VERS SUR ANE T
V allon délicieux, asile du repos, Bocages toujours verts , où l'onde la plus pure
Roule paisiblement ses flots ,
Et vient mêler son doux murmure
Aux tendres concerts des oiseaux, Que mon cœur est ému de vos beautés champêtres 2 J'aime à me rappeler, sous ces rians berceaux,
Qu'en tout temps Anet eut pour maîtres
Ou des belles ou des héros.
Henri bâtit ces murs * , monumens de tendresse! Il y grava partout le nom de vSa maîtresse : Chaque pierre offre encor des croissans, des carquois , Et nous dit que DlANEici donna des lois. Vendôme 2 , couronné des mains de- la victoire$
Sous ces antiques peupliers
A long-temps reposé sa gloire;
1 On sait que Henri II bâtit Anet pour Diane de Poitiers : leurs chiffres sont partout dans le château.
2 Le grand Vendôme a possédé et embelli Anet. Ce fut d Anet qu'il partit poux aller mettre Philippe V sur le trône d'Espagne»
VERS StîR A N Ê T. Ï97
Et lorsque de Philippe il guidait les guerriers , Qu'il faisait fuir l'Anglais et soumettait l'Ibère , Accablé sous le poids des grandeurs, des lauriers, Vendôme , seul soutien d'une cour étrangère , A regretté d'Anet le vallon solitaire.
Du MAINE vint après 1; Du Maine , nom fameux , Qui rappelle les arts , l'esprit , la politesse : Sur les gazons d'Anet , théâtre de leurs jeux , Des immortelles soeurs la troupe enchanteresse
Suivit et chanta sa princesse.
Enfin de ces beaux lieux PENTHIÈVRE est possesseur.
Avec lui la bonté , la douce bienfaisance , Dans le palais d'Anet habitent en silence r Les vains plaisirs ont fui , mais non pas le bonheur. Bourbon n'invite point les folâtres bergères
A s'assembler sous les ormeaux \ Il ne se mêle point à leurs danses légères;
Mais il leur donne des troupeaux.
Que ton orgueil , Anet , sur ces titres se fonde : D'avoir changé de maître, eh quoi ! te plaindrais-tu ? Toi seul tu possédas tous les biens de ce monde ,
Amour, gloire, esprit, et vertu.
1 Madame la duchesse du Maine , si célèbre par son esprit et par son goût pour les lettres , tenait «a cour à Sceaux et à Anet,