DES
ROIS DU PONT ET DU BOSPHORE ET DES PRINCES D'OLBA A PROPOS D'tJN OPUSCULE DE M. DE SALLET «.
La chronologie des rois du Pont et du Bosphore, après la monde Pharnace II, présente de grandes diflicultés, parce que les données de la numismatique ne paraissent pas s'accorder avecles témoignages non moins formels des auteurs contemporains. M. de Sallet a donc rendu un véritable service à l'histoire et à la numismatique en soumettant à un examen rigoureux les textes et les médailles, et en démontrant clairement que les difficultés proviennent de l'inexactitude avec laquelle certains numismatistes ont publié des monnaies de cette époque, et principalement celles d'Asandre.
On sait que les statëres de ce prince présentent deux variétés. Les plus anciens et les plus nues portent la légende APX0NT02 A2ANAP0r BOinOPOT; les autres, beaucoup plus nombreux dans les collections, portent l'épigraphe BA2IAEX22 ASANAPOï; sur tous, on voit une lettre numérale, qui indique Tannée du règne. Sur les statërés^
1 Btiiràgt ZUT GucldchU wnd Sumùnuitik étr Konige dfâ Botphoiyu und dtê Pùntui, von À]îrtd von Sallel. Berlin, 1866, in -8*, 78 pnges,
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de la première catégorie, tels qu'ils ont été décrits par diiïérents auteurs , et en dernier lieu par M. de Kœhne (Mus. Kotchoubey^ II, p. 160), on trouvait les chiffres B» r. A, Z, H, d*où il résultait qu Asandre aurait porté le simple titre d'archonte pendant huit ans au moins; sur lesstatères au titre royal, les lettres numérales commencent avec A et continuent jusqu'à GK, et l'on en concluait /que sous un litre ou sous l'autre, Asandre avait régné au moins trente-sept ans, ce qui ne pouvait se concilier avec l'histoire. M. de Sallet n'a retrouvé dans les différentes collections de l'Europe que les statères avec le titre d'archonte des années B et T ; le premier se trouve au Cabinet de France, le second au Cabinet de Vienne et dans la collection Ouvaroff ; de plus, il a constaté que toutes les autres dates publiées ne reposent que sur de fausses lectures ou de mauvaises descriptions. Je puis ajouter que mes propres observations sont d'accord avec celles de l'auteur. Quant aux statères de la deuxième catégorie, le plus ancien, conservé au cabinet devienne, porte la date A; les plus récents avec les dates HK et 0K, font partie de la collection du Musée Britannique -, les dates intermédiaires se trouvent sur des monnaies conservées dans différents musées. Il résulte de là que les dates se suivent sans interruption sur les deux séries de statères, qu' Asandre prit le titre de roi pendant la quatrième année de son gouvernement, et qu'il régna sous les deux titres d'archonte et de roi au moins vingt-neuf ans.
Aux médailles d' Asandre, il faut ajouter le statère unique de la reine Dynamis, publié d'abord par M. de Longpéi-ier {Afin, detlnst. arch., t. XIII, 4841, p. 320), et ensuite par M. de Kœhne (Mm. Kotchoubey, I8b7, H, p. 156). Cette précieuse médaille a pour type Tastre et le croissant.
insignes de la dynastie des Acbéménides du Pont, et elle porte la légende BxV21AI£2II2: AYNAMEûi: avec la date Ans. L'année 281 de l'ère du Pont s'étend de l'automne lie 737 à l'automne de 738 de Rome, et, lorsque le statère fut frappé, Dynamis régnait seule; il a donc été frappé après la mort d'Asandre. De plus, comme Dynamis épousa très-peu de temps après Scribonius, dont la révolte avait causé la mort d'Asandre, elle ne peut avoir régné seule que pendant quelques mois. Ainsi la date S8l est une limite inférieure certaine pour le règne d'Asandre. Tel est le témoignage des médailles authentiques; comparons-le maintenant avec celui des historiens.
Le type constant des statères d'Asandre est une Victoire debout sur une proue, type qui se rapporte évidemment k une victoire navale; par conséquent tous les statères sont postérieurs à la bataille navale dans laquelle Asandre vainquit son rival, Mithridate de Pergame, à qui César avait octroyé le royaume du Bosphore. Or César avait investi Mithridate de sa nouvelle royauté dans Tintervalle qui s'écoula entre la défaite de Phamace, à Zéla, le 2 août 707, et son retour en Italie au mois de septembre de la même année. Si Ton tient compte du temps nécessaire pour les préparatifs de la guerre entre Asandre et Mithridate, la défaite de ce dernier ne peut guère avoir eu lieu avant le printemps de 708, et c'est à paitir de cette époque ou du commencement de 709 que M. de Sallet veut compter les années du gouvernement d'Asandre sur les monnaies. Si l'on possédait des monnaies de la première année au type de la Victoire, le système de l'auteur serait à l'abri de toute conteste ; mais tant qu'on n'en connaîtra que de la seconde année, il y aura toujours une erreur possible d'une année pour le point de départ. Le véritable commenceûient du gouvernement d'Asandre doit se placer, selon nous, M'au-
tomne de 707, très-peu de temps après la bataille de Zèla. A la suite de ce désastre, Phamace avait pris la fuite; mais il fut attaqué et vaincu par Asandre, déjà révolté contre lui, dans une nouvelle rencontre où il trouva la mort; Asandre épousa alors Dynamis, fille de Pbamace, et je crois que c'est de ce moment qu'il commença à compter les années de son règne; car il était maître du Bo^ phore, à la fois par droit de conquête et par son mariage avec la petite-fille du grand Mithridate.
La méd^lle de Dynamis, avec l'année 281 du Pont (737-738 A. U. C.)* fournit un point fixe pour la fin du règne d' Asandre ; car, ainsi que nous l'avons déjà dit, cette princesse ne put régner seule que très-peu de temps. Si l'on compte les années d' Asandre à partir de l'automne de 707, il dut régner trente ou trente et un ans; si l'on ne compte <qu'à partir de 709, Tannée 29, la dernière connue par les médailles, serait aussi la dernière du règne. M. de Sallet, tout en inclinant vers le second système, est d'avis que la question n'est pas encore complètement résolue; dans tous les cas, grâce à ses savantes recherches, l'erreur possible ne dépasse pas deux ans.
Scribonius succéda à Asandre et épousa sa veuve Dynamis; il se disait descendant du grand Mithridate, et prétendait avoir reçu d'Auguste le royaume du Bosphore; mais bientôt son imposture fut découverte, et il fut mis à mort par ses nouveaux sujets. Agrippa, qui était alora eu Asie, envoya Polémon, roi du Pont, pour recueillir la succession d' Asandre, et le fit reconnaître comme roi par les habitants dti Bosphore, malgré leur résistance. Polémon épousa alors à son tour la reine Dynamis, tant il importait de légitimer sou titre aux yeux des populations en s'alliant au sang de Mithridate. Ces événements eurent lieu en l'an 710 de Rome (Dion., LIV,2A).
Polémon était fils du rhéteur Zenon de Laodicée, qui rendit à la cause romaine un service signalé en empêchant sa ville natale d'embrasser le parti de Labiénus et des Parthes (Strab.,XII« 8, 16; XIV, 2, 2i). Antoine, reconnaissant des services que lui avait rendus Zenon, et sans doute aussi Polémon, accorda à ce dernier l'investiture du royaume du Pont. Strabon dit que Polémon reçut un royaume en récompense de sa bravoure, d'Antoine d'abord, et plus tard d'Auguste; mais il ne dit pas quel était ce royaume. 11 est clair cependant que ce royaume était le Pont, auquel furent plus tard ajoutés la petite Arménie et le Bosphore, parce que les services militaires dont parle Strabon se rapportent évidemment à la guerre contre les Mèdes et les Parthes oii Polémon combattait dans l'armée d'Antoine, et surtout parce que Polémon eut un fils appelé Zenon ; or l'usage presque universel dans les familles grecques était de donner à un de» fils le nom de son grand-père. On peut donc regarder comme certain, quoique aucun auteur ne le dise expressément, que Polémon, fils du rhéteur Zenon, est bien le même personnage que Polémon 1, roi du Pont
L'avènement de Polémon I doit se placer entre les années 715 et 718 de Rome. En effet, en l'an 715, après la conclusion de la paix avec Sextus Pompée, et au moment oii il commençait ses préparatifs de guerre contre les Parthes* Antoine établit en Asie un certain nombre de rois de son choix, qui devaient lui payer un tribut déterminé, entre autres Darius, fils du roi Phamace , à qui il donna le Pont (Appian., BelL nt?., V, 75). Darius n'est mentionné que par Appien, et Ton ne sait comment son règne se termina ; toujours est-il qu'en 718 Polémon était déjà roi du Pont, et prit part, comme allié des Romains, à la campagne d'Antoine contre les Parthes et les Mèdes ; le trium-
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vir récompensa les services que Polémon lui rendit pendant cette guerre, en ajoutant à ses états la Petite Arménie (Dion., XLIX, 25, 33, AA; Plut., Anton., AO).
Polémon n'assista pas à la bataille d*Actium (septembre 723), mais il avait envoyé un corps de troupes à Antoine (Plut. , Anton. , 67) ; en conséquence, il dut être compris dans la mesure générale que le vainqueur ordonna à Fégard des princes asiatiques qui devaient leur élévation à Antoine, et dont Amyntas et Archélaûs Turent seuls exceptés (Dion., LI, 2). Toutefois il ne tarda pas à se fadre pardonner, et, en 728, il reçut le titre d'ami et d'allié du peuple romain (Dion., LUI, 25) : enfin, en 7A0, il devint roi du Bosphore. On ne connaît pas l'année de sa mort ; Strabon se borne à dire qu'il mourut chez les barbares de la Sindique. II avait épousé, sans doute après la mort de Dynamis, Pytbodoris, fille de Pythodorus de Tralles, dont il eut trois enfants, et qui lui succéda (Strab., XII, 3, 29; XIV, 1, A2).
La seule monnaie certaine frappée par Polémon, comme roi du Pont, est une drachme trës^rare à la légende BAH- AEQl nOAEMiîNOZ EïiEBOTI, dont il existe un exemplaire au Cabinet de France. Quant aux autres monnaies qui lui ont été assignées par différents auteurs, M. de Sallet établit que les unes sont d'une attribution douteuse, et que l'existence des autres est fort problématique. La ressemblance de la drachme de Polémon I avec celles de Pytbodoris et de Polémon II montre qu'elle a été frappée pour le Pont.
On ne connaît point de monnaies frappées au nom de Polémon pour le Bosphore ; mais il existe une série de statëres, certainement frappés dans cette province, et qui lui ont été attribués par quelques numismatistes. Ces pièces portent d'un côté la tête nue d'Auguste, de Tautre une tête nue imberbe, avec un monogramme composé des
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lettres M, Â, et peut-être ï, et une date de l'ère du Pont; la plus Ancienne connue est de l'an 289(7A6-7A7 A. U. C), et la plus récente de l'année 30A (761-762 A. U. C); il existe de cette même année un statëre avec un portrait différent, et un autre monogramme, composé des lettres KNE, qui continue jusqu'en 306, et en 307, commence une nouvelle série avec un monogramme différent. (Kœhne, Mus. K^tchoubey, II, p. 199, sqq.) Mommsen attribue les statères de 289 à 30i à Polémon I, et en explique le monogramme par les mots ArvafJiK lftepa8xcou ou Arva^ii;, MiOpa-
oaTT.ç, supposant, ou bien que Dynamis avait voulu rappeler sa descendance de Mitfaridate, ou bien que Polémon avait pris dans le Bosphore le nom de Mithridate. M. de Sallet adopte l'explication du savant auteur de ï Histoire de la monnaie romaine^ mais j'avoue qu'il m'est impossible de le suivre dans cette voie et d'admettre une interprétation si contraire à toutes les règles de la numismatique. Le système de Kcehnerae paraît infiniment préférable, et je crois avec lui que le monogramme est celui d'un prince indigène, qui fonda une nouvelle dynastie après la mort de Polémon, et s'empressa de reconnaître Auguste pour suzerain et de lui demander Tinvestiture. L^année 289 du Pont (746-47 A. U. C.) serait ainsi la première du règne de ce prince, et Polémon aurait été tué en 746 de Rome, et non en 761, comme le veulent MM. de Sallet et Mommsen. Nous verrons plus loin que le témoignage de Strabon, loin d'être contraire à notre hypothèse, la confirme d'une façoa remarquable.
La reine Pythodoris succéda à spn époux, et régnait du temps de Strabon, qui nous a laissé des détails précis à ce sujet. Les monnaies de Pythodoris, qui ne régna que dans le Pont et non dans le Bosphore, sont fort rares. On en connaît deux variétés : l'une, avec la tête d'Auguste et au.
revers le capricorne ; Tautre, avec la tète de Tibère et au revers une balance ; toutes les deux portent la même légende : BA2IAI22A nreoAOPii etotî s.
Je possède un bel exemplaire de la première variété, qui de la collection Fontana a passé dans la mienne ; la seconde variété existe au Cabinet de France. Le Capricorne étant le signe du zodiaque, sous lequel Auguste est né, on a supposé que la Balance était le signe correspondant pour Tibère ; c*ést assez probable, mais dans le silence des auteurs on ne peut rien affirmer à cet égard.
Les deux monnaies de Pythodoris ont été frappées l'année de la mort d'Auguste et de l'avènement de Tibère, c'est-à-dire en l'an 767 de Rome, d'où il résulte que l'ère dont on s'est servi commençait en 707 ou 708. La bataille de Zéla eut lieu en août 707, et c'est sans doute à partir de la nouvelle constitution du Pont, qiû en fut la conséquence, que Ton comptait les années de cette ère ; je ne connais pas d* autre exemple certain de son emploi, à
moins que la pièce suivante de ma collection n'en soit un :
AMIIOr. Tète de Pallas à droite.
1^. ETOTi H. Chouette.— JE. 4.
L'ère employée sur les monnaies impériales d'Amisus commence en 721, et rien n'empêche qu'il en soit de même sur ma médaille ; mais il se pourrait aussi qu'elle ait été frappée à la même occasion que les monnaies deTythodoris. Cette princesse régnait encore en 771-72, époque à laquelle écrivait Strabon, qui fait un grand éloge de sa sagesse et de sa bonne administration ; on ne sût pas quand elle mourut.
Les dradunes de Polémon II soni moins rares que celles de ses prédécesseurs ; elles portent d'un côté sa tète et là légende BACIA€coC nOAGMcoNOC ; de l'autre, la tête
de l'empereur régnant avec une date. La plus ancienne, frappée à Teffigie de Galigula, est datée de Fan S ; la dernière porte la date 23 et la tète de Néron ; on a retrouvé la plupart des pièces intermédiaires, notamment ceUes de Fan 17 avec la tète de Claude, et celle de Tan 18 avec la tète de Néron, ce qui permet de fixer le commencement de la série à Tannée 791 de Rome. Il est certain que ces années sont celles du règne de Polémon, et qu'il monta sur le trône en 791 ; Dion Gassius (LIX, 12) le dit formellement. M. de Sallet, d'accord en cela avec tous les numismatistes qui l'ont précédé, regarde Polémon II comme le fils aîné de Polémon I et de Pythodoris. Mais il y a une difficulté fort grave qui parait avoir échappé à Tattention de tous ces savants, c'est que sur la médûlle de l'an 3, au revers de Caligula, la tète de Polémon est celle d'un enfant âgé de quinze ans au plus; l'exemplaire du Cabinet de France est d'une conservation remarquable, et l'on ne peut s'y tromper; sur les drachmes des années postérieures, la tète est celle d'un homme jeune. Or, si Polémon II n'avait que quinze ans en l'an 793, il ne peut être le fils de Polémon I, qui, de l'aveu de tout le monde,, était mort en 762, et qui, selon nous, l'était déjà en 746.
Voici en quels termes Strabon (XII, 3, 29) s'exprime au sujet de Pythodoris et de sa [famille ; on se rappellera que cette princesse régnait à l'époque où le géographe d'Amasia écrivait son ouvrage : a Pythodoris eut de son mariage avec Polémon deux fils et une fille ; cette dernière épousa Cotys le Sapéen, après l'assassinat duquel elle resta veuve avec plusieurs enfants, dont l'ainé règne actuellement; quant aux deux fils, l'un partageait (auv8iep)cst) avec sa mère les soins de l'administration sans prendre le titre royal (îota>- -")(;), l'autre est devenu tout récemment roi de la Grande- Arménie. » M. de Sallet fait remarquer qu'où doit lire 9uv-
ototxû au lieu de <Tuvdujixet ; mais il n'y a rien à changer dans le texte de Strabon ; à l'époque où il écrivait, le fils atné de Pythodoris n'avait plus part à l'administration du royaume, soit qu il fût mort, soit qu'il eût voulu prendre le titre de roi, et que sa mère l'eût exilé. La seconde hypothèse me paraît la plus probable ; car s'il était mort, il semble que Strabon n'eût pas manqué de le dire, tandis que s'il était exilé ou en disgrâce, l'auteur pouvait avoir des motifs pour éviter le sujet. Quoi qu'il en soit« le fils aîné de Pythodoris, qui était un homme fait en 772, lorsque Strabon écrivait, et qui, par conséquent, était né peu de temps après le mariage de sa mère qui eut lieu après 7A0, ce fils atné ne peut être Polémon II, qui sur les monnaies de l'an 793 a encore les traits d'un enfant Le fils cadet de Pythodoris, qui devint roi d'Arménie en 771, se nommait Zenon. (Tacit., Ann., II, 56.)
Le père de Polémon 11 s'appelait aussi Polémon, et il dut occuper le trône après la mort de Pythodoris, pendant une portion de l'intervalle qui s'étend de 772 à 791. En effet, Dion Cassius (LIX, 12) nous apprend qu'en 791 « Caligula octroya, sur un vote du sénat, à Polémon fils de Polémon le royaume de son père. » Ainsi le père de Polémon II avait régné et portait le même nom que son fils. Du reste, il ne résulte pas du passage de Dion, comme le pense M. de Sallet, que Caligula réunit de nouveau en cette circonstance le Bosphore au royaume du Pont ; l'historien dit seulement: raxp^tx àfr^ij, et la réunion peut avoir eu lieu soit vers la fin du règne de Pythodoris, soit sous celui de son fils. Ce qui est certain, c'est qu'en 791 Claude enleva le Bosphore à Polémon pour le donner à Mithridate, et lui donna en place un district de la Cilicie (Dion., LX, 8). L'échange semble assez désavantageux pour Polémon; mais l'absence complète de monnaies des Zénonides frap-
pées daos le Bosphore montre que ces princes ne purent s'y établir solidement, et il est probable que depuis la mort de Polémon I ils n'en occupèrent jamais qu'une portion fort restreinte. Les populations voulaient un prince du sang de Mithridate; aussi le choix de Claude fut-il facilement accepté. Polémon II reçut de Néron, en 813, une portion de TArménie (Tacit.,^*)-* XIV, 26); mais. en 816, par suite de causes que l'on ignore, il céda à l'empereur tout son royaume, qui fut réduit en province romaine (Suet., Nero, 18. — Eckhel, D. JV. F., II, p. 356). Il mourut peu de temps après ; car en 822, lors de la révolte de son ancien amiral Anicétus, il n'est plus question de lui (Tacit. , HisL, III, A7, A8). Il avait épousé d'abord Tryphaena, dont il existe des médailles, et ensuite Bérénice, fille d'Agrippa, roi des Juifs, qui lui survécut.
Nous réunissons dans le tableau suivant les principales dates de 1 histoire du Pont et du Bosphore, telles qu'elles résultent de la discussion qu'on vient de lire :
A. U. C. 707. Révolte d'Asandre contre Pharnace. Bataille de Zéla, le 2 août. Fuite de Pharnace, qui est vaincu de nouveau et tué dans un combat contre Asandre. Asandre épouse Dyn^mis; commencement des années de son règne. César nomme Mithridate de Pergame roi du Bosphore , et part pour l'Italie où il arrive dans le courant de septembre.
— 708. Victoire navale d'Asandre etmortde Mithridate.
— 710. Asandre prend le titre de roi peu de temps
après la mort de César.
— 715. Darius, fils de Pharnace, nommé roi du Pont
par Marc-Antoine.
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A. u.c. 718. Polémonl devient roi du Pont cette année, ou un peu auparavant.
— 721. Il reçoit de Marc-Antoine la Petite Arménie.
— 728. Il est nommé ami et allié du peuple ro-
main.
— 7S7-S8. Révolte de Scribonius contre Asandre, et
mort de ce dernier après un règne de trente et un ans. Dynamis lui succède et épouse Scribonius.
— 7A0. Scribonius mis à mort par ses sujets. Polé-
mon I, envoyé par Agrippa pour lui succéder, épouse Dynamis et devient roi du Bosphore.
— 7&6-747. Mort de Polémon I, tué dans la Sindique.
Commencement d*une nouvelle dynastie indigène dans le Bosphore, qui est reconnue par Auguste, et dont le premier prince règne jusqu'en 761-762. Pythodoris, femme de Polémon I, lui succède et règne sur le Pont jusqu'en 772 au moins ; elle ne parait avoir régné sur aucune partie du Bosphore.
— 771 . Zenon , fils cadet de Pythodoris, devient roi de
la Grande Arménie.
— 772-791. Lacune dans l'histoire du Pont, qui doit
être remplie par la fm du règne de Pytbo • dons et par celui de son fils aine Polémon.
— 791. Polémon II ou 111, petit-fils de Polémon I, re-
çoit de Caligula le royaume de son père, c'est-à-dire le Pont et probablement une petite portion du Bosphore.
— 71)3. Troisième année du règne de Polémon II ; sur
la monnaie frappée celte année» son por-
trait est celui d'un enrant de quinze ans.
A.D.G, 794. Claude enlève à Polémon II la portion du Bosphore qu'il possédait, et lui donne en échange une principauté en Cilicie, probablement celle d'Olba.
— 813. Néron lui donne une portion de l'Arménie.
— 816. Réduction du Pont en province romaine.
A propos des monnaies de Polémon I, M. de Sallet discute la question fort controversée de l'identité du roi du Pont avec Polémon, dynaste d'Olba en Cilicie, et il arrive à la conclusion que l'identité est possible, mais point certaine. Nous allons reprendre le sujet, en suivant les traces de M. de Sallet et en apportant quelques documents nouveaux qu'il n'a pas connus. Commençons par établir la liste complète des monnaies de Polémon frappées à Olba.