‹ Mélanges de littérature et de politiqueChapitre 133 sur 175 · PIQUÉ PAR UNE ABEILLE · texte numérisé non relu

PIQUÉ PAR UNE ABEILLE

IMITATION u'aNACRÉON.

U iN' jour l'Amour voulut cueillir

Quelques roses, que le zéphir,

Aux premiers rayons de l'aurore, Par ses soupirs venait de faire cclore. Sans le savoir il troubla le sommeil

De certaine abeille endormie ,

Qui l'en, punit à son réveil.

Piqué par sa petite et cruelle ennemie, L'Amour troublé, gémissant, éperdu,

Vers la déesse de Cythève

Court, vole et s'écrie : Ah! ma mère,

Un serpent ailé m'a mordu.

Nos villageois nomment ce monstre abeille ! Jamais on ne sentit une douleur pareille.

Je suis... je suis... je suis perdu!

Puisqu'un faible aiguillon, répondit la déesse,

Peut te causer tant de douleur , Juge , ô mon fils , des maux que souffre un cœur.

Lorsqu'un des traits d'Amour le blesse I

Page 1