‹ Mélanges de numismatique et d'histoire N.D. MarchantChapitre 2 sur 2 · JN* 3 ^ V · texte numérisé non relu

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maternel, «’est contenté d’essayer de justifier un emploi, tout - à - fait inusité et fort invraisemblable , de l’abrégé not. qu’il complexe par novus, en appuyant son opinion de motifs I rît s- peu propres à séduire, quoique M- le D. r Labus ait cru pouvoir sYn servir.

De son côté , Banduri, en classant de même cette médaille aux empereurs Zenon et Léon II, a fait remarquer qu’il ne pouvait être question, dans cette circonstance, de l’emploi de l’adjectif novus , et que ce îsov. n’était que l’abrégé de NOBILI 5 , ou de nob T L rss i M c s , communément joints au titre de césar, qu’aurait défiguré la substitution vicieuse de l’v consonne h la lettre B, dont on trouve des exemples nombreux sur les médailles et les monumens des derniers siècles de l’empire romain U’Ocoident.

Une étude approfondie de l’histoire numismatique des bassiècles des empires romain et grec, m’a depuis longtempsfait reconnaître que Léon II n’avait aucun droit à cette médaille. En effet, succédant en 474 à Léon I. er , son ayeul maternel par Ariadne, seconde femme de Zenon, ce prince était auguste lorsqu’il ut monter son père sur le trône des empereurs. L’insciiption n. 1». zf.no ET LEO NOV. cæsar 11e peut donc en aucune manière le concerner, et toute discussion h cet égard serait surabondante. Mais en refusant h ce priuee la médaille dont il s’agit , je me suis bien gardé de la çlasser , comme le propose M. le D r Labus, au jeune Zenon, qui, ué de condition privée, antérieurement à l’année 4Ô8, longtemps «avant l’illustration de son père, est mort à lu fleur de Ciigc , probablement avant que Zenon parvint à l’empire en 474 , et par conséquent sans avoir pu acquérir le tilre de césar.

J'ignore quels sont les motifs de M. le D. r Labus pour faire admettre l’opinion 'qu’il produit dans l’ouvrage de M. le chevalier des Rosmiui : sans les apprécier, encore moins les combattre, je vais proposer une attribution différent© tout à -la -fois de celle qui, jusqu’au D. r Labus, n’avait

point eu de contradicteur, et de la proposition Je ce savant lui-même, en m’appuyant de documens historiques et numis ma tiques. . , *

Zenon n’avait «Tautr.es adroits au trône -des romains que ceux qu’il tenait de la piété filiale de Léon II. Dès que le fils d’Ariadne fut mort, Zenon , qui n’avait aucune des qualité.* qui fout aimer les princes, devint l’objet de la haine universelle et la victime des intrigues de l’impératrice Vérine, sa belle-mère, veuve de Léon I<**. Dans une telle situation , eet empereur, considéré comme un étranger, n’eut pas consulté ses intérêts s’il eut revêtu de la pourpre romaine le fils d’un premier lit, né d’une simple particulière, dépourvu de toute illustration personnelle , eu le faisaut asseoir à côté des impératrices couronnées Vérine et Ariadne, veuve et fille de Léon-le-Grand, princesses qui, suivant les usage» de l’empire, étaient elles-mêmes habiles k régner- Une telle association, loin d’affermir le sceptre dans les faibles inaius de Zenon, eut encore ajouté h ses embarras par le spectacle de la vie déréglée et.de l’iucapacité de Zenon le jeune, que l’usurpation inutile d’un nom vénéré n’eut rendu

que plus odieux. L’élévation de re jeune homme ?» la dignité

de césar n’eut pas été un événement ordinaire; il aurait entraîné d’autres évéoemens, et l’histoire nous en aurait transmis quelque chose.

Mais l’on sait qu’après la mort de Léon II , en 470 , Zenon fut forcé de chercher son salut dans la fuite, en abandonnant le trône à Basilisque , frère de Vérine, jusqu’en 477, quatrième année de son règne, que d’autres intrigues de cour le firent rappeler. Hormate, allié de Vérine, neveu de Basilisque, et déserteur de son parti, fut un des principaux agens de cette révolution. Obligé à un acte de reconnaissance qui, peut-être, était une des conditions de •on rappel , l’empereur donna le titre de césar au fils d’Hormate , qui portait alors le nom de son grand-oncle Basilisque. Ce choix se justifiait d’ailleurs par toutes sortes

de convenances, puisque le jeu ire césar était petit neveu de Vérine et cousin d’Ariadne Voile» ce que l’histoire nous apprend d’un césar créé par Zenon peu de temps après son retour. Dans de telles circonstances , était-il convenable que le fils d’Hormafe conservât le nom de Basilisque ? et quel nom pouvait-il choisir qui fut plus agréable aux romains et aux impératrices que celui de Léon ?

Ainsi le silence des historiens sur ce qui touche l’élévation prétendue du jeune Zenon , dont ils nous apprennent cependant l’existence, la vie déréglée et la mort précoce, et leur accord pour nous transmettre les circonstances relatives au fils d’Hormate, se réunissent pour favoriser l’attribution h c© jeune césar de la seconde partie de la légende de la médaille de M. le !X r Labos. Peut-être ces dévcloppemens paraîtront-ils de quelque importance pour le soutien de mon opinion? Je vais toutefois la corroborer par un fait qui semble de nature à dissiper tous les doutes. 11 existe un grand bronze de l’empereur Zenon , ofi'rant la légende de la médaille du D. r I.abns ; il est rapporté dans le traité de M. le chevalier Miounet, de la rareté des médailles romaines :

V mais il en un o« «pi’uno i»u«>t|>ûon J’wxerejUC y pré-

sente distinctement le nombre quatre , formé à la manière antique, par les chiffres de quatre unités réunis sur la même ligne, mi. Or, c’est dans la quatrième année du règne de Zenon, eu 4^7, que cet empereur fut rappelé de sa retraite, et que l’usurpateur Basilisque fut réduit par la coopération d’IIormate, dont le fils fut à cette occasion nommé césar. C’est donc à ce prince qu’appartient le Léo nov. cæsak de la médaille de M. le D.* Labus : mais il faut lire no — bilissituus cæsar.

Je vais maintenant examiner la médaille de M- Mionnet • ' «ous un autre rapport. Quoiqu’il paraisse à-peu-près certain

que cette monnaie ait été frappée en 477, 4 e année de Zenon , elle n’olTre rien dans ses proportions et son style qui rappelle le système monétaire impérial. Ua graud-bronze ,

aotis Zenon est d’ailleurs une nouveauté remarquable, quand à peine rencontrons-nous depuis Arcadius quelques rares petit-bronzes des coins impériaux*' Ce n’est en effet que sous Anastase , successeur de Zenon , que les divers modules de bronze se retrouvent dans nos suites; ou plutôt , c’est du règne de cet empereur que date le nouveau système des monnaies de cuivre de l’empire, fort différent de celui qui avait pris naissance vers le siècle de Constantin.

Cependant ce grand-bronze a été frappé h Rome : sa légende invicta Roma, et le s- C. qui.se remarque danfl le champ , ne laissent à ce sujet aucun doute.

Mais une difficulté se présente, c’est que l’empereur Zenon n’avait en 477 aucune autorité dans l’ancienne capitale du monde. Rome était tombée, dès 47a, au pouvoir do l’usurpateur Odoacre , solennellement couronné roi d’Italie en 476, après avoir fait descendre du trône le faible Romulus f surnommé depuis AugUstule. Cette difficulté s’affaiblit toutefois quand on considère qu’alors les seuls empereurs jouissaient de la prérogative de placer leur effigie sur les mon^ naies, prérogative que les princes contemporains ont constamment respectee , meme en faisant la guerre à l’empire , et s’emparant de ses provinces. Les rois de France de la première race furent longtemps les seuls princes qui firent exception à la règle. ,

Il ne paraît pas qu’Odoacre, dont l’autorité n’eut pas le temps de s’affermir, ait porté son attention sur les monnaies de son nouveau royaume. Il est probable que, lors du démembrement de l’empire d’Occident , dans la confusion générale des affaires de l’Italie, le soin des monnaies fut abandonné au sénat romain, qui aurait saisi l’occasion de ces troubles pour s’approprier une partie du pouvoir, et commencer ainsi le système municipal dtk moyen âge- Le magistrat de Rome, pour satisfaire aux besoins du commerce, de la population et de l’armée , fit frapper des monnaies de bronze. C’est un fait matériel incontestablement prouvé par

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la médaille de M. le cheva’ier Mionnet. En s’occupant de dette opération , les chefs de l’adminLtration, conseillés par la politique, durent se mettre en mesure de deux côtés. Il fallait ne pas déplaire à l’usurpateur, ol se ménager quelque moyen d’excuse prés de l'empereur- Ils remplirent assez adroitement ces deux cond J.ions, en continuant l’effigie impériale, et plaçant au revers la victoire triomphale qui ne pouvait qu’être agréable k Odoacre. La légende invicta Rom a et la formule s- c- à laquelle un prince barbare ne pouvait attacher d’importance, révèlent suffisamment la secrète pensée du sénat moderne Les chiffres romains XL qui se remarquent à l’exergue du grand -bronze dont il s’agit, expriment probablement la valeur courante de la pièce. Cette présomption devient une certitude par la rencontre de ce même nombre sur des médailles du même poids, frappées également k Rouie, sous les règnes de Théodoric et d’Athalaric, et dont les divisions connues sout indiquées, sur des ^ pièces de poids correspondans , par les nombres XX. X. et V. s

Ces rapprochemens nous conduisent naturellement k classer la médaille de M> le chevalier Mionnet, au règne de l’usurpateur Onnifii e, dnnf uuiu *»« prxséitiiins aucun mouument. Ce sera désormais la première pièce de la série numismatique des rois Golhs d’Italie.

Théodoric Ainalc, vainqueur d’Odoacre , joignit au droit de conquête le droit apparent que pouvait lui donner, k l’égard des peuples de l’Italie, la cession que lui avait faite l’empereur Zenon. Cependant ce prince ne fit point placer son effigie sur les monnaies italiennes, en se conformant à l’usage généralement adopté, ou, plus vraisemblablement, en obéissant à quelque stipulation de l’actc de cession. '*

Théodoric et ses successeurs s’abstinrent constamment de faire fabriquer des pièces d’or, et leurs noms , ou leurs monogrammes ne se trouvent au revers d’aucune médaille impériale d’or : circonstance qui vient naturellement à l’appui de l’opiuion qu’il y aurait existé, entre les empereurs et le*

roi» Goths, une convention sur le fait des monnaies. Cette opinion reçoit une nouvelle force des formes obligées des médailles d'argent frappées à Rome sous les rois d’Italie, jusqu’aux successeurs d’Athalaric. Ces monnaies offrent trois types principaux quant aux revers seulement, car l’effigie impériale se trouve toujours au droit de la pièce. Toutes sont distinguées par la légende invicta Ro.ma, et le s- C. qui sont des indices suffisans pour faire reconnaître Rome pour le siège de l’atelier monétaire. Le type principal des premières est la victoire triomphale; sur les secondes, la victoire est remplacée par le monogramme d’un des rois d’Italie , dont le nom , écrit en entier, occupe le champ du revers des troisièmes. Il est impossible de ne pas trouver dans la constate de ces dispositions les preuves d’une convention remontant h Théodoric , premier roi d’Italie du consentement de Zenon qui, dans cette occasion, se serait réservé la monnaie , • > » * , «

d’or , et le droit d’effigie sur les monnaies d’argent du nouveau

royaume.

La monnaie de bronze ou de cuivre, semble Être demeu-

rée sous ces princes dans les attributions du corps de la magistrature civile : soumise à des règles particulières, motivées par son usage , totalement différente du système monétaire qui avait pris naissance dans le siècle de Constantin, elle semble encore u’ètre pas tout - à - fait en rapport avec le* jnonnaies de bronze de l’empire grec, dont la fabrication a comm encé sous Anaslasc.

Le buste de Rome casquée parait au droit de toutes ces monnaies avec la légende invicta Roua, tandis que le revers varie suivant les différens modules dont la valeur commerciale, en multiples de l’unité admise, est toujours indiquée par les chiffres XL, XX , X et V. Ce ne fut que sous Théodat que l’effigie du roi vint remplacer la tête de Rome par des motifs que je crois avoir démêlés. U résulte de tous ces rapprochemens que le système des monnaie* de bronze suivi par Théodoric et scs successeurs, a pris nais-

sanee sous Odoacre :ce qui est mis hors de doute par la rencontre du grand-bronze de M. le chevalier Mionnet, taédaille d’un haut intérêt, et, jusqu’à présent, le plus ancien témoin de ce grand changement , dans les monnaies d’Italie, qui lui-même semble avoir déterminé la fabrication correspondante des monnaies de bronze de Constantinople , sous Anastase. Enfin , cette émission nouvelle et considérable de monnaies de bronze , si nécessaire aux relations confimerciales , et dont l’occident et l’orient éprouvaient le besoin le plus urgent, paraît avoir été l’ouvrage du sénat Tomain, dont l’exemple a été suivi par les villes de Ravenne et de Pavie , et bientôt après par les rois lombards qui se sont pfetés pour héritiers des rois Goths , dans la Haute-Italie»

Enfin, lorsque l’empereur Justinien voulut sérieusement se ressaisir de l’Italie, au mépris de la cession faite à Théodoric Amale par Zenon, les rois Goths, dans leur ressentiment, firent placer leur effigie sur la monnaie de Rome. Théodat donna l’exemple de cette innovation , en commençant par la monnaie de bronze , dont il parait qu’il aurait aussi changé les proportions pour les rapprocher du système Byzantin introduit par Anastase. Tuutcfuis il convient de fdiic remarquer que Théodat, tout en donnant la main à ce changement, ne s’écartait point encore des conditions de l’acte de cession , puisque tout se réunit pour appuyer la présomption que rien n’avait été prescrit en ce qui regarde la monnaie de cuivre, rétablie, comme nous l’avons vu, par l’autorité du sénat romain, sous le régne d’Odoacre, avant qu’Anastase en fit frapper à Constantinople. Comment, en effet, l’acte de cession aurait-il statué sur la monnaie de cuivre, quand il est de fait non contesté qu’on n’en frappait d’ancun module soit à Rome, soit à Constantinople, à l’époque de l’usurpation d’Odoacre et du règne de Zenon. Cependant Théodat, Witiges et Baduela lui-même, an commencement de son règne, continuèrent à s’abstenir du droit d’effigie sur les monnaies d’argent. Mais quand le dernier de ces princes eut connu sa

situation, et senti que la guerre que lui faisait Justinien était une guerre d’extermination , n’ayant plus de mesures k garder, il fit frapper ses monnaies d’argent k l’effigie royale dans les ateliers monétaires de Home et de Pavie.

En portant quelque attention sur les monnaies qui nous restent des rois Goths , il ne serait peut-être pas impossible

d’expliquer, d’une manière satisfaisante, comment il a pu se faire que des médailles classées k l’empereur Anastase présentassent , à leur revers, les noms des rois Baduela et Tbeias , qui ont été les contemporains de Justinien. Les numismates, embarrassés par cette singulière rencoutre, ont cru se tirer d’affaire en supposant, très -gratuitement sans doute, l’existence de princes Goths inconnus , qui auraient régné, on ne sait où, du teras d’Anastase, et qui, par un inconcevable hasard, auraient porté des noms semblables k ceux des derniers rois d’Italie.

Il eut été plus conforme aux documens de présumer, qu’a-

vaut de placer sa propre effigie sur la monnaie d’argent, Baduela , voulant respecter encore les coudrions d’un traité que l’état de guerre lui permettait de considérer comme anéanti, mit en usage «n moyen rtftjficilintoirp, en remplaçant d’abord l’effigie de Justinien par celle d’Anastase qui avait constamment . été en paix avec les rois d’Italie. Le texte de la convention de Théodoric avec Zenon ne nous est pas parvenu: mais si ce traité renfermait, comme il est permis de le penser, la réserve de la monnaie d’or et du droit d’effigie sur celle d’argent, l’on a’pu , sans l’enfreindre absolument, frapper des monnaies de bronze k l'effigie des

Tois d’Italie, et, plus tard, substituer sur les monnaies d’argent l’effigie d’un empereur ami, mort, à celle d’un eunemi vivant, et satisfaire ainsi au sentiment d'uae juste répugnance, sans s’écarter du dispositif du pacte fondamental que les rois d’Italie n’ont regardé comme détruit que quand drjk Justinien l’avait anéanti. Theias parait avoir adopté, pour son compte, ce moyen terme que la politique

lui conseillait de préférer au changement total auquel s’était décidé son prédécesseur Baduela, plus susceptible des sentimens haineux qui ont accéléré la chute du royaumo d’Italie. »

Je vous prie. Messieurs, d’agréer un nouvel hommage de mes sentimeus reconnaissans.

B. on N.-D. MARCHANT.

A METZ , chez ANTOIME , Imprimeur du ROL

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