DIFFERENCE
avec Tété moyen
TEMPléRATURE
de l'été.
DIFFtREKCE
avec l'été moyen (18o,3).
as
Tous les rapports de température que nous ayons fixés jusqu'ici appartiennent à cette partie des basses couches de T atmosphère qui reposent sur la surface solide du globe, dans Thémisphère boréal. Il me resterait à discuter ici la température de Thémisphère austral ; mais, ayant récemment traité cet objet dans un autre ouvrage , je me bornerai & la simple indication de quelques résultats numériques. Peu de parties de la philosophie naturelle offrent Texemple d'une variation aussi grande dans les opinions des physiciens. Dès le commencement du xvi* siècle, et les premières navigations autour du cap Horn , l'idée se répandit en Europe que Thémisphère austral était considérablement plus froid que Thémisphère boréal. Mairan et Buffon combattirent cette idée par des raisonnements théoriques peu exacts (62). ^pinus rétablit de nouveau (63) ; les découvertes de Cook firent connaître la vaste étendue ded glaces circumpolaires australes; et dès lors on s'exagéra Tinégalité de la température des deux hémisphères. Le Gentil et surtout Kirwan ont le mérite d'avoir démontré les premiers que rinflueqce des glaces circumpolaires sur les climats s'étend moins loin dans la zone tempérée australe qu'on ne l'avait admis généralement (6&). La moindre distance du soleil au solstice hiémal et le plus long séjour de cet astre dans les signes septentrionaux agissent en sens opposé sur la chaleur dans les deux hémisphères (65) ; et comme , diaprés le théorème de Lambert , la quantité de lumière qu'une planète reçoit du soleil
croit pra|ior|Miniiel}emttnt à TaiioinaUe vraie , l*iné«galité de température entra les deqx hémiaphèras n'est pas Teffet d'une irradiation inégale. L'hémi* sphère austral reçoit la môme quantité de lumière ; mais raocumulation de la chaleur y çst moindre , à cause de rémission de la chaleur rayonnante qui a eu lieu pendant un hiier plus long (66). De plus, cet hémisphère étant en grande partie aquatique , les extrémités pyramidales des continents y ont le climat des lies. Des étés d^une température très-bpsse sont suivis, jusqu'à SO* de latitude australe, par des hivers peu rigoureux t aussi les formes végétales de la aone torride , les fougères en aiiires et les orchidées parasites avancent au sud jusque vers les ftS'' et hâr de latitude* Le peu d'étendue des terres dans l'hémi* sphère austral ne contribue pas seulement à égaliser les saisons, mais aussi à diminuer d'une manière absolue la température annuelle de cette partie du globe (67). Je pense que cette cause est beaucoup plus active que celle qui tient à la faible excentricité du mouvement planétaire. Les continents , pendant Tété , font rayonner plus dQ chaleur que les mera i et le courant ascendaqt , qui porte l'air des zoqes équipcxiales et tempérées vera les réglons circum* polaires, agit moins dans l'hémisplière austral que dans rhémiqphèra boréal. Aussi voyons -nous la calotte de glace , qui entoure le pôle jusque vers les 71^ çt 68^ degrés de latitude sud , avancer davantage vers réquateur^ partout où elle trouve une mer libre, c^estMàtdira li où If s. extrémités pyramidales deè
grands continents ne lui sont pas opposées. On a lieu de croire que ce manque de terres fermes pro* duirait un effet beaucoup plus sensible encore , si la répartition des continents était aussi inégale dans les régions équinoxiales que dans les zones tempérées (68).
La théorie et l'expérience prouvent que la diffé* rence de température entre les deux hémisphères ne peut pas être grande, près de la limite qui les sépare (69). Le Gentil a déjà observé que le climat de Pondichéry n'est pas plus chaud que celui de Madagascar, à la baie d'Antongil, par 12* de latitude australe. Sous les parallèles de 20*, Tile de France a la même température annuelle (26*,7) que la Jamaïque et Saint-Domingue. La mer de Tlnde , entre les côtes orientales de T Afrique , les lies de la Sonde et la Nouvelle-Hollande , forme une espèce de golfe fermé au nord par T Arabie et par Tlndostan. Les lignes isothermes paraissent s'y relever vers le pôle sud : car, plus à l'ouest dans la mer libre , entre l'Afrique et le nouveau continent, le froid de l'hémisphère austral se fait déjà sentir, quoique faiblement, à partir de 22*. Je ne citerai pas, à cause de ses montagnes isolées et de ses localités particulières , l'tie Sainte-Hélène (lat. 15%55'), dont la température moyenne ne s'élève, d'après M. Beatson, qu'à 22^ou 23*, sur le bord de la mer. Grâce au zèle infatigable d'un astronome portugais , M. Benito Sanchez Dorta (70), les côtes orientales de l'Amérique nous offrent , par 22%5ii' de latitude australe, presque sur la limite
de la région équinoxiale, un endroit dont on connaît le climat d'après plus de ftSOO obserrations thermométriques et barométriques j faites dans le cours de chaque année, pour constater les variations horaires de la chaleur et de la pression atmosphérique. La température moyenne de Rio-Janeiro n^est que de 2S%5, tandis que , malgré les vents du nord qui, pendant Thiver, amènent Fair froid du Canada dans le golfe du Mexique , les températures moyennes de Yeracruz (lat. i9%ll') et de la Havane (lat. 23%i0'), sont de 25%5« Les difiérences des deux hémisphères deviennent plus sensibles dans les mois les plus chauds.