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telleet, un certain art docimastique ou d’essai qui serve à distinguer nettement ce qui est sensitif et ce qui est intellectuel, je crois qu’il faut pénétrer plus avant dans la question.

Voici donc le principe de réduction de tout axiome subreptice : si, en général , d'une notion intellectuelle quelconque est affirmé quelque chose qui tient aux rapports d! espace et de temps, il ne doit pas être énoncé objectivement, et il n indique que la condition sans laquelle la notion donnée n'est pas sensi tivement commis sable. On s’aperçoit qu’un axiome de celte espèce est faux et qu’il affirme au moins témérairement et précairement s’il n’est pas faux,, à ceci : que le sujet du jugement qui est conçu intellectuellement, appartient à un objet , mais que le prédicat contenant des déterminations d’espace et de temps n’appartient qu’aux conditions de la connaissance sensitive humaine qui, par le fait qu’elle ne tient pas nécessairement à toute connaissance du même objet, ne peut être énoncée universellement de la notion intellectuelle donnée. Si l’entendement tombe aussi aisément dans ce vice de subreption, c’est qu’il est trompé par l’intervention de quelque règle très-vraie. C’est avec raison, en effet, que nous supposons que rien de tout

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ce qui ne peut être connu parfaitement par quelque intuition n'est concevable , et par là même est impossible. Mais comme nous ne pouvons par aucun effort de la pensée, ni même par une fiction, atteindre quelque autre intuition que celle qui a lieu d’après la forme de l’espace et du temps, il arrive que nous estimons impossible (oubliant ainsi l’intuition intellectuelle pure et affranchie des lois de la sensibilité, telle que l’intuition divine, que Platon appelle idée) toute intuition absolument qui n’est pas soumise à ces lois, et que nous soumettons ainsi tous les possibles aux axiomes sensitifs de l’espace et du temps.

Toutes les illusions- des connaissances sensitives avec apparence de connaissances intellectuelles, illusions d’où procèdent les axiomes subreptices, peuvent se réduire à trois espèces, dont voici les formules :

Jï° La condition sensitive sous laquelle seule l’z/ituition de l’objet est possible, est aussi la condition de la possibilité même de V objet;

2° La condition sensitive sous laquelle seule .des choses données peuvent être comparées pour former la notion intellectuelle de V objet , est aussi la condition de la possibilité meme de l’objet;

3° La condition sensitive sous laquelle seule la sub -

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somption de quelque objet présent à une notion intellectuelle donnée est possible, est aussi la condition de la possibilité môme de l'objet.

Axiome subreptice de la première classe : Tout ce qui est , est quelque part et en quelque temps (1 ). Ce faux principe soumet l’existence de tous les êtres, de ceux-là mômes qui sont connus intellectuellement, aux conditions de l’espace et du temps. De là, la question oiseuse des lieux occupés par les substances immatérielles (dont cependant nous n’avons, par cette môme raison, aucune intuition sensible, ni aucune représentation sous une pareille forme) dans l’univers corporel, du siège de l'àme, etc. Et comme le sensible est abusivement mêlé à l’intellectuel, comme si l’on confondait le rond avec le carré, les disputants présentent souvent le spectacle ridicule de deux personnes dont

(1) L’espace et le temps sont conçus comme comprenant en eux tout ce qui s’offre aux sens, de quelque manière que ce soit. C’est pour cette raison que, d’après les lois de l’esprit humain, il n’y a pas d'être donné en intuition qui ne soit contenu dans l’espace et le temps . A ce préjugé peut en être comparé un autre, qui n’est pas proprement un axiome subreptice, mais qui est un jeu de la fantaisie, et qui pourrait être formulé ainsi : Vcspacc et le temps sont dans tout ce qui existe, c’est-à-dire, toute substance est étendue , etc. continuellement moditiée. En effet, ceux-là mêmes dont les notions sont le plus grossières, quoique fort asservis à cette loi de l’imagination, conçoivent néanmoins qu’il ne s’agit là que de l’effort que fait l’imagination pour se représenter les formes ( spccies ) des choses, et non des conditions de leur existence.

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l'une trairait un bouc dans un tamis tenu par l'autre. La présence des choses immatérielles dans le monde des corps est une présence virtuelle, et non locale (quoiqu’elle soit improprement appelée ainsi); l’espace contient les conditions des actions mutuelles possibles de la matière seule; quant aux rapports externes des

forces propres aux choses immatérielles, tant entre elles qu’avec les corps, c’est ce qui échappe complètement à l’esprit humain, ainsi que l’a judicieusement remarqué le perspicace Euler, grand investigateur et grande autorité dans un autre ordre de faits (dans ses Lettres à une princesse ci* Allemagne). Mais quand ils arrivent à la notion d’un être suprême et au dehors du monde, il est impossible de dire jusqu’à que! point ils sont le jouet de ces ombres qui tourbillonnent autour de leur entendement. Ils imaginent une présence locale de Dieu ; ils enveloppent Dieu du monde,

puis il le. conçoivent comme contenu dans un espace

infini, pour le dédommager de cette limitation, en imaginant une localité conçue comme par excellence (per eminentiam ), c’est-à-dire infinie. Mais il est absolument impossible d’être en même temps dans plusieurs lieux, parce que les lieux divers sont respectivement en dehors les uns des autres, et qu’ainsice qui est en plusieurs lieux est en dehors de soi-même et présent extérieurement à soi-même, ce qui implique. Pour ce qui est du temps, ils ne sc bornent pas à soustraire les lois

ET 1)E I.’iNTELLIGIBLE.

delà connaissance sensitive, ils rétendent au delà du

inonde, le transportent à l’être même qui en est en . dehors, comme une connaissance de son existence même, et s’engagent ainsi dans un labyrinthe inextricable. De là des questions absurdes qui font leur torture, par exemple, pourquoi Dieu n’a-t-il pas créé le monde plus tôt de quelques siècles. Ils se persuadent qu’ils peuvent concevoir aisément de quelle manière Dieu voit le présent, l’actuel du temps ou il est , mais ils croient qu’il est difficile de concevoir comment il prévoit le futur, c’est-à-dire l’actuel du temps où il ii est pas encore. Comme si l’existence d’un être nécessaire passait successivement par tous les moments d’un temps imaginaire, et qu’après avoir épuisé une partie de la durée, il prévoyait l’éternité qu’il doit vivre encore, avec tous les événements du inonde qui doivent arriver dans cette durée! Toutes ces difficultés disparaissent comme des songes dès qu'on se fait une juste idée du temps.

Les préjugés de la seconde espèce en imposant à l’entendement par les conditions sensitives auxquelles l’esprit est astreint, sont encore plus difficiles à découvrir lorsqu’il veut, en certains cas, arriver à rintellpctuel. L’un de ces préjugés affecte la connaissance delà

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quantité, l’autre la connaissance des qualités en général. Le premier peut s’énoncer ainsi : toute multitude actuelle est numériquement exprimable , et par conséquent tout quantum fini. Voici le second : Tout ce qui est impossible se contredit . Dans l’un et l’autre la notion de temps n’entre pas dans la notion môme du prédicat, et n’est pas censée caractériser le sujet, mais elle sert de moyen pour former la notion du sujet, et affecte ainsi, ou comme condition, la notion intellectuelle du sujet, en ce que nous n’atteignons que par ce moyen cette notion.

Quant au premier, comme aucun quantum aucune série n’est connue distinctement que par coordination successive, la notion intellectuelle du quantum et de la multitude ne se forme donc qu’à l’aide de cette notion de' temps, et n’atteint son maximum qu’autant que la synthèse peut être achevée dans un temps fini. Teîleest la raison pour laquelle une série infinie de coordonnées ne peut être distinctement comprise à cause des limites de nôtre entendement, et paraît impossible par un vice de subreption. En effet, d’après les lois de l’entendement pur, toute série d’effets a un principe , c’està-dire qu’il n’y a pas de régression sans limite dans une série d’effets. Mais comme, d’après les lois sensitives, toute série de coordonnées a son commencement assignable, les propositions dont la dernière comprend lu commensurabilité de toute la série, la première qui

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en comprend la dépendance , sont mai à propos regardées comme identiques. De même, kV argument de V entendement qui sert à prouver que le composé substantiel étant donné, les principes de la composition, c’est-à-dire les simples sont aussi donnés, j’ajoute rargument subyeptice (supposilitium), suborné {subornation) par la connaissance sensitive, à savoir, que, dans un semblable composé, il n’y a pas dans la composition des parties de régression à l’infini, c’està-dire que dans tout composé de parties se trouve un nombre défini ; ce qui ne signifie pas la même chose que la première proposition, et qui, par conséquent,

1 ui estmai à propos substitué. Que le quantum cosmique soit limité (qu’il ne soit pas le plus grand possible), qu’il ait un principe,. que les corps soient composés d’éléments simples, c’est ce qui peut assurément se reconnaître à un signe certain de la raison. Mais que l’ univers soit mathématiquement fini quant à la masse, que sa durée passée soit mesurable, que le nombre des éléments qui composent les corps soit défini, ce sont là des propositions qui décèlent ouvertement, leur origine d’une connaissance sensitive, et, quelle qu’en puisse être d’ailleurs la vérité, elles portent toujours la tache certaine de leur origine.

Quant au second axiome subreptice, il a son origine dans la conversion abusive du principe de contradiction. La notion de lemps tient ici au jugement

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primitif, en ce sens que si deux opposés contradictoires sont donnés en même temps dans le même sujet, T impossibilité est manifeste ; ce qui s’énonce ainsi : Tout ce qui est et nest pas en même temps est impossible. Comme on affirme ici par l’entendement quelque chose dans un cas qui est donné suivant les lois îsensitives, le jugement est très-vrai et très-évident. Au contraire, lorsque le même axiome est converti de cette façon : Tout impossible est et nest pas en même temps , on implique contradiction, on affirme par la connaissance sensitive en général quelque chose d’un

objet de la raison ; on soumet donc une notion intel-

lectuelle du possible ou de l’impossible aux conditions de la connaissance sensitive, c’est-à-dire à des rapports de temps; ce qui est très-vrai sans doute des lois auxquelles l’entendement humain est assujetti et limité, mais ce qui ne peut en aucune façon s’accorder objectivement et généralement. Notre entendement n'aperçoit sans doute Y impossibilité qu’où il peut noter l’énonciation simultanée de deux opposés touchant un môme sujet, c’est-à-dire dans le cas seulement où il y a contradiction. Partout donc où ne se rencontre pas une condition de cette nature, il n’y a lieu pour l’entendement humain à aucun jugement d’impossibilité; mais on en conclut témérairement qu’aucun entendement n’en est capable, et qu’ai nsi tout ce qui 11 implique pas contradiction est par là meme

ET 1>K I.’l XTEI.LT G 1 BLE . 2Gl)

possible; c'est prendre des conditions subjectives de jugement pour des conditions objectives. Delà tant de jorces fictives, imaginées comme à plaisir, qui s’échappent en foule, sans rencontrer l’obstacle de la contradiction des intelligences architectoniques, ou plutôt portées aux chimères. En effet, une force n’étant que le rapport de la substance A à quelque autre chose B (un accident), comme rapport de la raison au raisonné, la possibilité d’une force ne tient pas à l'identité de la cause et du causé, ou de la substance et de l’accident; donc l’impossibilité des forces faussement imaginées ne dépend pas de la seule contradiction. On ne peut donc regarder une force imaginaire comme possible qu’autant qu’elle est donnée par V expérience , et aucune pénétration de l’entendement n’en peut concevoir à priori la possibilité.

Les axiomes subreplices de la troisième espèce ne sortent pas si nombreux des conditions propres au sujet , d’où ils sont abusivement transportés aux objets , que (ainsi qu’il arrive dans ceux de la seconde classe) il n’y ait moyen de parvenir à la notion intellectuelle que par des données sensibles ; seulement, ce n’est qu’à l’aide de ces données, que la notion peut être appliquée au cas donné par l’expérience; c’est-

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à-dire qu’on peut connaître si quelque chose est ou n’est pas contenu sous une notion intellectuelle certaine. De ce nombre est ce principe reçu dans les écoles : tout ce qui eoçiste d'une manière contingente , na pas existé autrefois . Ce principe Subreptice provient delà pénurie de l'entendement, qui considère le plus souvent les caractères verbaux de la contingence ou de la nécessité, rarement les caractères réels. On ne saura donc si l'opposé de quelque substance est possible, puisque c’est à peine si on le reconnaît à des caractères pris à priori, qu 'autant quil sera certain quelle na pas existé autrefois. Les changements attestent mieux. la con tingence que la contingence n’atteste la mutabililité; de telle sorte que si on n’observait rien de passager et transitoire dans le monde, c'est à peine si l’on aurait la notion de contingence. C’est pourquoi la proposition directe étant très- vraie : tout ce qui n a pas été autrefois est contingent, l’inverse ne fait connaître que lçs conditions sous lesquelles seules il est possible de reconnaître si quelque chose existe nécessairement ou d’une manière contingente. Aussi, lorsqu’elle est énoncée comme loi subjective (ce quelle est en effet), elle doit se formuler ainsi : Le sens commun ne donne pas des caractères suffisants de la contingence de ce dont la non-existence antérieure n est pas certaine . Ce qui linit par aboutir tacitement à une condition objective, comme si, sans cet accès-

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soire, il n'y avait évidemment pas lieu à la contingence; mais cette addition en fait un faux axiome, un axiome erroné; car ce monde, existant d’une existence contingente, est permanent (. sempiternus ), c’est-à-dire simultané en tout temps, de sorte qu’on dirait faussement qu’il a été un temps où il n’a pas existé.

Certaines autres choses, qui ne communiquent à la notion intellectuelle aucune tache de connaissance sensitive, mais où cependant l’intellect est tellement abusé qu’il les prend pour des arguments tirés de l’objet, quand elles nous sont seulement recommandées par leur convenance avec le libre et vaste usage de l’entendement, suivant sa nature individuelle, s'attachent par une grande affinité aux principes subreptices. Aussi,' comme les choses qui ont été plus haut énumérées, elles sont fondées sur des raisons subjectives , non sur les lois de la connaissance sensitive, mais bien sur celtes de la connaissance intellectuelle, c’està-dire sur les conditions qui lui permettent d’user facilement et promptement de sa clairvoyance. Qu’il me soit permis de dire un mot, en finissant, de ces principes, qui, si je ne me trompe, n’ont été exposés distinctement nulle part ailleurs. J’appelle principes de convenance les règles du jugement auxquelles nous

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nous soumettons volontiers, auxquelles nous nous attachons comme à des axiomes, par la raison seulement que si nous nous en séparions, notre entendement ne pourrait porter aucun jugement cVun objet donné . Au nombre de ces principes sont les suivants : Le premier, par lequel nous admettons que tout dans V univers arrive suivant un ordre de la nature . Ce principe a été admis sans restriction par Epicure; et tous les philosophes sont unanimes à reconnaître qu'il ne doit y être apporté que de très-rares exceptions, au nom même de la plus impérieuse nécessité. Nous en décidons ainsi, non que nous ayons une aussi vaste connaissance des événements cosmiques suivant les lois communes de la nature, ou parce que l’impossisibiiité d’événements surnaturels nous serait démontrée, ou que la possibilité hypothétique de ces sortes d’événements soit la plus petite possible, mais parce que si l’on déserte l’ordre de la nature, il n’y a plus aucun usage possible de l’entendement, et que Faffirmation téméraire du surnaturel est l’oreiller d’un entendement paresseux. Par cette raison, nous écartons avec soin de l’exposition des phénomènes les miracles relatifs [comparativa) , je veux dire l’influence des esprits, par la raison que leur nature nous étant inconnue, l’entendement serait, à son grand dommage, détourné de la lumière de l’expérience, vers des ombres de causes et d’espèces ou formes inconnues, elque ce-

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pendant l’expérience seule donne à l’esprit le moyen déjuger d’après des lois connues. Le second de ces principes est cette faveur de /’ unité, propre à l’esprit philosophique, d’oùest venu ce canon vulgaire: que les principes ne doivent pas être multipliés sans nécessité. Si nous l’admettons, ce n’est pas que nous voyions par la raison ou par l’expérience une unité de cause dans le monde, mais c’est que nous cherchons par un instinct de l’entendement cette unité même, parce qu’il ne croit avoir avancé dans l’explication des phénomènes qu’en raison des progrès qu’il lui a été donné de faire en allant de ce même principe à un plus grand nombre de conséquences. Le troisième principe de celte espèce est celui-ci : Aucune matière absolument ne naît ni ne périt , et toutes les vicissitudes du monde n’en atteignent que la forme. Ce postulat, suggéré par le sens commun, est reçu de toutes les écoles de philosophie. Ce n’est pas qu’il soit évident ou démontré par des arguments a priori , mais c’est parce que si l’on regarde la matière comme passagère, transitoire, l’entendement n’aura plus rien de parfaitement fixe et durable pour expliquer les phénomènes par des lois universelles et perpétuelles.

Voilà ce que j’avais à dire de la méthode, surtout

en ce qui regarde la différence entre la connaissance

sensitive et l’intellectuelle; si cette méthode est un

jour traitée d’une manière plus approfondie, elle sera,

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pour tous ceux qui s’engageront dans les profondeurs secrètes de la métaphysique, une science propédeutiqued’un incalculable profit.

Nota. La recherche de la méthode étant l’objet unique de cette dernière section, et les règles qui prescrivent la véritable forme du raisonnement à l’égard du sensible étant évidentes, et comme elles ne tirent pas cette lumière d’exemples donnés pour éclaircir le sujet, je n’en ai cité qu’en passant. Il n’est donc pas étonnant que la plupart des lecteurs croient y voir des assertions plus hardies que vraies, et qui demanderaient d’une exposition plus développée, quand on pourra la donner, une plus grande force dans les arguments. C’est ainsi que ce que j’ai dit § 27 de la localisation des choses immatérielles a besoin d’une explication, qu’on voudra bien chercher dans Euler, t. Il, c. i, p. 49-52. En effet, l’àme n’est pas en relation avec le corps parce qu’elle est fixée dans une partie déterminée du corps, mais on lui assigne un lieu déterminé dans tout le corps parce qu’elle est en commerce mutuel avec un certain corps, à la dissolution duquel tout le lieu qu’il occupe dans l’espace disparaît. La localisation de l’ème est donc dérivée et attribuée à l’âme accidentellement (< contingenter ), par la raison que tout ce qui ne peut pas être par soi-même* objet des

sens externes (tels que leshommes les possèdent), c’està-dire les choses immatérielles, n’est pas du tout sou-

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mis à la condition universelle des choses extérieurement sensibles , c’est-à-dire à l’espace. On peut donc nier que l’âme soit susceptible d’une localisation absolue et immédiate, mais on peut lui en attribuer une hypothétique et médiate.

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