ENTRE RAM ET LAMBERT
être TatTaire princi[)al(', cl l'on aurait toujours eu la liberté, en vue des traités à vi-nir, de les écarter, si la lujijorité des sutîrages leur avait été contraire. Les membres auraient pu se communiquer leurs 0[)inions sur les points difliciles, sous forme de question ou de telle manière qu'on eut la liberté de faire des objections et d'y répondre.
Vous pouvez me dire encore aujourd'hui, monsieur, jusqu'à quel point vous regardez une pareille société comme possible et comme durable. Je me représente à ce sujet les Acta eruditorum, qui n'ont été dans le principe qu'un commercium epistolicum des premiers savants. Les Mémoires de Brême^ où les poètes originaux du tem[)S,Ge//er^,/?<^z3e/zer, Klopstock. etc. ont publié leursessais et se sonten quelquesorle formés, peuvent être donnés comme un autre exemple. Le pur philosophique semble souffrir plus de diliicultés. Mais il su (lirait de bien choisir les membres. Les écrits devraient être purs de toute proposition hérétique, de trop d'opinions personnelles ou sans valeur.
J'ai déjà quelques traités qui pourraient faire partie d'un tel recueil ; les uns ont paru dans les Acta Eruditorum^ les autres ont été lus à l'Académie; il en est enfin qui ont vu le jour dans d'autres occasions.
Mais j'arrive à votre remarquable dissertation, puisque vous désiriez particulièrement savoir ce que j'en
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ppr.se. Si j'ai bien compris la chose, il y a là quelques propositions essentielles que je signalerai aussi brièvement que possible.
La première proposition capitale est que la connaissance humaine, en tant, d'une part, qu'elle e&t connaissance^ et, d'autre part, qu'elle a sa/orme propre^ se décompose, dans l'antiquilé, en phénomène et en noumene^ et qu'elle sort, d'après cette division, de deux sources entièrement différentes, et pour ainsi dire hétérogènes, en telle sorte que ce qui vient d'une source ne peut jamais être dérivé de l'autre. La connaissance qui provient des sens est et reste par conséquent sensible, comme celle qui provient de l'entendement lui reste propre.
Cette proposition, à mon avis, regarde surtout \universalité, en tant que les deux sortes de connaissances sont tellement séparées qu'elles ne se rencontrent nulle part.VouT le prouver a priori, il fautpartir de la nature des sens et de celle de Tentendement. Maissi nous ne pouvons apprendre à la connaître qu'<ï posteriori, il s'agit alors de la classification et de l'énumération des objets.
Telle semble être aussi la marche que vous prenez dans la troisième section. A cet égard, il me paraît tout à fait juste que ce qui lient au temps et au lieu l)résentc des vérités d'une tout autre espèce que celles qui doivent être regardées comme éternelles et im-