustis militiœ prœceptis actionum suarum disciplinam exemplorum varietate confirmaret, et prœclaros artifices pictoresque prœscrtim insigni liberalitate complecteretur. Nam et commentaria rerum ab ipso gestarum a liberto ejus Vicentino conscripta legimus, veraque ejus imagine sumus potiti, quam Gentilis Bellinus a Venetiis Byzantium evocatus pinxerat, quum ibi regiam multis tabulis rerum novarum ad oblectationem jucundissimam refersisset. > -« Voy. Guillet, Hist. de Mahomet 11^ liv. I^p. 17.— Maimbourg, Bist, du Schisme des Grecs, Ht. VI, p. 280. — Phranxes, I, 33. — L'esclave vicentin, cité par P.
pas la languie latine et n'était guère soucieux de s'instruire dans les sciences du temps ; du moins Othman Lillo ne craint pas de rinsinuer fort clairement dans la préface adressée à ce prince ; et certes il n'aurait pas, même d'une manière indirecte, parlé à Mahomet II du besoin où il se trouvait de se faire rendre compte des ouvrages en langue latine par des intei*prètes, s'il y avait eu pour lui à cet égard l'ombre d'un doute. Cependant il est à noter qu'un passage du poème de Philelfe semble impliquer que Mahomet connaissait l'histoire, tout au moins celle de l'antiquité, et confirme ainsi le dire de Paul Jove. En effet, dans le chant II, en racontant la prise de Gonstantinople, Philelfe dit que l'idée de transporter par terre des galères dans le golfe de Ceratinum fut suggérée au sultan par l'opération analogue que Xerxès exécuta au travers de l'isthme du mont Athos ' ; mais ce peut aussi n'être qu'une supposition du poète sans réalité historique absolue.
^"^ Philelfe attribue la prise de Gonstantinople aux divisions qui régnaient alors parmi les Grecs, à leur mauvaise défense, et principalement à leur fausse sécurité.
d^" Il dit positivement que Mahomet II fit transporter par terre ses galères dans le golfe de Geratinum.
4* On y trouve peinte, à plusieui*s reprises, la terrible frayeur que causaient alors ù l'Italie les conquêtes de Mahomet, ses flottes et ses armées.
5^ Enfin, on apprend par YAmyrts un fait de détail qui ne se retrouve pas dans les historiens qui se sont occupés des conquêtes des Turcs à cette époque : je veux parler de la destruction de Moncastro ou Bialogorod, dans la Bessarabie ; cette ville fut abandonnée et brûlée par ses habitants à l'approche de Mahomet ; les historiens se taisent complètement sur ce fait, quoique pour tout le reste ils soient parfaitement d'accord avec VAmyrïs *.
Jove, est Jean-Marie Angiolello. — Voy. Bayle, Diet. art. Angiolello. -^ Tiraboschi. — Angiol. Gabriele di Santa Maria, Scrittori Vicentini, t. III, part. 2^*, p. 1-8. — Sar Gentile Bellino, voy. Tiraboschi, Stor. délia Letterat. — Lann, Storia pittor. liai.
* Omnia mente
Cogitât infhicta Mahomettus, qaodque ferebant
Historié in Persas cum magnis viribus esset
Velificatus Atbos (AmyriSy lib. II, v. 971 et seq.)
« Voy. Guillet, t. H, p. 271. — Annales Turciei latine redditi a Leunclavio p. 332. — Laouic. Chalcond. lib. IX, p. 268. - Ducas, p. 104.
Le titre même du poème, Amyris^ vient du mol arabe éjnir (seigneur), ainsi que Tobserve Senebier, d'après Ami LuUin, premier possesseur du manuscrit dont nous nous occupons* Amyrasj dans ce poème, est un titre fréquemment donné à Mahomet. On lit dans les Adages d'Erasme (p. 494) : c AfxvçA; fiahtrony alleg'oria proverbialis ubi quis sub insanare prsetextu, rébus suis consulit ac sibi cavet '.•
Le prologue du poëme est en prose, et nous apprend dans quelles circonstances il fut composé.
Je donnerai du reste au lecteur ce prologue tout entier; il est adressé à Mahomet par Othman Lillo, d'Ancône. Lillo lui rappelle l'attachement dont la famille des Ferducci, ses ancêtres, a toujours fait profession pour la maison de Mahomet, et la faveur dont Lillo Ferducci avait joui auprès de son père Amurat ; ce Ferducci, père d'Othman, après avoir exercé pendant vingt-quatre ans le commerce à Gallipoli, n'avait obtenu d'Amurat la permission de faire on voyage dans sa patrie qu'à la condition de revenir se fixer avec sa famille à Gallipoli, et le nom d'Othman que portait son fils était un témoignage de cette faveur et de cette promesse qu'il n'avait pu cependant réaliser. Après la mort d'Amurat et de Ferducci, les bons souvenirs ne s'effacèrent pas entre les deux maisons, puisque Mahomet II rendit la liberté, lors de la prise de Gonstantinople, à Ange Boldoni, gendre de Ferducci *. Othman Lillo Ferducci témoigne au sultan toute sa reconnaissance pour ce service, lui assure que dès ce moment il lui est entièrement dévoué, et qu'à défaut d'auti*e moyen de lui prouver ses sentiments d'affection et de gratitude, il a pris la résolution de faire passer à la postérité ses conquêtes et ses victoires, en les faisant célébrer par un poète : il lui offre donc le poème écrit à son honneur par son ami Manus Philelfe, et autant qu'on en peut juger par quelques passages, il parait l'avoir porté lui-même au sultan, à Gonstantinople.
Voici le texte complet de ce prologue, dont je viens de donner l'analyse succincte :
« Senebier, Catal. des Ms, de la bibl. de Genève, 1. 1.
■ L'histoire de la captivité et de la faveur d'Ange Boldoni est racontée par Ferretti, et d'après lai par Giuliano Saracini. {Notizie Istor. d'Àncona, p. 265, 266.) A. Boldoni fat consul d*Ancône à Gonstantinople, et en 1474 il fut choisi ponr oonelare une alliance entre Ancône, Camerino et Ascoli (Saracini, ib. p. 268, 277.)
Ad illtistrissimum et invictimmum Turcorum Amyram Othman Lillm Anconïlanitë prœfationem in Amyridos codicem misiL
Vêtus est Ferduccîis, majoribus meis, cum praestantissima familia tua, ô Mahomette, rex optime ac imperator invictissime, pietatis ac fidei vinculum, à quibus ego degeneraturus sum nusquam. Nam ut silentio prœteream reliquos, Lîllus Ferduccius, pater meus integerrimus, apud Amorattim clarissimum patrem tuum, incredibili valuit et auctoritate et gratia. Fuît enim ab ineuntibus suis, ut ità dixerim, aunis Gallipoli ea cum omnium procerum benevolentia, mercatorum fide, princîpis aequissimi favore, ut in hune usquediem nulla rubigo vetustatis e Cailipolitanorum mentibus deleverit ejus nomen. Egit autem tuo în regno, maxima cum omnium laude, annos circiter quatuor et viginti. Pra^ter fidem vero et integritatem, qua mercatorum omni generi jucundissimus et communissimus erat, quam carus et utilis foret tuœ patrise hinc liquet, quod et multas et amplas ei causas tuus felicissimus ille genitor committebat, ac ipsius a)que fidebat industriaî, probitati atque fidei, ac si ex suis alumnis alter esset. At Saragias pra^ses provincise, tuo fortissimo genitori tam gratus, quanti faciebat hune Lillum! Quantîs eum laudibus extollebant singuli, qui tuis urbibus regendis gubernandisque prscficercntur ! Ex juniore qualis ille profectus est, jam natu major tua in regione diUor eiïectus cunctorum benevolentia, domum sibi peregregiam Gallipoli comparavit ea mente ut non esset urbes tuas unquam deserturus. Delegerat enim Turcorum principes, quos tanquam numina et coleret in terris et veneraretur, tantam in tuis majoribus justitiam, humanitatem magnificentiamque videbat. Sed demum in patriam revocatur a suis, et assiduis precibus accersitus redire cogitur. At non id priùs constituit facere quam bona liceret Amorattis sui régis venia. Solum enim hune sibi proposuerat, et principem cui parère vellet, et ducero atque consulem cogitationum suarum omnium, quem audiret sequereturque continue, cujus injussu nihil meditaretur, nihil exsequeretur. Quare cum hune dominum de suo consuluit reditu, nedum est dissuasus, verumetiam Anconam prohibilus regredi, tam erat praestantissîmo patri tuo et acceptus et jucundus ipse Lillus. Verum cum rursus îterumque ab agnatis, cognatis, affinibusque suis revocaretur in patriam, idemque ipse crebrius facillimum et perbenignum principem obsecraret liceret sibi, vix demum exoravit; sed ea quidem lege, ut aut rediret non multô post, aut assiduas de sua valetudine
lUteras mitteret. Ad haec autem, si jungeretur uxori, Tamiliae regîse nomen primo daret quem habiturus esset ex conjuge filium. Promisii omnia Lillus, et reditunim se, nisi coactus patriam nequiret desUtuere, et scripturum interea semper, et primogenitum marem Othman esse vocaturum. Domuiu vero, quam amplissimam et pêne regiam habebat Gallipoli, Theodoro commandavit cuidam Grseco, cui per id temporîs ejus urbis încolae non mediocris adhiberi solebat fides, ea mente ut continuo reverteretur Gallipolim. Ât cum nequiverit soorum sententiis et voluntatibus refragari, quorum singiilorum consiliis, ut nuberet, îuvitabatur, maritali tandem astringitur vinculo, nec facile potest, ut solutus valuisset, deserere domum patriam : sed ea tamen in spe perseverabat, ut cum liceutiùs posset, rediret ad tuos. Quae duo fuerant caetera quae promiserat, et scribebat assidue» dominumque ne moleste ferret moram suam precabatur; et natum me sibi filium Othman jussit proprio dici nomine. Misit autem Laurentum Ferduccîum Anconitanum civem industrium» qui sua gereret Gallipoli ac in universa tua ditione negoUa. At cum non multo post hic, arbitratus se commodius rem nostram agere, domum a pâtre meo quaesitam vendidisset eidem quem dixi Theodoro, non potuit Lillus id non impatientissime ferre: non enim faciebat minons habere quidquam in Teucrorum regno, quam quidquid Anconae quaesivisset. Interea temporis et tuus ille infracto animo, summaque virtute pater Amorattis, o rex invictissiflie Mahomette, luce vital! functus est, et Lillus diem supremum obiit ; quumque hic, quamdiù vixit, nihil avidius concupivit quam apud Turcos vivere, nihil nobis majore persuasit opéra, quam ut in tenenda vestrae majestatis gratia suam imitaremur industriam. Sed non prius ex bac mortalium digressus est vita, quam varios foilunae sit expertus ictus, et in utramque partem vario jactatus ab ea ductu. Nam et ob suam soUertiam fidemque singularem atque probitatem, quas opes cum tuis sibi majoribus comparaverat, auxit atque nobilitavit, et bellisdemum in Italia circumquaque conflantibus, aliisque calamitatum gradibus compulsus est, deteriorem suam rem eflicere, ut
Passîbns ambîguis Fortuna volabilis errât. Et manet in duIIo certa tenaxque loco.
Postquam fato functus est Lillus pater meus, ego, qui ob nominîs Othman quo sum insignitus prdestantiam, nativo quasi munere tuo videbar deditissimus generi, cuique fatali quodam sidère spes optima semper atque maxima ex Turcorum fuit regibus, decrevî con-
linuo ad tuam excellenliani advolare, quodque nunc sum demtim prosecutus, ejus me Lîlli filium declarare, qui tanta et observantia fuisset in tuos et fide. Nam et post felîcissirni patris tui fata innovatum est meîs afBnibus etiam cum tua majestate priscae benevolentiae vinculum. Angélus enim Boldonus, cui soror mea jam nupserat, cuique navis esset suis et nostris onusta rébus et pulcherrima et opulentîssima , in Constantinopolitano excidio captivus factus est, et statini, quod Lîlli diceretur fuisse gêner, tua munificentîa et libertate donatus est, et rébus omnibus quae sibi fuissent communes cum nostris. Eo magis atque magis sum et incensus et inflammatus incomparabili desiderio praesentem me tibi dedicandi, dicendique : Ecce tuum servulum Othman Lilli Ferduccii iilium, Imperator invictissime. Sed urgebat angustia rei famiiiaris, cogebatque compotem non esse mei. Nam et qua3 ad quinque ac viginti millia nummorum aureorum emerat pater meus praedia» mutata fortuna vix decem millibus obligarat pignora, et in tantam estsobolem dilatata domusnostra, numerum prsesertim fœminarum maximum, ut quo me volverem, qui major natu guberno reliquos, haud satis interdum aceiperem. Quid enim in tanta fortunse varietate mihi proponerem spci ? Unde in pessimis hodiernorum hominum moribus communique populorum avaritia auxilium implora* rem? In quo mihi in uni versa Italia principe, in quacivitate salutem mihi paratam fidemque propositam existimarem ? Nam praeter affines, praeter necessarios et propinquos meos, qui sunt Ânconae atque in universo fere Agro Piceno infiniti, ex mea familia Lilltque reliquiis exstant très et triginta viri fœminaeque. Generos sileo nobilissimos, sororios generosissimos. At urbs quidem hsec omnis sine spe melioris fortunae in re nostra nobis est constituta, ut non meliore sorte, sed meliore certe animo cogar ad te ire, princeps invictissime, non quod non idem jamdudum constituissem a teneris fere unguibus, sed quoniam quum tempus expectarem quo elegantior ad te irem, ejusque Lilli similis qui tam carus erat felicissimo patri tuo, videamque non modo non adesse, sed abesse longius, decrevenm aliquando potins vel sero egenum ad te ire quam nunquam divitem. Tu enim, Imperator Mahomette cunctorum maxime, ut es non iniquus omnium rerum arbiter, ita mentem rimabere , mearo rem non spectabis. Scis enim fortunae quae dicunlur bona praesertim in privatorum manibus nunquam esse perpétua, facillimeque hue et illuc commutari, ut quem dies vidit veniens superbum, hune dies vidit fugiens jacentem. Mens enim nostra, quœ potest et constans et immutabilis esse, a tam sapienti principe considerari solet
in viro, ut inleiligatur quis sit quaiuique censendus. Re igitur vel détériore faeta, fortuna patris mei doinuni totam conquassante, mens est ea in te mihi, ut non alium ducam in terris Mahomettum Teucrorum principem felicîssimum, ac serenissimum sidus quoddam, cujus luce, ductu atque gubernaculis quod superest mihi vitœ ducam, modérer et compensem. Tanta enim sum erga tuam majestatem pietate, fide, atque devotione, ut a tua videatur pendere sainte salus mea, cum tua sit incolumitate incolumitas conjuncta mea. Nam et pra^ter antiquam meorum in tuos teque observantiam, cur te et colam et vénérer, accesserunt non parva? quidem rationes, quibus tuo nomini semper afiiciar vehementius. Quis est enim tam saxeus, fcrreus atque plumbeus, quis adeo obtuso pectore, qui cum de te tuisque rébus tam singulari cum laude gestis quidquani audit vero dici, non rapiatur desiderio videndi tui, non feratur in prseceps aviditate se tibi devovendi, non flagrat incredibili quodam in te studio? Nam sive quas gessisti res bello, nulH non modo perfectas sed ne cogitatas quidem antea, discurramus, seu quae pace ministras, nemo te uno fortior atque animo major inveniri possit ferro, nemo juslior et magnificentior toga. Quare cum ad te quoque venturus essem, nec ignorarem Persarum morem vetustissiroum doctissimorum omnium judicio comprobari, ut qui ad suum accederet regem, munus afferret quo indicaretur mentis fides, com rem ampliorem aiferre non possem, eam certe attuH, quam tibi omni thesauro cariorem fore non dubitarim. Quod si ut Ârtaxerxes ab homine rustico, qui nil aliud potuisset, quam optima mente ex propinquo fonte undam attulit, et accepit jucundissime, et avidissime bibit; quam tu jucundius accipies hune de tuis laudibus codiœm exaratum, avidiusque percurres, cum otii fuerit quidpiam, res egregie, magnifiée, strenue, summaque cum virtute abs te gestas, mentemque meam interpretabere fidelissimam, quae procuret im> mortalitatis tuse possessionem non vulgarem. Nam cum audirem assidue tôt ac tantis te laudibus extolii (nequeunt enim vel inviti non hostes de rébus ab hoste cum laude gestis magnifiée loqui) nominisque tui glorise jamdudum dicatissimus essem, cogitavi qua re tibi gratificari magis possem. Tibi régna sunt in Asiâ et Europa quam plurima : thésaurus antehac inauditus, quem neque Grœsus unquam possedisset, nec Midas : omnis gaza tam exceliens, ut non fuerit audila vel iecta prius. Sed pertinet ad te, princeps optime, immortalitatem nominis ita posteris et tuis et reliquis commendare ut nunquam deleatur. Id nisi doctrina fiat eloquentiaque scriptorum, vngatur hominis fama: stabile vero fumumque domicilium
nulium habet. Quain autem conducat tibi tuas res summa cum virtute gestas, codicibus historicorum et poetarum celebrari, Caesaris testimonium accipe, qui ex iEneadum ortus génère te suae familial successorem voluit non indignum suo et nomine, et titulo, et meritis. Nam ne suarum rerum deesset aliquando recitator, suos ipse conimentarios edidit. Quanto sit autem et is Caesar, et Âlexander, et Cyrus scriptorum nobilitatus praîstantîa, ha?c est non vulgarîs conjectura, quod eorum fama jam prideni esset extîncta, sublatis lis codicibus iatinis atque graecis, quorum beneficio sunt nunquam înterituri.
Vivas tu quidem utinam diù superesque Nestoris annos! at denique moriturus, si nihil de te scriptum extilerit, quam famse posteritatem reliqueris, quam in hoc saeculo gloriam, quas laudes tuis posteris imitandas? Ad superos, dixeris, modo perducar, nihil sum appetiturus. Al quid in hoc orbe laborasti? Quid die noctuque procurasti rerum gestarum meritis tibi apud omne hominum genus gloriam immortalem comparare? Haec ego cogiians virum inveni» cum quo mihi summa est et benevolentia et familiaritas, qui communi doctissimorum omnium sententia summo est ingenio et eruditione admodum rara, quique ex tua ista nova Roma natus est, uobilissimo Chrysolora; génère, Marium Philelphum, artium etjuris utriusque doctorem, equilem auratum acpoetam laureatum, annos jam natum quinquaginta. Hune et rogavi et pluribus tandem induxi precibus, qui res hactenus abs te strenue gestas immortalilati committeret litterarum. Exaratum denique hac de re codicem versuum circa quatuor millium quadringenlorum, ad tuam deluli msgeslatem, quem, cum otii nonnihil dabitur, percurras, ac eorum gaudeas interpretum relatione de te dictis disertissime, qui et Latina tenent et Grasca et apud omnes vivunt opulentissime. Ocius hue non ivi, quonîam non antea potuissem hoc afierre. donum. Nunc erga te meam et fidem et devotionem non improba, princeps invictissime; quin imo meas omnes miseratus calamitates ea humanitate carissimum excipe, qua felicissimus Amorattis pater tuus optimum fidelissimumque servulum Lillum Ferduccium excepit patrem meum, nec frustra me velis Olhman, quod tuo et antiquissimo et clarissimo ex Phrygibus est generi agnomentum, appellari proprio a cunabulis nomine. huer eos me connumera, quibus et uti potes, ut libet, et quoniam tuae sunt majestati deditissimi, aflliceris plurimum, favesque mirifice. Nec idcirco id quidem esse dictum exislimalo, princeps clarissime, ut aliud ob hoc munusculum referri mihi postulem, quam ut apud celsitudinem tuam gi*atia va-
leam meque diligas. Id si tandem assequar, maximum mearum me vîgiliarum omnium in te observaudo, colendo, venerandoque fuisse consecutum offîcium arbitrabor, nec minorem adscribam mihi gloriam, quam si quem et grandem et perornatum thesaurum acquisiverim. Quid enim vel auctoritatis, vel divitiarum, vel honorum déesse potest, ubi tua sim exornatus raunitusque gratia?Semper fuimus tui» qui ex Ferducciorum familia sumus, semper tuo nomini dicatissimi, semper tu% gloriœ avidissimi. Quotiens Liilus pater meus observantissimus tuœ laudis redimebat ex diversis nationibus Tureos tibi subditos per id temporis, quo fruebatur hac luce praestantissimus Amorattis pater tuus felicissimus, eosque Anconitanis cum navibus in tuam ditionem remiitebat? Nam qui ab Hunnis Pannonibusque captivi vendebaniur, quos servire scirel audiretve Liilus , eos continuo servitutis jugo sua vel grandi cum pecunia liberabat, libertateque donatos in patriam suo sumptu,non parvaque impensa remitti reducique procurabat, nec piius ea in re mens ejus quiescebat, quam suo nomine Amoratti régi désignâtes et condonatos certo accepisset. Nec id semel aut rursus factum est, sed tam quidem ssepe, ut nonnunquam sine maximo discrimine fieri non posset à Lillo, quippe qui ab invidis malevolisque accusabatur Christianorum hostes»* a quo qui poterani facillime Christiani perfici, reducerentur ad Tureos. Sed ea is erat in tuos omnes pietate, ut vel cum omni sui capitis periculo nihil decrevisset omittere, quod ad Turcorum, quibus supra modum affîciebatur, decus attineret ; ita quidem ut quicunque tuus in eas urbes quoquo pacto vel pervenisset» vel compulsus ésset, in quibus Liilus esset, non posset quidquam dubitare, nec existimare sibi deficere posse aliquid. Magna fuit certe pater ille meus in amanda venerandaque familia Turcorum regum observantia et fide, nec ullum praetermisit officiorum genus quod in se esset. Sed ego in te, princeps invictissime, omni cultu venerationeque prosequendo non cesserim ipsi patri Lillo, nec in donis profecto ad suum regem mittendis aut afTerendis. Nam caetera quseque mortalia sunt et perilura : pecunise deseruntur hominum intérim : palatia et arces marmoreaque aediiicia corruunt : nibil est sub sole lunaque perpetuum, quam quod cum virtute geritur a viris doctis atque gravibus elimate ac cum doctrina recitatum. Quam ob rem solet immortalitas litterarum in eorum libris appellari, qui digni veniunt dociissiniorum cognomento virorum. Nam quae de rébus cum laude gestis enarrant, ita praedicatione faciunt exoellenti digna ut nunquam intereant. haque re pauperrima ad tuam veni majestatem, sed ita dilissima im-
mortalitatis hujusce ut uunquam periturum ad te donum attulerîm, in quo te ipsum intuens, videas quam sis diligenter expressus, et me âmes. »
Après le prologue d'Othman Lillo vient une préface en vers de Marins Phiielfe lui-même. La voici :
Marti Philelfi arlium et utriusque juns docîons, equitis aurait , poetœ laurealî oc comitis , prœfatio in Amyrida, nomine Othman Lilli Ferdticcii,
i Othman me precibus Lilli Ferdaccius urget
Ut referam Turco parta trophœa daci :
Scilicet hujus opem speratque cupitque poetœ
Carminé quœ gessit non peritnra mana.
Hue feror invitus licet; ha?c namque ipsa Latinis
Posse ego quam mallem dicere parta meis. Et Venetis Turcos cessisse, Asiaque latere
. In veteri, Europœ deseruisse lares !
Non quia non meritus veniat Mahomettua ad astra 10 Laudibus extoUi Martis ubique eomes,
Sed quoniam exosus sît eum tum pontificalis
Ipse chorus, Christum tumquc qui in orbe colit. Insequitnr namque ipse oranes, cunctisqne minatur.
Esse Phrygum rcferens se quoque gente satum, Deberiqne sibi quœ stirps tenuisse Quirini
Dicitar, et Cœsar qnidquid ad usque Thulen. Res est Tera tamen gestarum gloria rernm
Non modo eum nostris, sed sibi cum Lyciis, Cam Media, Phrygibusque suis, quique il la sequuntur, 20 Jura, dédit primus quœ Mahomettus eis.
Excipit hic nullum populumve, ducemve : subegit
Nuper et in Cilicum sceptra superba sinu : Quin etiam Persas cumulato milite cœdit,
Et cogit gladiis flectere colla suis.
In Scythicos autem reges quœ castra paravit,
Perdidit excelsas quot sua dextra domos ! Hic ut Alexander, nec Grœcis parcit, ut altum
Imperium titulis augeat et meritis , Nec reliquis, quoscnmqne yidet meliora fovere 30 Régna; cupit dominus solus in orbe coli.
Exosi hune certe sumus hac state Latini,
Annibalem veluti Roma vetusta fuit.
Sed post fata hominum totidem totidemque legetur
Sponte, ut et Annibalis nunc quoque facta legunt. Hœc quot ubiqae manu tcntabnnt scribere larga,
Quœ hoc œvo infractus dux Mahomettus agit !
QiUB qaamquam invitas nanc scripsi, invitus in hostem
Laudaudam yeni , non niai vera tamen :
Facta viri ingenio, nummisque et milite multo, 40 Et terra et pelago qaaliacunque refert,
Sed qna discordes etiam saa fata Latini
Exagitant rébus desidiosa novis.
Et Christi qoisquis cruce tectus débet Amyram
Perdere, et interdum mente manuque fovet. Hoc gravius multo débet sine pace videri.
Hoc quoque ego his scriptis commonuisse velim, Ut qua discordes populos grave perdit Amyras,
Concordi nostri se tueantur ope.
HsBc ratio, ut referam quœ gesserit hactenus ille, 50 Me cogit, videant ut sua damna mei,
Visaque formideut, et formidata secare
Constituant animis in sua jura piis.
Fer, Mahomette, precor, patienter si tua Lillus
Facta velit scribi, cum mea damna queror, Namque Novs Romœ satus et de stirpe superba,
Quam mallem rneres quam superasse meos ! Quin et ab Italico cretus pâtre, quam tibi mallem
Prscipere Italiam quam metuisse tuos !
Imo ubi sim Christi leges et jussa secutus, 60 De Mahomettana nil mihi gente sapit.
Quœ tamen egregie gessisti, ea laudo, sed esse
Hœc tua, nec placuit, nec placuisse potest.
Le chant premier du poëme est intitulé : Marti Philelfi de vita rebusqiie gestis invictissimi régis et imperatoris clarissimi Mahometti Turcorum Principis Liber primus. Ce titre se reproduit exactement de même, à la seule différence du dernier mot, à la tête de chacun des quatre chants de VAmyris. Ce livre compte 1021 vers. Il débute ainsi (v. i-9):
! Dicere fert animus res nostro errore peractas
Et pace et bello Mahometti cujus in orbe
Nomen ubique viris gravibus mirabile, cujus
Fama polum cervice subit, quem lethifer ornât 5 Satarnus meritis. Modo tu mihi, Phœbc, favere
Constituas, Musœque novem celebrare choreas,
Ut metuant Turcos Christi qui signa sequuntur,
Atque obstent cuncti captis concorditer armis,
Me referente quibus potitur rex ille triumphis.
Le po<He raconte d'abord la naissance de Mahomet II, fils d'Amurat, et revient ensuite sur l'idée exprimée déjà dans sa préface en
vers; il se justifie, pour ainsi dire, d'avoir choisi ce sujet, lui chrétien (v. 47-64) :
Maximus oHm
Ânnibal et Pyrrhus, nec id idem credidit : ambos
Romani ad sammiim metuerunt, gloria quorum 50 Historia recitatur adhuc, Christique fidèles
Nedum commémorant, sed et admirantur et ornant
Laudibus eximiis quidquid narratur in illis.
Fac Mahomettns ab his cretus sit maximus alter
Annibal aut Pyrrhus, Cyrusve, satusve Philippo; bti De Mahomettano non est mea cura cliente
Dicere, sed quantus rex sit, qnam ssbycis in armis ;
Quem metuant nostri, non aspernentur euntem.
Ut solet anguis edax qui, ni caveatnr in hortis,
Crescit eis quibus est formido immensa futura : 60 Cog^to ea invitns, sed res me cogit amicos
Admonuisse meos, fidei qui saircta videntur
JuBsa fovere sinu, cruce quos siguavit honestus
Relligionis apex, ne fidant seditioni,
Factio ne privata trahat quos pungit Amyras.
Philelfe raconte Tenfance de Mahomet, et peint le contraste de ses goûts et de ses dispositions naturelles avec la dissolution des mœurs barbares, les inquiétudes de son père et les reproches qu'il lui adresse sur les périls auxquels il s'expose. Un songe change enfin le cours des idées d'Amurat à ce sujet (v. 153-172) :
Inde etiam obscura tox nocte est visa referre Hœc ad Amorattim de nato clara parentem : 1 55 « Siste, pater, nolique animam vexare dolore
» Pro puero, ut silyis instet, totusque feratur 0 In prœceps, cum sœvit aper, fremituque leones
• Omne nemus complent, tigresque nrsique rigescunt :
• Fecit idem Uippolytus, Cambyses, Parthenopseus 1 60 M Et Cephalus, Cyrusque ; duces fecere priores,
" Quorum fama urbes non est moritura per amplas ;
« Prœlusere etenim bellis, didicereque nervis
- Spicula curvatis longo dimittere tractu,
« Hamentnmque manu componere, vel leviore
165 • Interdum nodo pungenles erigere hastas.
■ Visne ut is in lecto marcescat^ Visne quieti
» Usque adeo studeat, turpescant singnla donec
« Membra viro, fiatque alius quam dignus Amyras
• Stirpe Amorattsea ? Parcat tua sednla cura, 170 0 Atquc eat in cineres tanti mens vana parentis,
« Et desis potias nato, qaam desit amori
« Laadis, et iDgenio régis studioque virili is. >
D*autre part, Mahomet rencontre à la chasse une double apparition, Vénus et Bellone. Vénus lui cite le triste destin d'Hippolyte, et lui montre au contraire Hercule aux pieds d'Omphale, Thésée aimant Phèdre après avoir séduit Ariane, Jason ramenant Médée de la Colchide, César enfin lui-même sacrifiant à Vénus. Elle déprécie la gloire militaire et les conquêtes, qui n'empêchent pas les plus grands empires de disparaître en un jour. Elle ajoute que la mémoire des morts dure peu, et lui demande de combien de ses ancêtres il se souvient lui-même ; enfin elle conclut ainsi (v. 292- 297) :
Vivite felices dam vivitis , optima reges Ducentes vit» mortalis prsemia, qaoram Sutnma yoluptatis ratio domat omnia dara : 295 Bas sylvas committe tais ; tibi grata libido
Sit yitœ jacandas amor. Sint otia cara Qus serrent qaodcanqae paras... etc.
Bellone, à son tour, adresse au jeune prince ses exhortations : L'amour, dit-elle, n'a rien ajouté à la gloire de tous les héros qu'a cités Vénus ; au contraire, elle engage Mahomet à songer à la vie future plus qu'à la vie présente, à imiter ses ancêtres, à aimer comme eux la guerre, et à ne jouir du repos que dans sa vieillesse, après l'avoir glorieusement acquis par les fatigues de ses jeunes années. Bellone rappelle encore que l'ancienne Grèce, victorieuse sur tous les champs de bataille, était une contrée pleine de héros et de rejetons des dieux, tous vaillants et infatigables, et qui ont fait sa force par leurs grandes actions (v. 428-450) :
Sed sceltts infandam deas alto e calmine nallam
Approbat, impanita manent nec crimina tandem 430 Serins, et si qoem plectis, commissa launtar
Hoc majore modo. Qui fœnore delectatar
Fœnore parta domi servat qaandoque per annum,
Per denos, deciesqne novem, per sœcola centum :
At tandem mit ignis edaz vel fulmine missos A'So A Jove, qai rapiat quse sant tam tarpiter acta ,
Vel yenit assidue qui rodât parta tyrannus,
Vel vario confusa cadant cumnlata tumultn.
Ut si quando lapis lapides supereminet altos,
Fitque cacomen eis, sed fundamenta lutosa A Ai) Hoc pondus non ferre valent ; lapis unns et alter
(/Oncidit ; anjuautar cum celsis mœnia pinnis.
Discite, mortales, virtatem dacere sanctam
Et colère hanc, qaœ sola potest efférre beatos :
Sola facit viros moribundo semine cretos 445 1d templis sacra tbara seqiii, precibusque litari :
Crédite nec blando sceleri, cam cœca voluptas
Vos trahit iD prœceps, cum de prœsentibus anceps
Cara subit mentes, cum vana putatis eorum
Nomina, qui tantas laudes meruere peractis 450 Tôt rébus, sine fraude suis virtutibus usi.
L'idée de rinjustice, longtemps impunie, mais vouée néanmoins à un châtiment irrévocable, amène Bellone à montrer à Mahomet les Grecs sortis vainqueurs de leur guerre injuste contre Troie et attendant encore un châtiment pour lequel il n'existe aucune prescription de temps ; elle excite Mahomet â être l'instrument de celte punition, dont elle fait de plus à ses yeux une vengeance légitime, en faisant remonter à Priam la race d'Othman ; enfin elle conclut en passant en revue toutes les conquêtes, tous les exploits auxquels il peut aspirer s'il consent à suivre ses conseils et à repousser ceux de Vénus ; voici les derniers vers de cette très-longue déclamation (V. 720-727) :
Quo classis abibit
Deniqne, vi firmabîs equos, vel saxa, Tel œquor Persarum, HunnorumTe adeas, seriesque laborum Atqne modus rerum quis sit tibi deinde futurus, Hœc sileo, recitem ne quando volumen ab ipso 725 Vate datum Phœbo. Satis est suadere : pareris
Ad facinufl quodcunque datur memorabile laudi Siepe tus : bœc memori si serves pectore, vivas.
Mahomet a bientôt pris son parti et s'écrie (v. 735-8 H) :
Arma sequor, mea Dax Bellona, tuisqae
Auspiciia majora reor quandoque fntura.
1 procul, o Paphia numen venerabile in ora !
Sim juvenis quamvis, non sum sine mente, nec alti
Expers consilii, nec me de pâtre creatnm 740 Credat Amoratti quisquam, quo perdita luxu
Vita sit : at quoniam sequar immortalia quœque.
Non ego sum cujus leviter tractentur amores
A Venere insulsi, sed qui virtute per omne
Discrtmen statnam vitœ componere laudes, 74'*) Immortale decus mihi cuncta in sœcla parare;
Ngc fortuna mihi, nec quisquam e casibus illis
Qui soliti sunt saepe levem comprendere plebem ,
Surripiet mentem meritis hiuc inde dicatam.
Quam palchrum est splendere armis, regesque ducesque 750 llios Marte sequi, sant quorum Domina nostris
Scripta volaminibas. Nam nostra ea puto, Latina
Quœ sibi liugua facit, siquidem res ampla Quirini
Venit ab ^nea patrnm genitore meorum :
- Nam licet iflneas Latium contenderit, in qno 755 Successere duel soboles clarissima primam,
Tanc soboli proies, tune stirps sine fine futura.
At nos Chaldaeoqne solo quandoqne vagati,
Partborumque locis, eadem domus una fuisse
Fertnr originibus nostris primoque parenti , 760 Et consanguinei qui successere fuerunt.
Quam pulchrum est bello Furium prsestare Camillum,
Aut Fabium, Curiumque gravem, fortemque Metellum,
lufractoque auimo Marcellum, illosque Quirites
Qui pro romano duxerunt castra senatu, 765 Quales Scipiadœ, Cœsar, Pompeius, et illi,
Quos numerare velim si forsitan, exeat annus.
lii ingenio eximio ad virtutis prs^mia sauctœ
Assueti assidao se dilacerare labore :
Nam labor est nutrit qui mentes sedulus altas, 770 Datque yalere viris sua corpora, membraque nunquam
Vel procera minus, vel non robusta videri ;
Inde Cato egregium monuit quandoque nepotem.
Ut mihi narratnr, sese torrentibus ipsis
Opposuisse animo noUet dubitare virili .
775 Nonne etiam Alcides, de quo tam nobile nomen
Exit in omne latus, monstris persœpe domandis,
Fortior ut fieret bellis, exercitus esse
Dicitur, ut dextras hominum minus inde timeret 1
nie aprum stravit qui perterrebat euntes 780 Finitimos stantesque domi , flammisque peremit
Lemœam, de qua jam fabula fingitur, hydram :
Nnnc Erymantheisque jngis, cœcaque palude
Vexavit se, bella movens fùrialibus armis ;
Nuncque Cleonsi spoliavit terga leonis, 785 i£ripedemque dédit non posse evadere cervam
Corsibus aëriis; turpes nunc œre volucres
Stymphalidas rap'uit : quare est ut nuUa bimembrum
Cura metusque virum tulerit» sed semper in illos,
Inque feros Lapithas fuit ardentissimus armis ; 790 Cumque caballorum Diomedis sensit iniquam
Sœyitiem, monstris exercitus, haec quoque monstra
Non metuit, quando dominum dédit esse caballis ;
Quin et Busirin Thebana ex urbe minacem,
(ieryonemque trucem, multosque una arte gigantas
79S Sarripuit luci, faerant qaa monstra perempta
Ante sibi et monstris ezercitus ipse domandis.
Sic ego qui in silvis versor Dec parco labori
Negligoque algorem atque aestam, nec vexor amore,
Nec cupidus rerum rapio privata, fatumm 800 Me reor, Alcidœ similem non dixero, malto
Sed non dissimilem, quem non lascivia vertat
In facinus, non molle aliquod regale ▼enenam.
Qaod si yera mihi promittit diva, locato
Vate qaod illa refert, qna debeo mente moTeri 805 Nocte, die, stimalis ad quœ mihi jossit Apollo,
Imperiam in Gra^cos ut dilatare mihi fSu,
Et sit in externos aliquando potentia reges ?
Proh deus, humanas qui res conducis, et armas
Justitiœ clypeo rectos sine labe clientes, 810 Quique domas scelus omne, refer mihi jussa secuto
Quœ tua sunt; nam jnsta scio te cuncta probare.
Les compagnons de chasse de Mahomet, de retour auprès du jeune prince, s'étonnent de son ardeur toute nouvelle; il leur dévoile sa soif de gloire et de combats. Le grand visir Chalyles (Halil) en parle à son père Amurat, qui cherche encore une fois à détour ner Mahomet de ses préoccupations belliqueuses ; celui-ci persiste dans ses projets (v. 979-900) :
Bello
Constitui hanc animam ve\ perdere, vel sceleratos OKO Myrmidonas, nostro generi qui multa dederunt
Olim damna, mea tandem confundere dextra.
Hoc tu, care pater, debes gaudere, futurus
Si sum major avis : crescit tua gloria, natum 985 Si superesse vides clara virtnte verendum.
Namque litabo tuo cineri quandoque Pelasgos,
Ut nostra ililacidie tam pulchra Polyxena quondam
Fertur amatori injusta ratione litata.
Crede mihi, si sum post funera forte superstes
Sacra patris, faciam quacumque in parte jacebis 990 Te sentire animo quo sim, quœ plurima tentem.
Son père, vaincu, consent enfin à le laisser se préparer à la carrière des armes et le chaut se termine ainsi (v. lOSQ-iO^l) :
Sic sic Mahomettus in armis
Crescebat veluti cui sidéra cuncta favebant.
Le chant second commence par la mort d'Amurat : Interea senio occeptus morbisque gravatus
APPENDICR. 195
Liquit Amorattis terrât reguoqoe potitur Cretus eo Mahomettus ...
Aussitôt :
Quamyis jam constituisset
Quie facturas erat
il prend conseil de Chalyles (Halil) et de Saganes (Zogan) sur ses projets contre Tempire grec. Chalyles» à Tinstigation duquel Amurat avait conservé la paix avec les Grecs, et à qui son rôle de conseiller pacifique du sultan avait été chèrement payé par Tor de Constantinople sous le règne précédent, veut continuer avec Mahomet la même politique productive ; il est donc pour la paix et il débute par des arguments philosophiques (v. 58-106):
Deus, Mahomette, creator
Cunctoram, Don sceptra dédit, nec régna futurU 60 Regibas, ut rapiant, yiolent spolientque popellos,
Et cœdant sine lege viros, de semine quorum
Sunt etiam reges. Quanquam rex major in illis.
Non alia est natura tamen. Mortalia certe
Corpora ennctorum, mens immortalis, et idem 65 Rex homo, nonnnnquamqae minor virtute, vel arte ,
Qoam privatus homo , nonnunquam laudibus alta
Mente satus : reges qnot sunt sine laudibus ullis?
Assyriis etenim in populis tibi Sardanapalus
Exeroplum prœstare potest, variusqae Quirini 70 Mœnibus, innumeros possim meminisse tyrannos
Qui n ullis nituere bonis ; lans regia sola est
Justitiam serrare manu, nec lœdere quemquam,
Nec sinere ut Ifedatur, ubi nec dura nec anceps
Causa sit, et ratio possit suadere medelam 75 In morbum quandoque gravem : relut inter agrestes
Si stipulas spinosa cadant arbusta, negentque
Ire suis segetes gradibus, fomenta maligna
Sont flammis mandanda, queant ut crescere grana.
Justitia reges igitur Yixere quot aima, 80 Immortale decus, nomenque ad sidéra claram
Constitnere sibi ! Contrà qui injusta tulerunt
Arma, et ob excelsas yires, cumulataqne régna
Vel prasdam cupiere gravem, vel forte cruorem
Uostilem, quo sudet ager, famamque ne&ndam 85 Successisse vident, nec non viventibus ipsis,
Multa ininûca sibi quœ dira patibula nolint.
Quœ tibi justitia est cum Thracibus? Hi tibi juncti
Sanguine, si recte qusras quis mœnia Thracis
Trbis constituit, Romana vectus ab urbe ;
90 Constantinus enim, vel portos ductus amore,
Vel quia Roma sao fuit iofeDsissima morbo,
Esse DOvœ volait nomeo meaiorabile Romœ.
Non sunt Thraicii reges, non Palsologas,
Uoc est sermo vêtus, de Thracum semine natus, 05 Sed de Romano veteri sermone relatus.
Prœterea antiquas si rex sub pectore causas
Bellorum servare velit, quis possit in hujus
Tutus stare fide? Cunctis pater unus et idem
Dicitur antiquus : geniti duo qui variata iOO Mente boni atque mali studium docuere sub una
Stirpe coli. Âbeli probitate feruntur honesti
Et justi quicumque nitent melioribus annis.
A fratris vitio veniunt scelerata Cayni
Semina, si répétas caussB primordia tantœ. 105 Sive bonus fueris, seu pejor, plurima possis
Aut pace, aut bello tentare pericula rerum.
Ensuite il montre à Mahomet les Grecs obéissant à tous ses caprices (v.ilO-i 19):
Quid prsecipis illis
Quod non servetur? Captivis non stat asylum Quod fuerat quondam sub sacro sœpe Sophiœ : Ut capiantur enim cum prœcipis, hi capiontur, Et redeunt vincti. Cupis his mugora? puellas 1 15 Ergo jubé ut mittant proprias, ipsique catenis Conveniaut stricti cara cum conjuge quisque Cumque sorore sua, pecus omne, utque omnia tradant Ornamenta tibi, quse forte domestica, vel qnœ Thesauris composta tenent
Il lui peint les difficultés de l'entreprise (v. 180-152) :
Thracum
Mœnia non capies leviter, terraque marique
QusB triplici fùndata solo super astra levantur
Et spationon suntbreviore. Hœc Roma vetasU
Plus medio major : bissenis passibus illa est 135 Millibus, h»c autem sub septem colUbus instat
Tersenis. Quœ turba qneat tam grandia castra
Implere ut possint obsessam reddere gentem
Tbratciam ? Adde autem varia quod gente ferentur
Christicolœ hue multi, quîs defensoribus uti i 44) IJrbs queat in nostros. Quid quod cum classibus illi
In pelago didicere sequi navalia bella ?
Portus erit plenus ratibus. Tum nautica cernes
Tela, virosque levés ad quaeque incendia promptos ;
Quisque domum servabit, opes sibi quisque tueri
Perget jure suas ; pariter Genuensibus hoslis Thralciisque aderis. Fuerit quandoque necesse Aut cessare loco, castrisque recedere fractis, Cedere longœvo vel belHs tempore fessum, 150 Mustapham meminisse javet, ChrycÎDque tuorum
Majornm patres. Denos nam bella per aonos Id Thraces statuere sais incendia damnis, Interdamque necem vitœ, horroremque rainœ.
Enfin il lui représente le danger de voir la chrétienté, réveillée par un si éclatant succès, se lever tout entière pour Taccabler, et il se résume ainsi :
Rez justns justa sequeris.
Saganes au contraire est jeune ; il vote pour la guerre et se déclare non pour le roi juste, mais pour le roi fort ; il décrit la royauté absolue dans les vers suivants (v. 235-2(>8) :
235 At deas ex alto qai cemit singula cœlo
Constituit reges regerent qui mente manuque
Singula, et, ut yisum flierit, nunc illa domarent
Pectora, nunc illis sua débita dona pararent.
In regum est animis populorum gratia. Reges, 240 Ut libnit, fecisse queant, ferriqne togœqne
Libertas horum dextris sita : jure putentur
Accnsare aliquid, nec possint. Quidquid ab illis
Efficitur consulta pnteni, sed singula, regum ;
Nam qui quod vulgo videatnr fbcerit, ille 24.*) Rex haud est vilis, sed régis in urbe minister.
Sunt reges, faciunt qui quœ sibi visa fuerunt
Sic facienda, negant et qui quœcumque neganda
Esse putant. Statuit quis leges regibus uUas?
Quis dédit his quœ jura colant? Sibi dicere leges, 250 Juraque cœperunt, pariter qnœ vincula possint
Solvere, ne subdant caput his : sed saepe securi,
SsBpe alio populos cruciatu, verbere, cscde
Afficiant, donec pœnas pro crimine solvant,
Et castigati discant parère tyranno.
255 Hœc ratio est regum, paribua non passibus ire
Cum servis : jubeant; sed si parère coacti
Sint reliqui, at reges dominentur sceptra tenentes :
Si Jovis esse loco reges dixere retosti.
In regno quemcumque suo, Jovis ira trisulcum 2<>0 Fulmen ab excelso demittit semper Olympo
Ut sibi cumque piacet, nec quisqnam quœrit ab ipso
Cur potius Mycalem feriat, Pindique cacumen,
Quam Carpannetum, quam valle tegnria missa?
Il termine plus loin sa théorie de la justice royale par ces mots :
Î95 Tune rex sua jura secutuB,
Sic Tolo, sic jttbeo, dixit : pro lege voluntas
Est régis suscepta, dei qui mnnere missns
In terras, tenuitque locum sceptrumque Tonantis.
Ensuite Saganes peint la mollesse des Grecs, la faiblesse de l'empire, et traite de fable sans fondement l'idée émise par Chalyles de la possibilité d'une confédération des princes chrétiens contre le sultan vainqueur (v. 37i -447) :
Undeetenim vistot tibi bellaparari?
A Gallis? Galli bella inter viscera condunt
AUobrogum quos nunc dux inyictissimus ille
Insequitur, Tel nunc rex hac œtate Britannus 375 Maximns intor eos. Ast ipsi nulla Britanni
Allobrogesve queant in te sua castra movere
Qui sunt vicinis infensi. Tarn minus audet
Sabbatis princeps, cui vis est ferrea nusquam.
Teutonici yero pariter sua claustra tuentur, 380 Inficiuntque armis. Sed si quis major in illis
Non movet arma : sibi cumulata pecunia crescat
Si modo, nil aliud curât : quœ bella Rhntenus,
Quœve Scythes primo Scythise de germine Polax
Audeat? Aut Hunnus, totiens quem Marte fugavit 385 Ipse pater? Metuunt omnes te fhlminis instar;
Natns Amoratti ne plura parente, tuisque
EfBcias proavis, opus atque sequare vetustum :
At Vlachos minimi facio, vilesque Libumoe, Et quidquid tandem de mundi qnalibet audis Parte referre aliquem pulchri, qui plura loquatur.
395 Nam Latii res est manifesta, nec instat ab illo
Ullus Marte metus, tanta est discordia fratrum, Et tantis regio est bellis perplexa Latina, Sive simultatum studio, seu seditione, Occultisye odiis, ut nil mirabile dictn
400 Sit magis. In summa pietas fac magna thiara
Sit, cupiatque suis succurrere semper alnmnis, Ut solet aima parens : si non sunt ubera matri Plena novi lactis, vituli sibi yana gemiscunt, Atque queruntur opem frustra non reddere matreni.
405 Non est Romano cumulata pecunia, census
Pontificive ingens, si non prœstetur ab illis Qui Pétri hune sedem dicunt et jura tueri. Et vice cœlestis Christi pro crimine pœnas Solvere, et arbitrio, quo mavnlt, posse ligare.
410 At Veneti, quamyis terraque mariqae potentes
Sint, tamen adversas tua castra, tuosque paratus Nil facient ; régis si qasris Parthenopœi
Nomen nbiqae sacrum, vis magna est, sed Venetorum
Alphonsus patribus cœpit contrarins esse, 41 5 Jamque Flueutinis componit bella, quibns nil
Taie tamen superest, tibi quod perhibere pavorem
Tantiliam valeat. Dux denique laude Philippus
Eximia Insubrium surgit de gente Marias
Quem metuunt muiti, sed nos non ille sequatur 4i0 Ense« manuque gravi, Venetos qua pungit utrinque.
Et Florentinos, nunquamque quiescit in armis.
His quoque succèdent alii, quos nnus et idem
Semper habebit amor rerum, paribusque libido
Succedet regni studiis. Pax nnlla subibit 425 Tuta diu. In reliquis dominis yis Martia nuUa est.
Ut si commémorent qualis Ferraria, qualis
Sit Monsferratus, qualis sit Mantua, qualis
Felsina, vel qualis sit Luca, et denique' qualis
Cum Malatestarum domibus Flaminia, princeps 430 Qualis et Urbinas memini, majora sequuntur
Quœ sceptra et reliqui. Si nemo inter tôt ubique
Régna potest nocuisse tibi, quia quilibet armis
Implicitus propriis« Latio quod sidère nato
Ferali evenit nativo munere, quae te 435 Perterrere queat vis ferrea, quisve tumultus?
En causa, Italicis quœ inventa fuisset ab al ta
Mente satis, ut te, quia Thraces viceris acri
Marte homines, adeant in bellis, et sibi quœrant
Bella viri cum rege, animis qui cedere nuUi 440 Pergat inoppressis, et sit prselatus avitis
Ingeniis, animoque patris, discrimen ut illi
Quodiibet ingrediantur, opem quo Tbracibus addant !
En genus inventum causœ Gallisque Britannisqoe
Et reliquis Ghristi prœcepta tenentibus, ut se 445 Exhibeant quandoque neci, quo bella sequantur
Pro vili hoc Grœco, etc
Le reste du conseil, après le discours de Saganes, opine dans un sens ou dans l'autre ; alors Mahomet annonce qu'il a résolu de déclarer la guerre aux Gi*ecs et donne ses ordres en conséquence. Ici Philelfe place la description des préparatifs faits pour cette expédition ; puis l'armée, forte de 400,000 hommes, se met en route pour venir surprendre les Grecs avant que ceux-ci s'aperçoivent que les Turcs ont quitté leur camp ; le perfide Halil les a prévenus par un message, mais cette trahison reste inutile ; les Grecs refusent d'ajouter foi à la terrible nouvelle (v. 633) :
Sed et il lis Jappiter aures
Abstulerat ne cuncta velint aadire relata.
Ici le poète déclare qu'il ne veut pas calomnier les vaincus, qui sont ses concitoyens, et il profite de cette occasion pour introduire dans le poëme sa propre généalogie (v. 648 et seq.) :
Nam mihi quondam
Urbs nativa fuit nova Roma, et Chrysolorina 6r)l) Progenies matris domus antiquissima clarœ,
Cui Chrysolora fuit pater alta ex stirpe Johanncs, Gui Manuel patrnus -, Genuœ materna vetustœ Âaria celsa domus, prœclarus Hilarius illi Factus a vus, cujus Grâscis venerabile nomen.
Mais voulant dire la vérité si vera licet fan , il fait le
tableau suivant des Grecs de Constantinople (v. 655-688) :
655 Jam Grscia cunctas
Mordebat sordes, jam nullis laudibus usque
Dedtta, lascivo marcebat denique lecto ;
Non studii ut quondam venatrix Grœcia, legum
Non erat inventrix, nec in his vel doctus Uomerus, 060 Vel Plato, sive Conon : sic arma, togamque relictam
Deposuere novi nullo cognomine Graii.
Vix citharam pulsare aliquis, sed amoribus aptam,
Tbrax didicit, reliquum vitœ lectoque gulaîque
Devovit, semperque fuit sine lege superbus, 4jHo Et nibili cunctos faciebat, sive Latines,
Seu quoscumque velis diversa e gente relatos,
Magua foret licet his probitas, menti sque décorum.
Inde fit a cunctis fuerit quod jure relicta.
Et déserta auimis gens invidiosa superbis. (no Quod si forte aliquis : - Si Christi fiditis amiis
Dixerit, et Grceci paribus sub legibus instant
Cœlestis sperare aditus quandoque cacumen,
Non fuit his dominus cur fautor Christus Jésus ? »
Res manifesta patet : nam non meruere vocari 675 Christiseqo», a quorum provenit mentibus omnis
Hœreseos casus. Nam tôt modo dogmata falsa
Quœ in nostram venere fideni, tôt fusa venena
In Christi ecclesiam Grsecis suasoribus, atqnc
Paulatim dura structoribus arte fuerunt, 6S0 Inventis composta malis, stimulantibus hydris
Assidue Stygiis, înfemiqnc usque tyranno.
Si nihil his laudis, si virtus nulla, sed omne
Flagitium atque nefas, Fidei si cuncta tenendii\
Qnamque fatebantur, sunt hinc effusa venena.
0H5 Qnos tnerctur amans hominam, custosque suorum
nie Deus^ volait qui morte piare raentes? Ne mirere igitur si non defensa triumpho Est Mahomettano gens Thrax .....'
Philelfe décrit ensuite Tarrivée des Turcs sous les murs dt^ CoDStantinople , Teffroi de la population, qui s'arme cependant tout entière (v. 785):
785 Nec non quandoque Latiui
Succurrunt variis qui de regionibus essent,
Qui ratibiu vecti, lucroqne intendere sueti
Vendebant merces et emebant : maxima in illis
Pars erat hic stabUis, partim quos urbis amœnac 790 Detinait statio, partim qai ducere vitam
Hic stataere suam, ductis uxoribus, atque
Hinc genitis natis, partim qui, cum redituri
Ocius inde forent, rébus cum laude peractis,
Tempus ob adversum nondam potuere redire.
L'auteur raconte ensuite quelques-unes des péripéties du siège, qui dura cinquanteK|uatre jours (v. 913), en particulier Tassant donné par les Turcs à la porte dite de la Fontaine; la résistance de Jean Justiniani et des Génois arrivés par mer, sous sa conduite, au secours de Constantinople ; l'intention de l'empereur de faire une sortie ; Justiniani le retient (y. 940-948) :
... . Rtix optime, quo te Provehis in Turcos? Andes? Milleua tricenta Corpora sunt equitum, peditum millena ducenta. Sed minor hoc numéro numerus sit verus, in illos Ipse andes certare manu? Nunc ipse ruinam 94â Cemo tuam, et fatis tibi lumina csBca malignis.
Sit satis has servare domos, hsec mœnia, et intra Teque tuosqne domum cum cara plèbe tueri !
Enfin Philelfe raconte le stratagème à l'aide duquel Mahomet pénétra dans le cœur de la ville assiégée et la prise de Constantinople (V. 900 à la fin):
Interea et Perœ conjuuctis navibus instar Atque catenatis pontis fecere, ut ad urbem Quisque Noyoe Ronue posset cito sœpe profectus Inde redire yolans, quem pontem nec superare 970 Hostilis poeset ratis ulla; sed omnia mente
' Cogitât infracta Mahomettus, quodque ferebaut
Historiœ in Persas cum magnis viribas esset Velificatos Athos, nullis sperantibns, aadet Attentare novis animis, atqne arte rndentum
975 Atqae ultra coUem Galathis qiue pnBeminet, armât
Arte rates mira, stataitque in tranatra trirèmes Et myoparones. De summo vertice montis Improvisa refert in portum corpora ponto Admiranda suo. Genuœ tonc clara juventus
980 Obstupoit, Thracamqae domos et mœnia liquit.
Et pleriqae suis ratibus rediere, tnlerant Pleriqae et leges Turcoram et jassa potentum.
Tune propriam stat cuique domum senrare, tueri Mœnia qui incepit primum : domus ejus et hujus
985 Ad portus erecta sinum, vel fracta propinqua est
Littoribus; superat tune mœnia rex Mahomettus Qus déserta ruunt ; scalis hi congrediuntur Pinnarum cumulum : portis bipatentibus illi Inûstnnt, primoque aditu coufanditur armîs
990 Nobilinm grez magnus. Erat nam belliger illic
Constantinus, opem qui cum non cemeret ullam : • Fata sequar, dizit, regno moriturus in ipso, Nec me captivum ducet Mahomettus habendum. • Enseqne perstricto nunc hos, nune enecat illos,
995 Donec vita suo dispersa est aima cruore.
Cum rege hic cecidere alii, pars nobiliorum Qui pulchram turpi yitam prœponere vitœ Uaud yeriti, mentemque suo oommittere Christo. Procedunt Turci, jugulant mactantque per urbem
1000 Quot primo ingressn capiunt, Victoria rébus
Utsoletesse novis populatrix, parcere nuUi. Mox ubi sat fusum Mahomettus in urbe cruoris Audivit (vulgus quis enim frenare cruentum Victorum cito posset?) eis edizit ut armis
1 005 Abstineant positis, captivos cogère vinclis
Fas sit, et in prœdam res omnes vertere Thracnm. Indeque nil superest prœdœ, servique feruntur Colla catenati : campo statuere propinquo, Urbis ad egressum, qui stat latissimus illi,
1010 Gnecorum decus omne. Subit Mahomettus In urbem,
Quam nondum ingressus fùerat, vacuamque stupescit, Atque ait : • O Thracum tam régna snperba, Chalylcs Quœ mihi pranlixit non afiectanda, fuistis Denique subjecti Graeci, Phrygiœque vetustœ
1015 Imperium sub rege novo cum lege feretis. »
Hœc ubi dicta, jubet multis custodibus urbem Servari; ipse aliis inteudit denique rébus.
Ici finit le second chant.
Le chant iroisiènie compte 102G vers, et coinnienco ainsi :
Postquam prœda fuit de tam prscstantibus urbis MŒDÎbus, et nuUo licuit cessare tamaltu, Induperatoris capat ad Babylonis alamnum Mittitar.
Lucas Notaras, amené devant Mahomet, se livre à sa merci, offrant de lui révéler les secrets des Grecs s'il veut lui laisser la vie et ses richesses ; il ajoute que , décidé par un oracle qui lui avait annoncé comme certaine la chute de l'empire, il n'a voulu contribuer ni de son bras ni de son or à le soutenir contre Mahomet; enfin il fait connaître à ce dernier la perfidie de Chalyles. Mahomet, irrité, cite Chalyles devant lui, et après lui avoir reproché sa trahison, ordonne qu'il soit pendu et que toutes ses immenses richesses soient livrées à Saganes. Mais celui-ci devient l'objet de l'envie des autres chefs turcs, et quelque temps après il est accusé de s'être laissé corrompre par les présents de Hianchus, roi des Huns. Mahomet , ajoutant foi peut-être trop légèrement à cette accusation, sur la vérité de laquelle Philelfe ne se prononce pas y le dépouille à son tour des trésors de Chalyles , qu'il rend aux enfants de celui-ci, ce qui fournit au poète l'occasion de peindre les diverses chances de la fortune. Ensuite il raconte les discordes des fils de Constantin dans le Péloponèse, l'appel infructueux fait aux Vénitiens, et la conquête de la presqu'île par les Turcs ; c'est le morceau capital du livre III (v. 287-377) :
Interea in fratres crevit discordia Grœcos,
Induperatoris qui quondam semine creti
In Péloponnèse regnum tenuere, domosque âOO Divisere tribus domiuis : Theodorus iu il lis
Unus erat, Thomas alius, Demetrius alter ;
Junior hic autem cum Turco sensit Amyra
Et Mahomettanus voluit discrimine dici.
In regno fratrum magno molimine facto.
iOo Ergo abit ad regem Mahomettum, quœque fuissent
Ante sua in regno Grœcorum tradidit illi.
Functus luce olim fuerat Theodorus : Amyras
Haic scripsit Thomce : « Demetrius ad mea régna
Perveniens regui partem mihi tradidit illam, «^(X) Quœ est sua, cum nata mihi qutr carissima conjux ;
Kst socer ergo meus : dos est mihi tradita, ac illi
Pars regni : est socero pro parte hac reddita major
Pars quoqne : nam Lemnum, quidquidque hinc inde vidctur
Nobile et autiquum, veteres ut Cycladas, arobit
305 Atque suas cum lege régit. Quin millia multa
Annua nammorum recipit, majoraqae semper Est habituras : agit mecum féliciter ergo. Cède mihi in regni qua parte hic rexerat olim, Sic et amicitise studeas quaodoque teoendœ,
310 Ni malis hostem Mahomettum forte videre,
Et quandoque domo pulsus, vix quœrere vitam. »
Jamdudum et Thomas, quali Demetrius esset Mente videns, dubitare anime cum cœpit anhelo, Misent ad Yenetos, sese aaxiliaribus armis
315 Defendi exposcens, ne Turcas liedat Achivos,
Paulatimque alios pcrdat, qui finitîmorum Incolaere domos, vel qui tenuere propinqua Régna salo ant terris. Veneti responsa dedere : > Non esse imperiam Thomœ tam grande, nec œris
320 Armorumqae decus tam nobile qui sna posset
Sceptre domi senrare snœ, aaxiliaribus armis CompoBÎtis etiam, nisi forte ea semper in illis Partibns assistant, miles sit et ondique fortis, Qui defensor erit contra qui malit adiré
3i5 Hase régna his animis et forti milite tuta.
Quod si inimicitiœ cum tanto sunt capiendas Rege suis parîbus, nec possit magnus Amyras Poat inimicitias tanto discrimine fiictas Cum Venetis oonferre manum, tradantur Achivi
330 Regni sceptre ipsis ; Thomas melioribus arvis
In Latio potiatnr, ei quœ pulchra dabuntur Vel Tervisano in solio {9io\ Padnœ vel in agro, ' Vel Veronensi, Tel qua stat Brixia terre, Bergomeusque locus ; statuentnr et annua multa
335 Millia nummorum Thomœ, si régna parentum
Panra refert Venetis : sed qus si invadit Amyras, Cum Peloponnesus medio stetit insula ponto, lonium iEgenmque tenens, quas inde propinquis Objecisse manus regnis, breyioreque multa
340 In spatio cumulare sibi, rebusque futaris
Tantarum cladum componere Tincula, tantas Atque parare alils cœdes, incendia belli Multa novi, ut nequeat fhcill revocare tumultu, Vel Xerxis veniant etiam navalia magni,
345 Castraque terrifici fluvios potantia cunctos. ••
At Grsci, ut fherant c»ca sub mente superbi Et de priscorum titulis audada sola Perdita, vis fueret quœ conservaret Achivos, Hœc, Thoma suasore, illis responsa dederunt :
350 « Si vellent Veneti nummoe et mittere classem
Quœ Grœcos servaret, eis conducere posse.
Ne quando in reliquas Turcos cum milite terras
Sœyiret, veUetque alios sibi subdere cunctos, ^fô5 Ut Thraoes olim, nnnc quœrit perdere Achivos :
Quod si nec numinis Veneti, nec classe favebant.
Esse ipsis eertam non evitare frementis
Posse manns diras Mahometti et tela, paratos
Snbdere oolla jngo : sed quos vindicta manebit 360 In reliqnos, qui nunc solio innitontar in alto. •
Interea Mahomettos eqnos et castra parabat
In Peloponnesom. Yeneti misère trirèmes,
Sint licet et surdi Grœci, et postrema volentes
Arma pati, âitis semper stimalantibus arma. 365 Sed locns est nnllns Venetis datas inter Achivos
Ezoepto in Cyconnm sommoqne in vertioe montis
Oppidnlo. Hoc Yeneti nnmmis babnere tenenti
Ezliibttis. Sed jam Thomas digressuB Achivis,
Qao nesdret enim, sed tanqaam csecus et exspes 370 Ire Qairinalem qui decreyisset in nrbem,
Romam adventavit cnm prirnnm, atque œra poposcit
Ut tneretur opes regni, pariterque recepit
Pontifice a sommo, patram et responsa sacrorum,
QiuB prias a Yenetîs : vano tamen ore tenebat 375 Sub spe ssepe saos, missisqae hinc inde tabellis
Scribebat proceram namero ne fbrte timerent,
Ne dubitarent (hi) qaia nammos, castra, trirèmes
Qaisqae parabat opem Gnecis sine fine datnras.
Le poëte place ici une description rapide et animée du Pcloponèse, dans laquelle il éYoque tous les souvenirs historiques et mythologiques attachés à chacune de ses diverses localité, qui de- Yiennent la proie des Turcs. Philelfe mentionne comme ayant seules échappé à la conquête, Melhone, Corone et Cycone* (y. 538-54^7):
Sola Methone
Deest, Mahomette tibi, novaque arbs et sola Corone, 540 Et Cyconam sablimis apex Sant cietera regno
Jam coijancta tno. Grœci qaos fluna ferebat
Astra saper, satus ande Plato, Samiosqne putatur
Pythagoras, cnjas semper venerabile nomen,
Socratis onde décos, de qna regione tôt iUi Di5 Sont orti qnandoqae Tiri qaos mandas adorât,
Hi Grsci, hœc regio Mahometto paret Amyrœ,
Et serrire tibi, capat indinare bipenni,
Si ta forte jabes, gens est miseranda coacta.
Philelfe montre ici la justice s'appesantissant sur les nations cou-
1 Sans duult* le Viciix-Navanii. doni la passo portr Piirorc le nom de passe de Stkta— Éd.
pablcs après des sic«les d'oubli, el il afiirine que Mahonicl n'eût pas songé à subjuguer la Grèce sans les crimes commis par elle contre les Troyens ses ancêtres. Le poète fait l'éloge de la clémence du vainqueur et il prétend qu'aucun Grec n'a été mis à mort après la conquête. Ensuite il raconte les envahissements successifs des Turcs, la conquête de la Colchide, la prise de Trébisonde, dont il fait à tort une Ile {TrapezutUia insulaf v. 685-686), et qui est enlevée par un coup de main de la flotte turque. Mahomet emmène avec lui le roi de Colchide, et plus tard il le fait périr parce qu'il intrigue pour retourner dans son royaume. Mitylène est également prise, malgré la flotte envoyée par Venise et commandée par Justiniani, qui abandonne Lesfoos, frappé d'une terreur panique à l'approche des vaisseaux ennemis. Mahomet s'empare encore d'Ennos, de Sériphos, qu'il se fait céder par le prince Georges , dont il avait épousé la fille, de la Ek)snie, dont le roi se rend à sa merci; il l'épargne d'abord, selon son habitude, puis il le fait tuer plus tard comme cherchant à ressaisir son royaume (v. 765-768) :
Sic permittit enim fieri Deus inter eorum Res, quibus esse videt furias in corde rebelles ; Nam Bosni a Christi cœpemnt legîbus olim Errare in varias sectas
Mahomet passe en lllyrie et en Slavonie (v. 773-779) :
Uos nova vox dicit Slavos cognomine forti,
Montibus a sunmis qui littora multa fréquentant 775 Uadriaco subjecta salo, quos in Venetorum
Classibus armandifi pretio persœpe trahebant ;
Hos capit, et ducit servos, et cogit arare.
Ne ducant classes Venetas, ne remigis usum
Componant ratibus -. damnum mirabile certe 780 Uadriacis
Mais les Vénitiens ont de l'or et trouvent d'autres matelots : < Nil impossihile est^ nummis si quœm opertis. > Philelfe profite de l'occasion pour déclamer contre la puissance de l'or.
De retour enfin à- Constantinople , Mahomet apprend que les Hongrois sont tranquilles et ne pensent point à l'attaquer ; il veut donc poser quelque temps les armes, mais ce n'est là qu'une trêve dont il compte profiter pour faire de nouveaux préparatifs de guerre. En efiet il équipe une flotte puissante (v. 881-91 4) :
Jamque parât classum Mahomettus, jamque trirèmes Instruit innumeras. Nam navis corpora ponto
Magna gravis decrevit ea non parte referre
Qoa 8tat navalîs mens mœnîa composnisse ; 885 Non etenim âunle est de ponto ad littora funes
Sic, onns immensam, naves seducere magnas.
Ut qoandoqae levés manibus conferre trirèmes.
Tnnc mixtim veniunt Genuie de finîbos, atque
Partibns e variis, pretio qnos traxit Amjras, 800 Qoi mittnnt deztras lœvasque biremibas ipsis,
Et myoparones formant, longasqae trirèmes.
Si numeram petimus, plores fortasse tricentis.
Inde parandarias subdnnt, qno nomine Grœci
Scapharom dixere genus quod non ftiit olim ; 805 Utuntnr nonc sœpe novi : nam longior ipsa est
Commani concha, medio latissima ventre,
Qo» ferat arma sinu castris, potumque cibomque,
Interdnmqne équités quos per mare sœpe neoesse est
Hinc atqne iude vehi. Sic armamenta locantor 000 Navali, Mahomette, tuo, non ordine tanqnam
Navali Hadriaco : sunt hic tormeuta, sed illic
Scorpio creber: in hac sunt enses parte, at in illa
Sunt arcus hastœque levés ; thoracibus hic est,
nie locus clypeis plenus galeaque nitenti ; 005 Hic locus est velis fiiciendis aptior, ille
Est ratibus ; torquet locus hic sine fine rudentes,
Dirigit hic remos. Variis sunt artibus omîtes
Distincti artifices, locus hic divisus ab illo :
Ordine mirando Veneto sunt cnncta reposta 010 Navali sua cuique suo, sed major habetur
Copia multarum, nullo licet ordine, rerum
Navali, Mahomette, tuo, pluresque trirèmes
Àtque rates uno valeas componere verbo
Quam possint Veneti
Phiielfe revient ensuite sur les déplorables divisions des Chrétiens (V. 922-924) :
Quando est discordia prœceps
Inter et Italicos et Gallos et dominos qui
Nomine Christicolœ, non re fortasse, feruntur, etc.
Et il termine ainsi le chant III*' (v. i006-à la fm) :
Fama tamen quandoque refert Mahometton habere Classica, mirandis quœ sint insignia signis : Fabula narratur surdis ; sic fàta trahebant : Namque aures claudunt nonnunquam fata viriles, lOiO Nec nocitura sinunt populis quandoque videre,
Ut dicas fortunam illos seducere verbis
Atqiie tenere jocis strictos, ne vincula cernant Ante oculoa, fossasquc graves. Cadit improbus altor Iii fovoam, justusque RÎmuI : sic fataferuntur
1115 Dira illis, quibus est sors invida sœpe beatis.
At Mahomettas habet longo canctamine &ctam Classem animis et marte gravem, quamque horreat omiiis Alt us apex, augetque die, cumalatque trirèmes, Atque viros pretio subdit qui nautica certent,
1 1 20 Quos videat nautas merito cognomine dictos ;
Excipit haud qaemquam : modo sit cai gloria, nomen Tradat inextinctum. Talis rez nomine tali Fatorum moUtur opus mirabile cnnctis, Quo neque priscorum qoidqaam referatar in orbe
i 1 '25 Majus, et ante alias res possit sedula dignis
Posteritas titulis tuto snper astra referre.
Le quatrième chant est le plus considérable, il compte 1662 vers.
Au début Philelfe peint les phases de grandeur et de décadence par lesquelles passent les empires, ainsi que les fortunes diverses qu'éprouvent, eux aussi, les simples mortels. Il montre la Divinité conduisant les événements, abattant fréquemment les tyrans pour soulager les faibles, accablant à leur tour de désastres terribles ceux qu'elle a comblés des bienfaits les plus considérables et qui ne lui en ont gardé aucune reconnaissance, et punissant surtout de sa colère les nations rebelles à sa volonté , et qui se plaisent dans les discordes intestines. Il introduit par ces considérations générales l'histoire des échecs éprouvés par les Vénitiens et de la chute de leur domination dans les mers de l'Europe orientale; il l'explique d'abord par les dissensions intérieures auxquelles était en proie la reine de l'Adriatique, et par l'orgueil dont l'avaient enflée le sentiment exagéré de sa puissance et le spectacle des richesses accumulées par son commerce; ensuite, par la force de la destinée, aux lois de laquelle le poëte montre que tous, peuples et individus , sont fatalement soumis ; il prouve enfin par des exemples tirés de l'histoire ancienne la force de la prédestination agissant sur chaque homme ; il cite en particulier Cicéron (V. 159-1 75):
Quis Ciceronis opes tanto insignivit honore, 1 60 lit puer Arpinas rurisque relatus ab arvis
Tousnl in ITrbe foret ? Mihi si rcspoudet amie us, M une. virtutesaoruni. raeruisse hos urbis honores,
Virtutem stndtoque sno curaque parasse,
Nec nego, Dec tamen est responsam rite. Qais, inquam, 1 05 Hune potÎDS volait paerili aat rhetoras œvo,
Aut simal historioos grœcosve referre libellos,
Qttam castris mentem, daris quam tradere aratris ?
Ifaad pater hanc traxit, nec penmasere parentes.
Fata virnm doxere saum; Gyllenias, alto 1 70 Prospiciens solio, Phœbosque recepit Apollo ;
Jupiter in firontem sabrisit sedalns amplam,
Magnas at hic fieret, clarasque in calmine regni :
At Satamos ei mortem commisit inanem
Atqae immataram, caesa ut cervice jaceret, i 75 Antonî gladios qai non metaebat iniqui.
Mahomet réunit une flotte de 400 vaisseaux : jusque-là jamais les mers n'en avaient porté de pareille, car Philelfe traite en passant de mensonges les descriptions de la flotte de Xerxès, faites par les auteurs grecs. Sa première entreprise est une expédition contre TEubée et la destruction de Chalcis malgré la flotte de Nicolas Canale(v.2i 1-277):
NicoleoB classi prœfectus namqne Canalis,
Nobilis e Venetam numéro sine crîmine patrum,
Qui nnnc damnatus patria caret, induperator
Classis erat, Veneta qnœ classis venit ab urbe ai 5 More patrum, postquam qui Torcoe Marte petebant
Ter decies semper pelago misère trirèmes,
Interdum et plares quœ defendere salumque.
Ne quid is opprimeret naves altasque trirèmes,
In varias partes fuerant quas mittere saeti, "-iiO Ut mercatorum officio quandoque redirent
Hinc dites atque inde simul. Nunc fiima vagata
Instantem Turci classem, lioet invida fata
Snrripiant persspe fidem, tamen addere oogit
Ad numerum, qai primas erat, multasque trirèmes :22î> Atque aliquot naves, Mahometti ut dassibus obsteut.
Sed provisa nimis sunt sero. Ule impiger audet
Jam terra duxisse équités, peditesque fremiscens
Innumeros ultra solitum millena tricenta.
Ad littosque maris semper contendit, ut ipsam ^30 Ante oculos habeat classem. Nemas esse putares
Arboribos densum, cecidit quando ancora ponto
Firmatura ratem : cum vêla ad subera surgunt ,
Lintea sideribos demissa et carbasa dicas ;
Nec poterat cerni pontus, tegit omnia classis, 2tic> Perque trabes valeant équités tranare et ab uuo
Littore ad alterius percurrere littora gentis.
Qao petat base dassis nescitar. Qaisqae pntabat Cretenses qnod vellet opes. Dabat ille Methome Hoc ÙLiam ; dabat ille aliis hase damna propinquis
240 Coroyrfeve locU, Cyprove, Rhodove ; nec uUas
Rem norat qao Marte foret tractanda novellam. Deniqae Nicoleos smmna virtate Canalis Quocanqne hase pergat claBsis se opponere dignam Magnanimo esse putat dace qui navalibos instet.
245 Ergo sua, qaamvis minima, cam classe resistit
Viribus illios, mediisqae obsîstit in undis. Qaid fkceret tamen ipse minor nameroqae manuquc Et ratibos stractis Mahometti ? Haad illa coire Gmn Mahomettanis poterat. Revocaverat ergo
250 Parva pedem dassis, rata darum oam Mahometto
Consemisse manns cujos vis tanta fhisset.
Nicoleos igitur cum classe omnique paratu Eubolcos fines qmbus bœc videt arma minari Ingreditar, cemitqae aditu qno pergat Amyras : Namqne videbat uti rez terra vectos aperta
^65 Fronte, et equo insistens Enripi ad limina tendat,
Eabolcamque velit gentem eonfùndere ferro. Instant solliciti Veneti molimine somme Qaid âiciat Tarcos, si qaidqae obsistere possint. Sed Mahomettus, erat qui prœstantissimos armis,
270 Pontibas a^jectis Earipi in fine daobos,
Officio alterios tradacit castra ^etusts Chalcidis ad maros ; aliam, ne dassis obesse Adveniens possit Venetam, confecitt atrimqae Se mediam tatamqae tenons. Tune flactnat ardor
275 Tarcoram Eaboica in patria: tanc imminet arbi
Chalcidis, atqae suos stimulât Mahomettus anhela Mente duces. . . .
.... Erat hsc Chalcis major vix mille tricentis 29o Passibos, et forsan subjecta suburbia tantum
Saut spatii sibi nacta sui. Grescebat in ipsis Mœnibas at tellus, populus cum ferveret omnis Ingenio belli.
Qttod si etiam, ut referunt, Venetorum classis adîssct, Prospéra cimi flabant ventorum fata per asquor^ .H 15 Cursus ubi Euripi reditu quandoque peracto
Cuncta secundabat, poutem qui Chalcidis urbem
Obsessam rcddebat, ea qua parte Ucebat
Militibus rcgique sno uimc ire equitata
Composito, nunc sœpe 8uo cam Marte redire, HiO Pons is fractos erat, poterant nec stare quîeti
Qui ob/sessam tenuere arbem, nec forte redire
Cum vellent aine labe domum : Styx magna Aiiaset,
Ut ducebatur régi Turcisqne snbactis.
Sed quia fata obstant Venetis, Tarcisqae favebaut, 3i5 Nicoleofl metnens dassem in discrimina ferre
Segnis erat
Mahomet sent la nécessité de se hâter et ordonne ù ses soldats un assaut désespéré qui met Chalcis en son pouvoir, malgré l'opiniâtre résistance des habitants. Après cette conquête, et tandis que tremblent déjà toutes les Iles de la Méditerranée, Mahomet s*éloigne avec sa flotte (v. 437-443):
• Sed satis est, inquit Mahomettus, vicimus : in ri* Nolo rates dnbia variis mandare ministris : lusaeti pelago Tarci. Mihi mnlta necesse est 140 Commisisse aliis, quorum usus classica tractât Finibus ex aliîs, ceu sunt quandoque Latini Et Gneci, quorum tandem confidere menti Mi grave fit »
La guerre se transporte en Asie. Casanes ( Ouzoun-Haçan ) roi des Perses, excité par sa femme, fille du roi de Golchide dépouillé par les Turcs, à ressaisir le royaume de son beau-père, se prépare à déclarer la guerre à Mahomet, et conclut une alliance avec les Vénitiens, dont les flottes viennent lui apporter, dans les ports de l'Asie Mineure, des provisions de tout genre. Mahomet prend l'initiative et va le premier l'attaquer au cœur de ses Etats avec une armée nombreuse (v. 499-50i) :
Sunt peditnm dicant qui miilia forte tricenta 5()0 At sexcenta equitum, qui plura fuisse reportent.
Qui numerum minuant.
L'armée de Casanes est encore plus considérable, ce qui ne l'empêche pas d'être battu : l'artillerie des Turcs épouvante son innombrable cavalerie, et il est mis en complète déroute par Mahomet; cette déroute fournit à Philelfe l'ocx^asion de rappeler les grandes * luttes de l'antiquité : Xeraès battu par Thémistocle, Annibal par Scipion.
Le poëte raconte ensuite l'expédition de Mahomet contre les Valaques :
Romana colonia qaondam
In Scythico composta gela
Les Turcs renoncent au siège de Belgrade (v. 637-643) :
Hic abi nil fleret, propter (mirabile dicta) Fandamenta loci, tendentia mœnia ad astra Irreparabilibos qo» sont «errata mittistris 640 Arte loei. Maniaque mano, qoîa solus abi vir
Haad metoit centom, nec eam payor oUas ab arce Pnevaricat «olida, non est pagnare necesse, Nec sperare aliqaid viuci bellacibus armis.
Mahomet tourne de nouveau ses armes contre les Vénitiens et cherche à leur enlever FEpire ; Philelfe justifie encore cette attaque par le fait que Mahomet appartient à la famille de Priam, et qu'il doit venger celui-ci de Pyirhus, fils d'Achille (657-662) :
Jure igitur qao Grœca cupit sibi subdere qaidquid Sceptra habnere olim, vel qoœ Trojana propago Pertinet ad generisque saî sobolemque suoram, 600 Epiri deposcit opes, Scatarimque, yocavit
Ut noya plebs, arcem sablimi in yertiee montis Compositam qasrit bello confùndere ssvo.
Philelfe raconte le siège de Scutari , que Mahomet fait faire par un de ses lieutenants, circonstance à laquelle il attribue l'échec éprouvé alors par le sultan (v. 682-685) :
.... Victor erat, si forte fuisset Hic prœsens ; abi castra alîo non intégra dncta Dissensere animis, nec eadem miles ubiqne Mente fuit
La flotte vénitienne vient au secours de la place assiégée (v. 687-
Hic ego commissas flavio quandoque trirèmes
Hadriacas taceo, qus dam succurrere certant
Obsesôs ea in arce Tins, pontoque féruntur 690 A Venetis, flnmenque adeunt, vicisseque credunt
Turcorum sine Marte dueem qui cuncta patabat
Obsidione sibi jam ûicta flectere coUum,
Imminet a tergo quidqnid discriminis, instant
Qaœve perida oculis non cernant undique coscis * (il).) Namque abi dux audivit cas vcnisse trirèmes
Obsessisqne animum redtisse : « En, inquit, habeho
Cam trabibus quiD concta feront. » Statoitque catenas
Conserere adjectas, ubi parvo milite {$ie) distat
Agger is ex illo. Sunt saxa propinqna, pererrat 700 In quiboa hic flavias strictoque reoonditur alveo ;
Jamque catenatia trabibus conclosa fuissent
Corpora longa, quibus Venetorum multa sedebat
Nobiiitas latura animos in ftinera Martis,
Obseasisque fidem, multo discrimine misso, 705 Ni fugitivus eos monuisset, sistere nusquam,
Sed subito rediisse viros qui classis habebant
Imperium a Venetis. Sic solus transfnga, rerum
Tantaram adjutor, claasem a discrimine tutam
Reddidit. Ula autem vidit quando arte catenas 710 Astringi, vix terga dédit, vix viva redivit
Immunisqne suis. Turcornm tela frementum
Est experta etiam qui, summo ex aggere, ferro
Instabant, ubi saxa truci junguntnr in antro.
Et periere aliqui in Venetis qui transtra tenebant, 715 Atqne aliqui ex Turcis qui classem prendere certant.
Mais Dieu ne veut pas laisser tomber entre les mains des Turcs les clefs de l'Adriatique : un père châtie ses enfants , il ne désire pas leur mort. Les Turcs, découragés par les longueurs du siège, l'abandonnent enfin.
Alors Mahomet prépare une puissante expédition contre Kaiïa, possession génoise, et contre les Valaques. Pour arriver plus sûrement à son but, il conclut avec les Vénitiens une trêve de six mois : il équipe une flotte de huit cents voiles qui fait trembler toute la ChréUenté(v. 775-812):
775 Armât et ipse tamen classem, quœ terreat anceps
Hadriacos, qua parte ruât : sic rectius illos
Induciaa cupiisse yidet, securus ut ipse Posait opns tentare suum. Nova classis habebat
Octingenta, refert ut veri nuntia fiuna, 780 Vêla quidem, et, monstrum quod quis mirabile dicat,
GhristioolflB pars major erat. Nova prcemia cunctos
Namque ooegerunt nautas de qualibet orbis
Parte bonos, qua gente velis, regionere cretos.
Mirantur stupidi nautœ qui tanta yidebant 785 Quanta prius nusquam yidere, animisye pntarunt
PoBse salo fieri. Frémit omnis natio et omnis
Insula prsBcipue magno commota tumultu.
Hinc payet alta Chios, payet hinc altisaima Creta,
Hinc Corcyra tremit, tremit hinc spoliata Methone 700 Finibus ante suis, soda comitata Corone,
214 APPENlMCe.
Iliocque Cypras riguit, Rhodus intlc gelata pavore csf
Nemo videt quo classis cat, sibi littora quoique
Ezcidium ducuut sine defensore parari.
Vox tamen una fuit quam Turcus ubiquc fremehat 795 In Latios fines, Venetorum ad littora, classis
Qaod petitura foret, quaudoque hœc Appula régna
Esse aditura, sinus et permensura Sicanos,
Inde Quirinalis ventura ad mœnia terne
Sœpe ferebatur. Modo et hoc, modo et illud in ore 800 Multorum fuerat, sed nec durare pntabat
Posse aliqnis contra, nec tela instabat habere,
Poflsibile esse ratas nunqnam saa tecta tueri
Classis ab adventa tants, fremitnqae virorum
Castra quibus nova facta refert sua fiuna repleri. 805 Domtimet omnis apex regom, dum qoisque fremiseit,
llle salum subiit Maumm, oui missa Propoutis,
Eaxinusque relictus ea cum classe petenti
Ad Tanain rigidum, glacies cul frangitur alta,
Solibns SBStivis compulsa : est Capha reperta 810 Ante aditum Tanais, Capha antiquissima quondam
Quam coluere Scyths, servorum plena, lapillis
Inclyta qaos vexit mercator fùscus ab Indis.
De deux frères qui se disputent les faubourgs de la ville, l'un on ouvre les portes à Mahomet^ qui, après s'être emparé de Kafla, récompense sa trahison par la mort. Ensuite le poète décrit le partage de l'immense butin fait par les vainqueurs; Mahomet transporte en Grèce les principaux des habitants » et après avoir laissé dans la ville une garnison, il fait voile avec sa flotte vers les bouches du Danube, pour punir les Valaques de leurs tentatives continuelles d'agression contre ses frontières. Les Valaques, épouvantés, rasent eux-mêmes leur ville principale, Moncastrum (actuellement Bialogorod ou Bolgrad, en Bessarabie) et se réfugient dans les montagnes. Ici se place la description d'une nouvelle terreur des populations chrétiennes (v. 964-984) :
Territat interea non Vlachos denique solos, 965 Non ScythisB fines, Charamannum non simul ipsuni
Sarmaticis qai prsest populis rex magnus, ab axe
Sit licet hoc distans per aperta silentia arenœ,
/Egypti quœ pressa jacent in faucibus altœ,
Sed simul usque Chion, simul illos, stant quibus urbes 970 In medioque domns ponto. De finibus horum
Quot fugere viri ! Quot cum re cuncta tulerunt
Quœ sua sunt ratibus I Vidi ipse Anconis in urlieni
Creteuses venisse viros, sua quasque tulisse
Cum paeris, totaque domo. Sensi esse vagataiu 975 Hanc famam, f agisse Chio cum navibas altis
Corpora multa virum. Fines liqaere Methonœ,
Atqae Coroneos multi ; Corcyra tremiscit,
Indeque turba ftigit. Metait sibi quisque, tenet qai
Quid valeat Turcus, qao sit Mahomettus amore, 980 Qua YÎrtute seqoax laadis, quœ ad sidéra vera
Transcendât cervice polum, et se terminet astris.
Philelfe conseille l'union aux chrétiens; il énumère tous les bîen- Taits de la concorde et leur promet la victoire, s'ils veulent s'armer pour le salut commun et renoncer à leurs querelles particulières ; il les excite enfin à cette union en leur faisant le sombre tableau des malheurs qui les menacent encore , s'ils persistent dans leui*s dissensions. Celui de tous, qui lui parait le plus efiroyable, c'est que les Turcs vivent avec des femmes chrétiennes (v. 4335-1349) :
1335 Proh miserum soelus hoc poteris tolerare supeme
Jupiter I At si quando andet temerarios tdlus
De nostris miscere saura de sanguine semen
Cum Torca, haud secus hune pœnœ committîmns acri,
Ac si cum vitola se commisceret inaui.
1340 At Chios tolerare sao snb fornice Turcos
Christicolas agitare nurus m<Bchasqae ooacta est,
Plectere nec prosomit eas ; si fiima feratur
Crimine pro tali taies punisse proftnas,
Poena paratur eis qui jura dedere nefandis. 1 345 Nonne igitur jdomini Turci snnt, atque minant ar
Bis p^ora satis ? Pcjus nihil esse putarim
Ni vinclis strinxisse illos ; nam fanera debent
Exoptare boni potius quam vivere tanto
Flagitio, et tantis agitari flnctibus usque.
Puis il s'adresse au duc de Milan, Galeas Marie, et le supplie de se mettre à la tête d'une puissante confédération pour arrêter les progrès des Turcs. Ce morceau contient les différents faits historiques qui servent à préciser la personne du prince auquel s'adresse Philelfe, et qui contribuent par suite à fixer, ainsi que je; l'ai dit en commençant l'analyse de VAmyris, la date de la composition de ce poème (v. 1356-1435) :
At tu, dux Galeas, qui tam javenilibus annis Successisse patri datus es, qui sidéra tangit Mente sacer ; nam fama polos supereminet omuos , Ille intentatam nihil hoc dimisit in orbe 1300 Gloria quod statoisset eqais tentare virisque.
2f6 APPENDICE.
Viribas atque ducis pnsclari, animoquc beato, Qai sociale talit bellum non gcnte sab ana Tatari, in Venctis iibi quondam magna fuerunt Vincla, Fluentinîsqne simul, sanctaque thiara
1365 Pontificis sommi, Insubriom, yiyente Philippo,
(Cujus adhuc nomen conctis Tenerabilc terris) Niooleos quando Picininos castra regebat Insabrium, magnoque fuit tremibundus honore? Nonne pater tuas is Piceno pnefuit agro,
1 370 Prœter et Anconem, reliquas dominator in urbes f
Nonne et dictator Romano prœfùit osque Concilio patram ? Nonne hic corn Marte coegit Insnbriam yalido seryire, atque inde trinmphum Promeruit, qoaleni nullus cum milite summo
1 375 Ante ausus tentare Aiit ? Quin pace quieyit ItaUa hoc sab pâtre tuo, nec Turcos ovabat Tune adeo hostili spolio
Postqoam Franciscns Sphortia dnx est
Insnbrium Ligornmqae simol, nec Capha subaeta est, Nec Ghios tentata olli, nec is ista tolisset De se onqnam fieri« valido qni Marte tneri
1390 Est solîtns reliques. Défendit Gallica régna.
Ta qoibns es missus fiiator cum milite multo A pâtre magnanime castris prœfectns agendis, Quin et Parthenopes regem, cui mille pararant Intensas aoies vario ferrore Latinii
1 395 Rexque ille inyicto ingenio, meritisque Renatus
Eximiis, cujos jam nomine plura Johaunq|, Dux Galabrum, sua signa dabat yictricibus armts, Et Picininorum pnestans Jaoobus honore Maximus ingenti nihil hoc yel fidus omisit,
1400 Vel bello inyictus : cum jam titubaret utrinque
Tune Ferdinandus, Franciscus Sphortia misit Castra dueesqne suos, nummosque, omnemque parât um, Et regni defensor eos oessisse ooegit, Quos Jam yictores et Apnlia et omnis ubique
1405 Orbis tune poterat nulle obsistente fateri :
Quin etiam ad Celtas quot nayes mistt Hiberos, Ut régi prœstaret opem cum lande Johanni I Ezpugnabat eum nam régis nomine Franci Dux idem, qui, rege satns sine labe Renato,
1410 Magnus erat, fortisque, ducum darissimus alter.
At tu pace tibi patrimonia régna relicta Insubrium, Ligummque tenes, Venetique ligati Fœdere sunt tecum : satis est œrisque yirumque. Siye équités misisse yelis, peditesye ratesye,
i415 Aut naves Ligurum, qaal^s nemo audet in orbe
Attentare minax hostis, longaave trirèmes.
Ergo âge, dax Galeas, certa qui lande, Marias, Cognittu es mando belloque togaqne yerendos, 1 435 Accipe tela manu
Philelfe énumère ensuite les exigences du Turc vis-à-vis des Vénitiens (v. 1489-1507) :
Nonne ausus Venetis antehac deposcere ab ipsis 1490 Littore quœ tenuere uUo, pelagoque sedebat
Insula si qua illis, nedum Gretœa vel arva,
Gorcyramve gravem, quidquidve est littore Achiyo,
Qaando Methona ipsis parva comitata Corone
Paret, et urbe nova; verum quœ Paunonisora, 1 495 Quœque Libumna habet, quando est excursio crebra,
Que rapit hinc atque inde viros, armenta domosque
Assidue et ducit prasdam sine fine coactam,
Poscere ea est ausus, Venetisque ea mittere tantum
Quse tellure sedent, longeque a littore distant, 1500 Ut Paduœ, et Tervisa phalanx, Vincentia prisea^
Veronsque locus, quidquidque huic adjacet uni,
Brixiaque, et si quid plus Bergomon et Crema cernit.
Quin etiam, ut possent Veneti sua pace tenere,
Poscebat summum nulla ratione tribatum, Ib05 Nummos, fama minor si vera est, velle ducentos
Se dicens auro ex solido^ Venetisque figuris
Annua quœ fi«rent, Veneti sibi prœmia regni.
Philelfe reproche ensuite aux Vénitiens leur mollesse et leur inaction (v. 4 542-1 554):
Vos Veneti, qui tôt modo res gessistis in orbe,
Quos timuere omnes, qua parte est cœlifer Atlas
In Libyca regione senex, qua parte Bootes 1545 Usque riget gelidus, qua sol surgitque caditque;
Vos, quibus est auri tantum, tantusque senatus,
Atque adeo multœ magna vi et lande trirèmes,
Assidueque novœ naves, quos obstupuerunt
Quicunque ingenio excelso tenuere quod estis ; 1550 Vos igitar taies tantique parentis alumni,
Nam sacer est Marcus qui vobis praesidet et vos
Usque régit pietate nova, Deus annuit alto
Maximus e solio, sœvum non pellitis hostem !
Non propulsatis tôt tela nociva frementis !
Le poëte répète encore une fois ses exhortations à la concorde et
à Tunion contre l'enneini commun, et termine ce patriotique appel, qui clôt le chant lY et le poème lui-même, par les vers suivants (i6iO-1662):
1640 De nostris multi nommos seryare sab arca
Assidae cupiant, nallosque movere tnmaltns.
Ne miouantur opes, et ne decresoat acervus.
Magna simultatis vis sit licet atqae craentœ
Seditionis inops animas, qnam cmn tegit intos, 164S 111a alitor, semperque latet ne nommas ab arca
Exeat occlatus : laado velamina oordia,
Qaamvis mente velim non sit confosa simaltaB ;
Sed potîas laadem nammos exîre repostos,
Nec latnisse asqoam, bellia sed ponere in altis 1650 Ne vestros jagnlet natos fratresqoe nepotesqae
HsBC fera qo» nanquam satura est ni plena craoris.
Et qoanto ougor Hahomettos nomine et arte,
Egregiasque magis, meliorqae ingentibna armis,
Tanto etiam insistant conoti graviore perido 1655 Astricti, magis et yideant sibi danma parata.
Ni accipiant saa tela mana, ponantqne ftirores
Mentibas innatos adyersns jara propinqoa.
Et natoa, patresqae saos, fratresqoe oolendos ;
Nec parvi fiiciant Torcam, nam maximos ille est 1060 Viribos, ingenio, nommisqoe virisque potandas,
Tollendosqoe qoidem, niai concti opponitis arma,
Qoos rex quœrit atroz bellis eonfondere tantis.
Enfin on lit à la fin du poème Tépigramme aux lecteurs dont j'ai parlé au commencement de l'analyse de VAmyris^ et qui prouve, par le témoignage même de l'auteur, que le manuscrit de la bibliothèque de Genève, outre son unicité, possède encore la valeur d'un autographe. Cette épigramme est ainsi conçue :
MARII PHIL. EPIGRAMMA AD LEGENTES
Aoctoris qood scripta mana sint cuncta, potentor
Fida magis, lector qoœ sine labe légat, Qoam si polcbra forent elementa, ipsœqoe figurœ
Qus Nicostratœ forte fdere manu :
Nam melios tenoit que scriberet aoctor, habetque
Majorem merito jure poema fidem.