‹ Mélanges de logique. Traduits de l'allemandChapitre 2 sur 77 · VI AVERTISSEMENT DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

VI AVERTISSEMENT DU TRADUCTEUR

En relisant ces morceaux, j'y ai trouvé un double intérêt, celui d'un fond où le penseur judicieux et pénétrant, souvent ironique et spirituel, se retrouve toujours, et celui qui se rattache à l'histoire de la philosophie en général, à celle de la philosophie critique en particulier.

J'ai suivi l'ordre chronologique. On voit mieux ainsi la variété, les progrès et renchaîncmcnt des pensées de l'auteur.

J'aurais pu, si je n'avais craint de grossir démesurément le volume, donner une analyse de chaque morceau et de nombreuses explications. Je ferai remarquer seulement : 1 " que le deuxième fragment obtint l'accessit dans un concours à Tacadémie de Berlin, où le mémoire de ^Mendelssohn sur le même sujet fut couronné ; 2° que la polémique du dixième est dirigée contre la philosophie sentimentale do Jacob; 3" qu'enfin, J. Georges Schlosser, dont il s'agit à la fin du douzième, avait vivement attaqué la philosophie de Kant, qui n'en reçut pas un grand dommage. Il était, dit M. Rosenkranz, trop attaché aux anciens, et praticien trop distingué pour avoir l'ouverture de sens et le loisir nécessaires pour entrer bien avant par

AVERTISSEMENT l»ll TRADUCTELIU VII

la pensée cl par lapratiiiue danslapliilosophiedeKant. La forme semble l'avoir en partie rebuté ; il la trailc durement. Cest peut-être le cas de dire que je ne pouvais, sans tronquer la pensée de l'auteur ou sans dénaturer entièrement le tissu de la phrase et Tordonnance des idées, supprimer les propositions incidentes si nombreuses qui contribuent à rendre la lecture de Kant diflicile, ni les détacher pour en faire des phrases accessoires à part : les deux remèdes auraient été pires que le mal. J'ai laissé le mal. Il tient essentiellement à la pensée presque toujours très-complexe de l'auteur. Je me suis donc appliqué à rendre cette pensée avec l'expression de sa physionomie originale. Ceux qui ont l'habitude des méditations philosophiques ne se laisseront pas rebuter par ces légères difficultés de forme ; quant à ceux qui ne l'ont pas, ils se garderont bien de débuter par un ouvrage dont l'intelligence suppose une connaissance assez étendue de ces sortes de matières.

La diflicuiti de les entendre est bien autrement grande quand on les ht dans des langues étrangères ou mortes, et qu^aux imperfections de la diction de l'auteur s'ajoutent trop souvent des fautes

VIII AVERTISSEMENT Dl" TRADUCTEUR.

tVimpression. J'avais à surmonter toutes ces difficultés réunies, surtout pour les deux fragments qui n'ont été écrits. qu'en latin. Il est bon que le lecteur ne rigriore pas. Il serait juste qu'il voulut bien s'en souvenir.

Dijon, le 13 juillet î8G2.

J. TiSSOT.

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