‹ Mélanges de logique. Traduits de l'allemandChapitre 18 sur 77 · ECLAIRCISSEMENT · texte numérisé non relu

ECLAIRCISSEMENT

Je crois avoir montré, le premier, par des raisons de la plus grande évidence, que la coexistence des substances de l'univers ne sulTit pas pour établir un lien entre elles, mais qu'il faut encore qu'elles aient une certaine communauté d'origine et une dépendance harmoni(!ue qui en soit la conséquence. Pour m'en tenir à l'essence de ma démonstration, je redirai brièvement : S'il existe une substance A , et qu'il existe en outre une substance B, cette dernière peut être considérée comme n'ayant aucune action sur A. Supposez en effet qu'elle détermine quelque chose en

A, c'est-à-dire qu'elle contienne la raison de la détermination C ; comme G est un certain prédicat relatif, inintelligible si An' existe pas, ainsi que B, la substance

B, en vertu de la raison de G, supposera l'existence de la substance A. Mais, comme en supposant seule l'existence de la substance B, il reste tout à fait incertain si une certaine substance A doit exister ou non, il est impossible de concevoir, d'après la seule existence de B, qu'il soit la raison de quoi que ce soit dans d'autres choses. De là donc aucune relation, aucun commerce absolument. Si donc, outie la substance

lu: LA Cl t.\ NAISSANCE MKTAPUVSUJIJE. 71

A, Dii'ii a civé a linliiii d'autres substances B, D, E, il ne suitco[ieiulanl [)as iuiuiikUalciueut du fait ilc leur existence qu'il y ail entre elles une dépendance mutuelle dans leurs déterminations. Car de ce que, outre la sal)stance A, il existe aussi des substances B, D, E, et de ce que A est déterminé d'une certaine façon en lui-même, il ne s'ensuit pas que B, D, E, aient des déterminations d'existence conformes à celles de A. Il faut de plus que, dans le mode de la dépendance commune des substances à l'égard do Dieu, soit aussi la raison de leur dépendance mutuelle. Il n'est même pas impossible de savoir comment le fait s'accomplit. Le schéme de Tenteudement divin, l'origine des existences, est un acte permanent, appelé conservation, et dans lequel il n'y aurait [ni rapport ni lien mutuel entre les substances, si ces substances y avaient été conçues par Dieu, solitairement et sans relation entre leurs déterminations. Mais, si elles ont été conçues respectivement dans l'intelligence divine, alors, et en conséquence de cette idée, s'établissent par la suite dans le cours de Texistence des rapports mutuels entre les déterminations ; c'est-à-dire qu'il y a action et réaction, et qu'il se forme ainsi un état externe de chaque chose, état qui n*fest pas possible au moyen (le l'existence isolée des substances, et en dehors de notre principe.

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