‹ Mélanges de logique. Traduits de l'allemandChapitre 12 sur 77 · DÉMONSTRATION · texte numérisé non relu

DÉMONSTRATION

Qu'une substance simple, privée de tout rapport avec d'autres, existe solitaire, je dis que son état interne ne peut subir aucun changement. En effet, puisque les déterminations qui se rapportent à la substance interne sont elles-mêmes des effets de raisons internes, avec exclusion de l'opposé, une autre détermination ne pourrait survenir qu'en vertu d'une autre raison. Mais, comme l'opposé de cette raison pst dans les raisons internes, et qu'aucune raison externe ne survient, d'après la supposition, il est clair que cette détermination ne peut survenir dans la substance.

Autre déterminatioji. — Tout ce qui est le fait d'une raison déterminante doit se trouver avec elle ; car il est absurde que, la raison déterminante étant posée, le raisonné ne le soit pas. Il faut donc que toa-

tes les déterminations soient en même temps que tous les principes déterminants dans quelque état d'une substance simple. Mais comme un chani^ement est une succession de déterminations, c'est-à-dire nn état où survient une certaine détermination qui n'était pas auparavant, si un être est déterminé à l'opposé d'une certaine détermination qu'elle possède, cette détermination ne peut s'effectuer par les raisons internes ipii se trouvent dans cette substance ; si donc elle s'effectue, c'est nécessairement par suite d'un rapport externe.

Même démonstration encore un peu diversifiée. — Supposez qu'un changement survienne sous des conditions indiquées; par le fait qu'il commence à exister, puisqu'il n'existait pas auparavant, c'est-àdire puisque la substance était déterminée en sens opposé, et qu'il n'y a^ par hypothèse, que des principes internes pour déterminer cette substance, les mêmes raisons qui la déterminent d'une certaine façon la détermineront d'une façon contraire. Ce qui est absurde.

ÉCLAUICISSEMENTS.

Cette vérité, quoique tenanlà une cijaîne de raisons faciles à saisir et certaines, a si bien échappé aux représentants de la philosophie de Wolff, (ju'ils prétendent (iiinue substance simple est, en vertu d'un \mn-

l'K LA CONNAISSANCE MÉTArilYSIUUE. Cil)

c\\)v iulorne d'aclivilé, sujette à des changements continuels. Leurs arguments me sont parfaitement connus ; mais j'en connais aussi la faiblesse. Car, après avoir donné une définition arbitraire de la force, en faisant signifier à ce mot : ce qui renferme la raison des changements^ tandis qu'il faudrait plutôt dire qu'elle renferme la raison des déterminatioTis, ils devaient naturellement tomber dans l'erreur.

Si, du reste, on désire savoir comment se produisent les changements dont on remarque la succession dans l'universalité des choses, puisqu'ils ne résultent pas des raisons internes d'une substance solitaire, il faut faire attention aux phénomènes produits par le rapport des choses, c'est-à-dire par leur dépendance mutuelle dans leurs déterminations. Au reste, comme nous ne saurions entrer dans de plus longues explications à cet égard sans sortir des limites étroites de cette dissertation, il suffit d'avoir prouvé que le changement ne peut, en aucune façon, avoir lieu autrement.

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