‹ Mélanges de logique d'Emm. Kant;Chapitre 20 sur 68 · DÉMONSTRATION · texte numérisé non relu

DÉMONSTRATION

Qu’une substance simple, privée de tout rapport avec d’autres, existe solitaire, je dis que son état interne ne peut subir aucun changement. En effet, puisque les déterminations qui se rapportent à la substance interne sont elles-mêmes des effets de raisons internes, avec exclusion de l’opposé, une autre détermination ne pourrait survenir qu’en vertu d’une autre raison. Mais, comme l’opposé de cette raison est dans les raisons internes, et qu’aucune raison externe ne survient, d’après la supposition, il est clair que cette détermination ne peut survenir dans la substance.

Autre détermination. — Tout ce qui est le fait d’une raison déterminante doit se trouver avec elle ; car il est absurde que, la raison déterminante étant posée, le raisonné ne le soit pas. 11 faut donc que tou-

DES PREMIERS PRINCIPES

tes les détermina lions soient en même temps que tous les principes déterminants daps quelque état d’une substance simple. Mais comme un changement est une succession de déterminations, c’est-à-dire un état où survient une certaine détermination qui n’était pas anparavant, si un être est déterminé à l’opposé d’ une certaine détermination qu’elle possède, cette détermination ne peut s’effectuer par les raisons internes qui se trouvent dans cette substance ; si donc elle s’effectue, c’est nécessairement par suite d’un rapport externe.

Même démonstration encore un peu diversifiée. — Supposez qu’un changement survienne sous des conditions indiquées; par le fait qu’il commence à exister, puisqu’il n’existait pas auparavant, c’est-àdire puisque la substance était déterminée en sens opposé, et qu’il n’y a, par hypothèse, que des principes internes pour déterminer cette substanee, les mêmes raisons qui la déterminent d’une certaine façon la détermineront d’une façon contraire. Ce qui est absurde.

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