INTRODUCTION
La question proposée est telle que, si elle est convenablement résolue , la philosophie supérieure doit en recevoir une forme déterminée; si la méthode d’après laquelle le plus haut degré de certitude possible, dans cette espèce de connaissance, peut être acquis, et si la nature de cette persuasion bien aperçue est une fois solidement -établie, alors, au lieu de l’éternelle inconsistance des opinions et des sectes scolastiques, une règle immuable dans la manière d’enseigner ramènera infailliblement les têtes pensantes à des efforts uniformes, de la même manière que la méthode de Newton a remplacé dans la science de la nature le décousu des hypothèses physiques par un procédé certain, dont l'expérience et la géométrie sont la base. Mais quelle sera la méthode du traité même dans lequel on doit montrer à la métaphysique son vrai degré de certitude, et la marche à suivre
pour y parvenir? Si cette exposition est déjà de la
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métaphysique, alors le jugement qui en décide est aussi incertain que Ta été jusqu’ici la science qui prétend asseoir ainsi ses fondements , et tout est perdu. Je parlerai donc des principes certains fournis par l’expérience, et les conséquences immédiates qui en découlent formeront toute la matière de mon traité. Je ne m’abandonnerai ni aux doctrines des philosophes, dont l’incertitude est précisément l’occasion du problème à résoudre ; ni aux définitions, qui sont si souvent trompeuses- La méthode dont je me sers ici sera simple et circonspecte : s’il y a quelque chose qu’on puisse encore trouver incertain, il sera de telle nature qu’il n’aura servi qu’à l’explication, mais pas à la preuve.