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L'ORIGINE DE L'INCONSTANCE

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\ ÉNUS était une très bonne femme, Elle n'aimait qu'à faire des heureux ; C'est très bien fait, et Dieu veuille avoir l'âtnô Des belles dont le cœur est aussi généreux 1 Si dans le monde il est quelques contraintes, Si les mortels ont des sujets de plaintes, Ce n'est sa faute , et je puis l'attester.

Je pourrais même vous conter, Si vous voulez, d'où naquit l'inconstance, Péché fort grave, et très commun en France: J'aurai dit en trois mots , si l'on veut m' écouter.

Quand la déesse de Cythère , Par les baisers de Mars , eut rendu Vulcain père De cet enfant malin, ennemi du repos.

Qui nous fait tant de bien , et souvent tant de maux ,

Le destinant au bonheur de la terre , Elle voulait qu'il fût doux, vif, gai, bienfaisant , Ardent, aimable, tendre, et jamais inconstant:

* On sait que les vents alizc's sont des vents iVest qui régnent inTariablemeiit en Amérique, entre le tropique et la ligne.

Elle prit à deux tourterelles

Quelques plunies pour le parer:

Conduit par ces oiseaux fidèles, L'Amour ne devait pas craindre de s'égarer. Vous concevez qu'avec de pareils guides , Point ne faisait de ces tours si perfides Que trop souvent depuis il nous joua.

On ne volait de la brune à la blonde ; Honneur et bonne foi menaient alors le monde, Et ce fut l'âge d'or que cet lieui'eux temps-là.

Or, voici comme tout changea.

Un jour (hélas I ce jour est de trop dans sa vie ) , L'Amour, suivi des ris, des jeux et des plaisirs,

Rencontre de jeunes zéphirs

Accompagnés par la folie.

( De la mauvaise compagnie Voyez un peu , mes amis, le danger ! ) De plumes avec lui les vents veulent clianger: Pour s'amuser l'Amour accepte la partie. A ses mentors ce troc semble innocent ;

Tout en riant ils changent d'ailes ;

Et voilà , dans le même instant.

Les zéphirs devenus fidèles , Et l'Amour devenu plus léger que le vent.

Le jeu lui plaît ; les tourterelles Le rappellent en vain par de plaintifs accens ;

11 s'envole , et depuis ce temps

Fait enrager toutes les belles ,

Et lutine tous les amans.

Ces vents constans , ces auteurs de nos peines , Sont les vents alizés , dont les douces haleines Offrent aux voyageurs un utile secours.

Or, il est, mes amis, écrit qu'un de ces jours

Ils reprendront chacun leurs ailes:

Tant que n'apprendrez point ces heureuses nouvelles, N'espérez pas voir de constans amours.

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