Même tête
^ BA2IAEî22.^APNAKOT. Même type ; dans le champ, un astre et un croissant , même monogramme que sur les pièces précédentes, et la lettre X, —Drachme. Poids, 4«',29. (De ma collection, pi. I, n* 3. )
Ces trois magnifiques pièces proviennent d'une trouvaille
faite dans les environs d'Amasia , il y environ trois ans, trouvaille sur la composition de laquelle nous donnerons plus bas quelques détails.
Le tétradracbme de Mithridate n'est pas une pièce nouvelle; il en existait depuis plus d'un siècle deux exemplaires au Cabinet de France , msûs d'un autre coin et avec d'autres monogrammes que le nôtre ; il en existait également un exemplaire dans une collection russe; le trésor d'Amasia vient d'en fournir quatre ou cinq exemplaires, tous d'une belle conservation, et présentant quelques variétés dans les monogrammes du revers. L'importance de la nouvelle trouvaille , indépendamment de la rareté des pièces qu'elle renfermait, consiste principalement en ceci, qu'elle permet de déterminer quel est le Mithridate dont ces pièces reproduisent le portrait. En effet, outre Mithridate VI Eupator et son père Mithridate Y Évergète , quatre autres souverains du même nom ont régné sur le Pont; nous allons les passer en revue , en renvoyant pour les détails et pour les citations au travail de Clinton, dont nous suivons la nomenclature et la chronologie, et qui a discuté avec sa science et sa critique habituelles tous les faits relatifs à la dynastie du Pont {Fasli HeUenici^ III, append. 8).
Le Mithridate P' de la liste de Clinton était un satrape héréditaire plutôt qu'un roi -, il mourut en 368, c'est-à-dire longtemps avant la conquête d'Alexandre; s'il a battu monnaie , elle devait ressembler à celles de son voisin et contemporain Ariarathe de Cappadoce , que j'ai fait connaître dans cette Revue (1861, p. 2), et dont les légendes sont araméennes.
Mithridate II , surnommé Kuamc^ ou le fondateur^ petitfils du précédent, commença à régner en 337, et fut mis à
mort par ordre d'Ântigone en 302, à Tâge de quatre-vingtquatre ans ; il agrandit son royaume à la faveur des guerres continuelles qui divisaient les successeurs d'Alexandre, et fut le véritable fondateur de la dynastie. Son fils , Mithridate m , lui succéda , et régna obscurément jusqu'en 266. C'est à un de ces deux princes qu'on a attribué jusqu'à présent la médaille qui nous occupe ; il n'y a qu'une objection sérieuse à faire à cette attribution, c'est que le royaume du Pont ne comprenait probablement à cette époque aucune des villes helléniques du littoral, et que les habitants par* laient des dialectes sémitiques; il est donc à supposer que les légendes des monnaies royales étaient encore écrites en araméen. Cependant l'objection n'est pas insurmontable, et l'on peut très-bien admettre que ces deux princes , surtout le dernier, aient frappé des monnaies à légendes grecques pour les besoins du commerce, et concurremment avec les tétradrachmes d'Alexandre et de ses successeurs, dont la circulation était générale.
Mithridate IV, petit-fils de Mithridate III, régna environ cinquante ans, suivant les calculs de Clinton ; il était mineur à la mort de son père, et mourut vers l'an 190; il assiégea Sinope inutilement ; ce fut son fils Pharnace qui s'en empara et qui annexa cette importante conquête à ses États héréditaires. C'est à Mithridate IV qu'appartient notre médaille; mais sans la trouvaille d'Amasia, il eût été impossible de le démontrer; en effet, il résulte de Tidentité complète des monogrammes sur les tétradrachmes de Mithridate et de Pharnace, que ces deux pièces ont été frappées dans le même atelier à des intervalles peu éloignés ; l'état de conservation est à peu près le même, plus beau cependant pour le Pharnace ; enfin le père est représenté vieux et ridé, tandis que le portrait du fils est jeune.
avec de légers favoris. C'est donc à Mitbridate IV qu*appartieot la plus ancienne monnaie connue des rois du Pont, et il est peut-être le premier de sa race qui ait fait frapper des tétradrachmes attiques à son effigie ; dans tous les cas, il n'y en avait pas de plus anciens parmi les nombreuses monnaies du trésor d'Âmasia, et l'on remarquera qu'Ariaratbe III de Cappadoce, contemporain de Mitbridate lY, est également le premier de sa dynastie qui ait frappé des monnaies à légendes belléniques , ce qui est parfaitement d'accord avec l'état probable des populations de ces provinces à cette époque ; car ce n'est que sous Ariaratbe Y Pbilopator (163-130) que la Gappadoce commença à être bellénisée (Diod., XXXI, 28).
Les monnaies de Pbamace I**, fils et successeur de Mitbridate IV, n'étaient pas non plus inconnues; la plupart des anciennes collections, telles que celle des grands-ducs de Toscane, à Florence, et celle du comte de Pembroke, en Angleterre, possédaient de grandes pièces de Pbamace, moulées en or ou en argent sur un original dont on avait perdu la trace, et que j'ai retrouvé dans la collection Hunter, à Glasgow. J'ai fait dessiner cette pièce (pi. I, n"" A) d'après l'empreinte que j'en ai prise il y a quelques années; c'est un exemplaire fruste et troué, mais parfaitement autbentique, du tétradracbme de Pbamace, frappé à une époque plus avancée de la vie de ce prince, et ne différant du nôtre que par les monogrammes et par la présence d*un foudre, placé dans le cbamp au-dessus de la tête de la divinité. Dans le trésor d'Amasia il y avait quatre on cinq exemplaires du tétradracbme, tous très-beaux, et une seule drachme à fleur de coin.
La description donnée par Eckbel (D. N. F., II, p. 363) du revers de la médaille de Pbamace n'est pas exacte;
l'animal aux pieds de la divinité est certainement une biche» et non une panthère, et la figure n'a d'ailes ni à la tète ni aux pieds. Quant à la figure elle-même, c'est une divinité panthée» à laquelle il serait difficile d'assigner un nom ; en efiet, on ne peut guère y reconnaître avec Le Blond le Men Pbarnace « dont il existait un temple célèbre à Cabira dans le Pont; car cette divinité était sans doute semblable aux antres dieux lunaires adorés sur tant de points de la péninsule asiatique, et qui n'ont rien de commun avec la représentation de notre médaille.
On ne connaît pas de médaille certaine de Mithridate V Évergète, fils et successeur de Pbarnace I"; Vaillant en a publié une , tirée du cabinet du cardinal Massimo ; mais personne ne l'a revue depuis , et la description qu*il en donne étant loin de s'accorder avec la gravure qui accompagne son texte , on ne peut guère admettre sans réserves l'authenticité de cette pièce. Mithridate Évergète a du cependant battre monnaie, comme ses prédécesseurs et son successeur; espérons qu'une trouvaille nouvelle eii fournira bientôt quelques échantillons, et viendra compléter cette intéressante série.
Les médailles de Mithridate IV et de Pbarnace I*' ne sont pas datées, ce qui est d'autant plus regrettable qu'on ne connaît pas exactement la durée de leurs règnes ; mais i l n'y a pas lieu.de s'en étonner, car l'babitude d'inscrire sur les monnaies les années d'une ère ne s'introduisit que plus tard en Asie Mineure. En Syrie, l'usage était fort anciea; un grand nombre de dariques frappées en Phénicie portent des dates; sous les Séleucides cela devint la règle, et à partir du règne d'Antiochus III , on trouve des dates d'une ou plusieurs ères sur une foule de monnaies municipales et royales ; il faut descendre jusqu'au règne de Démétrius l*'
toutefois pour rencontrer des dates sur les tétradrachmes royaux, et la plus andenne connue est de Tan 158 de Fëre des Séleucides (A. C. 15i). En Asie Mineure, les rois de Cappadoce se sont bornés à inscrire les années de leur règne sur leurs monnaies ; mais les derniers rois de Bithynie et du Pont se sont servis sur leurs pièces d'or et d'argent d'une ère commune aux deux provinces, qui commence en 297 A. C, c'est-à-dire environ quinze ans après celle des Séleucides. Nicomëde II de Bithynie est le premier de sa dynastie dont les tétradracbmes soient datés; le plus ancien exemple connu est de l'an 150 (A. C. Ii7), d*où il résulte qu'en Bithynie on ne fit que suivre l'exemple de la monnaie des Séleucides. S'il en fut de même dans le Pont^ ce n'est que sous le règne de Mithridate V Evergète qu'on pourrait s^attendre à trouver des dates sur les monnaies ; toutefois, il est fort possible que cet usage n'sdt commencé que sous Mithridate YI Eupator ; car toutes les monnaies de ce prince ne sont point datées ; Je n'en connais pas d'antérieure à l'année 202 du Pont (A. G. 95), et il y avût alors vingt-cinq ans qu'il était monté sur le trône.
Il me reste à parler de la composition du trésor d^Amasia, d'après les renseignements malheureusement incomplets que j'sd pu recueillin La masse consistait en tétradracbmes d'Alexandre, au nombre de deux à trois cents; les autres pièces qui m'ont été signalées étaient : 1*" des tétradracbmes des premiers Séleucides et surtout d'Antiochus III (A. G. 223- 187), parmi lesquels se trouvait un exemplsdre de la rare pièce avec l'éléphant au revers (pi. I, n* 5); cette médaille, qui faisait partie de la collection de M. le duc de Luynes, est d'une belle conservation et n'a presque pas circulé; 2* trois ou quatre tétradracbmes d'Antioche sur le Méandre , avec différents noms de magistrats ; j'en ai fait
Im^ Ch. (TUntffn .
>^ii]fij^i5IS BS ^aniES
dessiner un qui est entré dans ma collection (pi. I, n* 6); ces pièces avaient été quelque temps en circulation; 3" deux ou trois tétradracbmes de Pnisias I*% roi de ffitbynie, qui mourut entre 183 et 179 A. G. (Clinton^ F. H.^ 111, Append , 7); A"* enfin les pièces de Mithridate IV et de Pbarnace I*% que nous avons décrites plus haut.
L'enfouissement dû trésor eut donc lieu dans les premières années du règne de Phamace ; les pièces de ce prince étaient les mieux conservées de la trouvaille, et la drachme n'a pas même été en circulation; conune Mithridate IV régna longtemps et mourut à un âge assez avancé, son fils devait avoir au moins trente ans à son avènement, ce qui est d*ac<x)rd avec son portrait, tel que nous Tofirent les médailles.
GOKFÉDÉRATION DE QUELQUES VILLES DE l'ASIE MiNEURE
ET DES Iles après la bataille de Cnide (A. G. 39 A).